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De l’inquiétude à l’enthousiasme, les réactions au projet de gazoduc abondent

Une carte qui présente un large corridor où pourrait passer un gazoduc de 750 kilomètres de longueur.
Le tracé final n'est pas encore déterminé dans ce corridor de 750 kilomètres de long par 60 kilomètres de largeur. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le milieu des affaires et certains élus se réjouissent de la construction d'un gazoduc de 750 kilomètres entre l'Ontario et Saguenay annoncé jeudi par GNL Québec. Le discours diffère toutefois du côté des Autochtones et des groupes environnementaux qui clament haut et fort leurs craintes face à ce projet.

Un texte de Roxanne Simard

La Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord et la mairesse Josée Néron saluent les importantes retombées économiques qu'entraînerait ce projet.

La construction d'une conduite souterraine de l'Ontario jusqu'à la future usine de liquéfaction située au Port de Saguenay vise à exporter le gaz naturel de l'Ouest canadien vers Europe. En effet, le nouveau gazoduc viendrait relier une conduite déjà existante en Ontario. Le gaz serait ensuite liquéfié à Grande-Anse puis acheminé par navire à partir du port de Saguenay.

Les deux projets de GNL Québec, soit la construction de l'usine de liquéfaction et le gazoduc, représentent des investissements de plus de 14 milliards de dollars.

Selon la présidente de la Chambre de commerce, Sandra Rossignol, il s'agit d'un projet créateur d'emplois qui va permettre de retenir les jeunes en région.

Dans les années 1990, on priait pour qu’il y ait des grands projets [...] maintenant, on en a des grands projets. Il faut accueillir les investisseurs les bras ouverts. On va analyser le tout et, si ça ne fait pas de sens, on est capable de le dire, explique Sandra Rossignol.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, voit ce projet d'un bon oeil et croit que GNL Québec semble tenir compte du milieu.

On sent que les promoteurs ont vraiment étudié la façon dont tracer du gazoduc pour respecter le plus possible l’environnement, les milieux humides et d’être loin des communautés. C’est évident que c’est un projet qui est à ses tout débuts et qui doit passer le BAPE, précise la mairesse.

Le premier ministre du Québec, François Legault, parle de projets importants qui créeront des emplois payants.

Il y a des discussions à avoir avec les représentants de certaines nations. Il y a des discussions à avoir pour faire toute l'évaluation environnementale des impacts.

François Legault, premier ministre du Québec

Entente avec les Autochtones?

Le conseil de bande de Mashteuiatsh demande à rencontrer les promoteurs du gazoduc devant relier le nord de l'Ontario à l'usine de liquéfaction de Saguenay. Puisqu'une partie de la conduite souterraine passe sur leur territoire, le Nitassinan, des ententes devront être conclues avant que le projet aille de l'avant.

Étant donné qu'on va développer une partie de notre territoire, on veut agir comme partenaire. Il faut mesurer ce qu'on en tire, quels gains on a à s'associer à un tel projet, fait remarquer Charles-Édouard Verreault, vice-chef conseiller désigné au territoire.

Plusieurs aspects les interpellent, dont l'environnement et la pratique d'activités ancestrales.

Impact sur le fjord du Saguenay

Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, croit qu'il faut d'abord s'assurer que ce ne sera pas des gaz de schiste qui seront acheminés à Saguenay.

Les Autochtones, les groupes environnementaux et le député de Jonquière s'entendent aussi pour dire que les impacts environnementaux doivent être évalués dans leur ensemble.

Ils dénoncent le fait que GNL Québec ait scindé en deux les évaluations du gazoduc et de l'usine de liquéfaction du gaz naturel.

On pense aux bélugas dans le fleuve qui vont avoir à subir 160 navires de plus et c'est une espèce menacées.

Sydney Ribaux, directeur d'Équiterre

Équiterre, Nature Québec et la Coalition fjord condamnent unanimement les deux projets, qui auront des impacts importants sur les milieux humides, la navigation sur la rivière Saguenay et sur les gaz à effet de serre.

On va offrir pendant 40-50 ans de l'énergie fossile non renouvelable qui émet des GES qui va empêcher la lutte aux changements climatiques, ajoute de son côté Christian Simard, de Nature Québec.

Entrevue avec Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada.

Redevances pour les municipalités

La mairesse de Lac-Bouchette se dit ouverte à voir passer le gazoduc sur le territoire de sa municipalité.

Ghyslaine Hudon, rappelle qu'un gazoduc d'Énergir passe déjà à Lac-Bouchette et qu'elle en retire des redevances.

Pas loin de 150 000 $ par année, c'est quand même important pour une petite municipalité comme la nôtre.

Ghyslaine Hudon, mairesse de Lac-Bouchette

Si le projet se concrétise, la construction pourrait commencer en 2022 pour une mise en service en 2024.

Avec les informations de Gilles Munger et Louis Martineau

Saguenay–Lac-St-Jean

Énergie