•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Budget d'immobilisation de l'Î.-P.-É. : des millions pour les routes, rien pour l'école Évangéline

Le ministre des Finances de l'Î.-P.-É., Heath MacDonald, livre un discours budgétire en chambre.

Le ministre des Finances de l'Î.-P.-É., Heath MacDonald, présente son budget des immobilisations.

Photo : CBC

Radio-Canada

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard prévoit investir des sommes record de près de 157 millions de dollars dans l'infrastructure, à l'aube d'une année électorale. Le projet de renouvellement de l'école Évangéline, priorisé par la communauté acadienne et francophone, est toutefois absent du budget annuel d'immobilisation, déposé vendredi.

Un texte de François Pierre Dufault

Les libéraux de Wade MacLauchlan prévoient investir 25 millions de dollars dans l'infrastructure scolaire au cours du prochain exercice financier.

Une partie de cette somme devrait servir à la construction d'une première école secondaire de langue anglaise à Stratford, en banlieue de Charlottetown. Une autre partie de l'enveloppe doit permettre de remplacer l'école de langue anglaise Sherwood, dans la capitale, un chantier de quatre ans déjà annoncé dans le budget précédent.

Dans son budget d'immobilisation, le gouvernement insulaire confirme également l'ajout de classes de niveau secondaire à l'École-sur-Mer, à Summerside. Un projet d'agrandissement de 5,3 millions de dollars avait déjà été annoncé l'an dernier. La province y ajoute à présent un gymnase et un terrain de soccer, ce qui porte le total du projet à 8,9 millions de dollars.

L'École-sur-Mer a ouvert une 12e année à la rentrée 2018. Elle accueille aussi plus de 185 élèves.

L'École-sur-Mer a ouvert une 12e année à la rentrée 2018. Elle accueille aussi plus de 185 élèves.

Photo : Julien Lecacheur

Le gouvernement prévoit aussi dépenser 2 millions de dollars pour acheter de nouveaux autobus scolaires.

Ces investissements record dans des projets d'immobilisation nous permettent de faire progresser notre plan pour moderniser l'infrastructure dont les Insulaires ont besoin pour avoir du succès d'un bout à l'autre de notre grande province, a déclaré le ministre des Finances, Heath MacDonald, dans son énoncé budgétaire.

Un projet « prioritaire » laissé de côté

Le budget d'immobilisation, déposé vendredi à l'Assemblée législative, ne prévoit toutefois aucun investissement pour la rénovation ou le remplacement de l'école Évangéline, un projet pourtant identifié comme une priorité par la Commission scolaire de langue française (CSLF) de l'Île-du-Prince-Édouard.

Le gouvernement annonce tout de même une somme de 500 000 $ pour faire une évalution de l'infrastructure scolaire, afin d'identifier les écoles qui auront besoin d'être rénovées ou remplacées au cours des prochaines années.

Le président de la CSLF, Émile Gallant, se dit très déçu que la rénovation ou le remplacement de l'école Évangéline ne fasse pas partie des priorités du gouvernement pour la prochaine année. Ce projet-là aurait être sur la table cette année, mais il n'y est pas, déplore-t-il.

Le ministre de l'Éducation, Jordan Brown, croit qu'il aurait été prématuré de donner le feu vert à un projet de renouvellement de l'école Évangéline, étant donné que la CSLF n'a pas encore déterminé si l'école bâtie dans les années 1960 peut être rénovée ou si elle doit être remplacée.

Je ne crois pas que la CSLF a rempli son mandat en vertu de la Loi sur l'éducation, c'est-à-dire de présenter [au ministère] ses priorités en matière d'infrastructure de la manière dont elle obligée de le faire.

Jordan Brown, ministre de l'Éducation, du Développement préscolaire et de la Culture de l'Île-du-Prince-Édouard

Émile Gallant affirme, au contraire, que la CSLF a présenté au ministère un plan quinquennal de ses priorités en matière d'infrastructure, comme elle était tenue de le faire.

Le président de l'admnistration scolaire de langue française se demande aussi pourquoi le gouvernement annonce l'agrandissement de l'École-sur-Mer comme s'il s'agissait d'un nouveau projet. À ses yeux, il s'agit seulement de l'achèvement d'un projet déjà entamé pour lequel la province n'aurait pas prévu assez d'argent dans son budget précédent.

Le député progressiste-conservateur Brad Trivers se dit déçu lui aussi. Ce n'est pas beaucoup d'argent neuf pour les écoles de langue française, laisse-t-il tomber.

Le ministre Jordan Brown calcule que depuis 15 ans, le gouvernement insulaire a dépensé près de 20 % de ses budgets d'immobilisation dans les écoles de langue française. Il estime que la province doit faire fi des machinations politiques de la CSLF afin de bien veiller aux intérêts des élèves.

La part du lion aux routes

Depuis deux ans, les dépenses dans l'infrastructure à l'Île-du-Prince-Édouard ont augmenté de plus de 60 millions de dollars.

Encore cette année, c'est le ministère des Transports qui obtient la part du lion du budget d'immobilisation. Le gouvernement libéral prévoit investir un total de 56 millions de dollars dans l'amélioration de quelque 145 kilomètres de routes, dont un tronçon de la route 2 à Hunter River, et l'échangeur des routes 1 et 1A près de Borden-Carleton.

De plus, le gouvernement signale son intention d'installer six bornes de recharge pour des véhicules électriques, pour un total de 730 000 $.

Une autoroute à Charlottetown.

Le gouvernement de l'Î.-P.-É. dépensera 56 millions de dollars sur les routes au cours de la prochaine année.

Photo : CBC

En santé, les libéraux annoncent 100 millions de dollars sur cinq ans afin de bâtir une série d'installations modernes à la grandeur de la province qui vont répondre aux besoins des Insulaires qui sont confrontés à des problèmes de santé mentale et de dépendances. L'an dernier, ils s'étaient engagés à remplacer le vieil hôpital psychiatrique Hillsborough, à Charlottetown, dont certaines sections sont âgées de plus de 90 ans.

Finalement, le gouvernement s'engage à investir 17 millions de dollars sur deux ans dans la construction de logements abordables, un dossier identifié comme une priorité par le premier ministre Wade MacLauchlan.

Des élections provinciales à l'Île-du-Prince-Édouard sont prévues d'ici la fin de 2019.

Le député progressiste-conservateur Brad Trivers croit justement qu'il s'agit d'un budget d'immobilisation à saveur électorale. C'est évident. C'est à se demander si le ministre des Finances n'est pas un magicien, ironise l'élu de la région de Rustico. Et si vous jetez un coup d'oeil aux promesses, vous allez voir que la plupart d'entre elles ne se réaliseront qu'après les prochaines élections.

C'est un très gros budget. Toutefois, une somme de 17 millions de dollars pour le logement, alors qu'il y a une crise, ce n'est pas assez. Ça ne va pas permettre de bâtir beaucoup d'unités, a laissé entendre la députée du Parti vert, Hannah Bell, s'estimant autrement satisfaite des investissements dans l'infrastructure scolaire et en santé mentale.

Je n'ai pas trouvé ce que je cherchais dans ce budget, a réagi à son tour Joe Byrne, le chef du Nouveau Parti démocratique de l'Île-du-Prince-Édouard. C'est un budget qui suit la ligne de parti du gouvernement libéral. Mais ce ne sont pas des investissements pour l'avenir de la province.

Île-du-Prince-Édouard

Politique provinciale