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Le travail d'artisans d'un partenariat historique entre l'UQAT et des communautés inuites souligné

Quatre personnes tiennent des coffrets contenant une médaille honorifique devant une bannière de l'UQAT.
Les médaillés Gérald McKenzie, Gisèle Maheux, Aipilie Kenuajuak, Jani Mangiuk en compagnie de Manon Champagne, vice-rectrice à l'enseignement, à la recherche et à la création de l'UQAT. Photo: UQAT/Paul Brindamour
Radio-Canada

Le dévouement de cinq artisans d'un partenariat en éducation entre l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et les communautés inuites d'Ivujivik et de Puvirnituq ont été soulignés vendredi soir, au campus de Val-d'Or de l'UQAT, lors d'une cérémonie de remise de médailles d'honneur.

Un texte de Thomas Deshaies

Un comité de cogestion avait été mis sur pied en 1984 pour favoriser un partage des connaissances entre professeurs de l'UQAT et enseignants inuits. L'objectif initial était de fournir une formation reconnue par le système d'éducation du Québec aux enseignants inuits, tel que l'explique l'un des récipiendaires et directeur d'école à la retraite, Gérald Mckenzie.

C'était pour les conduire à avoir une attestation, mais ce qui a été particulier avec l'UQAT, c'est que tout de suite, ça a été vu comme un projet de partenariat d'égal à égal, explique-t-il.

Un programme de certificat a donc été conçu sur mesure, en respect des particularités culturelles des communautés. Ce n'était pas une université qui s'en venait au Nord pour dire bon, voici comment on va vous former, souligne M. Mckenzie.

L'UQAT a dit "faisons un partenariat d'égal à égal dans une cogestion du projet où on définit les besoins puis où on définit le programme ensemble". Ça a été l'aspect le plus marquant dans toute l'histoire de ce projet.

Gérald Mckenzie

28 enseignants inuits ont été diplômé et l'Unité de recherche, de formation et de développement en éducation en milieu inuit et amérindien (URFDEMIA) a aussi été créée pour soutenir des projets en éducation.

Une approche à « contre-courant »

Alors que les logiques coloniales étaient fortement présentes dans les institutions québécoises en 1980, y compris dans les hautes sphères de savoir, l'UQAT s'inscrivait à « contre-courant », selon la récipiendaire et professeure de l'UQAT, Gisèle Maheux. Dans les années 1980, c'était un rapport colonial au sens où il n'était pas question de partir du principe d'égalité des cultures, se rappelle-t-elle.

Nous paraissions étranges, mais maintenant, c'est la politique de toutes les universités, cette approche de travailler en collaboration. Puis le défi est grand parce qu'on sort du colonialisme, qui avait établi que les populations indigènes étaient inférieures.

Gisèle Maheux

Vers une plus grande autonomie

Gisèle Maheux et Gérald Mckenzie estiment que ce projet s'inscrit plus largement dans une démarche visant à favoriser une plus grande autonomie politique des communautés inuites. Je crois sincèrement que l'école sera tout à fait performante quand elle aura su bien intégrer dans ses contenus puis ses communications la langue et la culture inuite, souligne Mme Maheux.

La prise en charge ne peut qu'être bénéfique pour la réussite scolaire, ajoute Mme Maheux. Nous [allochtones], on se reconnaît dans l'école. Ce qui n'est pas le cas chez les jeunes inuits tout à fait. C'est une condition pour améliorer la situation [de la réussite scolaire], précise-t-elle.

Quand ils vont contrôler l'école, les programmes, ça va prendre du temps, mais quand ça va arriver, ça va bien marcher.

Gérald Mckenzie

M. Mckenzie souhaite que le partenariat se poursuive autant qu'il le faudra. Il affirme qu'une appropriation du système d'éducation est un processus long, mais nécessaire. Ils veulent avoir une école qui enseigne la langue, la façon de vivre, la culture, mais en même temps, ils veulent que leurs enfants deviennent des médecins, des infirmières, des administrateurs. C'est une double fonction qui n'est pas facile [à concrétiser], souligne-t-il.

Liste des récipiendaires

  • Tiili Alasuak
  • Aipilie Kenuajuak
  • Jani Mangiuk
  • Gérald Mckenzie
  • Gisèle Maheux

Abitibi–Témiscamingue

Éducation