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Dégringolade de Bombardier à la Bourse de Toronto

Les explications de Maxime Bertrand.
Radio-Canada

Le titre de Bombardier a perdu environ 20 % de sa valeur vendredi, à la Bourse de Toronto. Pendant ce temps, les autorités boursières enquêtent sur des transactions internes.

L'action de la multinationale québécoise valait 1,67 $ à la fin des échanges, soit un plongeon de 42 cents ou 20,10 % par rapport à son cours à la clôture de la veille.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a confirmé jeudi qu'elle enquêtait sur des transactions internes sur des titres de Bombardier détenus par de hauts dirigeants de la multinationale.

L'enquête de l'AMF vise les opérations entourant la mise en place, en août dernier, d'un Régime d'aliénation de titres automatique (RATA) par Bombardier ainsi que les différentes annonces faites depuis.

Entre-temps, l'Autorité a demandé à Bombardier de suspendre jusqu'à nouvel ordre toute vente de titres en application du RATA et d'en aviser les courtiers exécutants.

Bombardier n'a pas encore réagi à l'annonce de l'AMF.

Gérald Fillion, animateur de RDI Économie, a expliqué que l'AMF tente d'établir si les dirigeants savaient déjà, en date du 15 août – date d'entrée en vigueur d'un nouveau dispositif de vente des actions qu'ils détiennent –, que les transactions majeures survenues par la suite allaient avoir lieu. Dans un tel cas, il y aurait eu délit d'initié, puisque les responsables de l'entreprise auraient, en possédant des informations inconnues du grand public, vendu des actions en prévision d'une forte chute de leur cours.

La compagnie soutient que les informations détenues par ses patrons étaient aussi connues du grand public.

« Il faut certainement s'attendre à des mouvements boursiers » au cours des prochains mois, a estimé M. Fillion.

Rencontre Bellemare-Fitzgibbon

Le ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a par ailleurs rencontré en tête à tête le président et chef de la direction, Alain Bellemare, vendredi matin.

La rencontre, qui a duré un peu plus d'une heure, a permis aux deux parties d'aborder les sujets des emplois chez Bombardier, des emplois dans l'aérospatiale ainsi que ceux des grands projets de recherche en aérospatiale, et de l'avenir du secteur.

Quelques heures après la rencontre, M. Fitzgibbon a réitéré être « très confiant » que les employés qui seront touchés par des mises à pied chez Bombardier pourront se trouver un autre travail dans les entreprises qui font partie de la grappe industrielle de l'aéronautique.

« M. Bellemare a lui-même confirmé qu’il a commencé à parler à d’autres joueurs dans l’industrie pour s’assurer que les employés puissent se relocaliser », a-t-il souligné.

C’est important de prévenir les coups. […] Avec M. Bellemare, on a passé beaucoup de temps à parler, à comprendre quels sont les enjeux qui touchent le CRJ par exemple.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie

Le ministre a assuré que Bombardier « travaille ardemment [...] pour avoir des contrats » dans ses usines québécoises. « On a travaillé très fort avec eux sur le projet Azur […], donc on a assuré un carnet de commandes pour les prochains mois, les prochaines années. La même chose va se produire au niveau du CRJ. C’est à Bombardier d’en parler », a-t-il laissé tomber.

« J’ai aussi carrément offert à M. Bellemare que si jamais le gouvernement pouvait jouer un rôle pour faciliter, que ce soit des coentreprises, comme avec Airbus [dans le cas de la C Series, NDLR], on est ouverts pour investir », a aussi dit M. Fitzgibbon.

Le ministère « est prêt à contribuer à solidifier les emplois, solidifier l’entreprise », a encore dit le ministre. « On n’a pas parlé de formats encore, on n’est pas encore rendu là. M. Bellemare doit continuer son plan de redressement, son plan de croissance. »

Je veux que le gouvernement soit vu par Bombardier comme étant un allié, quelqu’un qui peut aider, parce que nous avons des moyens pour pouvoir aider.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie

Pas de demande d'aide... pour l'instant

Le patron de Bombardier a indiqué ne pas avoir réclamé de coup de pouce au gouvernement du Québec lors de sa rencontre avec le ministre.

Le programme de jets régionaux pourrait nécessiter un « soutien additionnel », a toutefois reconnu Alain Bellemare.

En entrevue avec La Presse canadienne, M. Bellemare a assuré que son « objectif, c'est de sauver le programme en allant chercher des commandes et en réduisant les coûts d'opération ».

Bombardier pourrait demander à Québec de mettre la main à la poche pour l'aider, mais l'entreprise « n'est pas du tout là » pour l'instant, a assuré le PDG.

Jeudi, le premier ministre Legault a avancé que Bombardier devrait s'associer à un grand partenaire international pour développer le CRJ.

Depuis l'annonce, le 8 novembre, de la suppression de 5000 postes chez Bombardier, dont 2500 au Québec et 500 en Ontario, le PDG de Bombardier se refuse à tout commentaire.

L'information de l'abolition de ces emplois se trouvait au bas d'un communiqué publié dans le cadre de la divulgation des résultats financiers de l'entreprise.

La multinationale s'est à de multiples reprises retrouvée dans l'actualité au cours des dernières années en raison du salaire élevé de ses hauts dirigeants, notamment parce qu'elle a reçu de l'aide financière de la part d'Ottawa et de Québec.

En 2016, Alain Bellemare a notamment reçu près de 13 millions de dollars, soit 48 % de plus que l'année précédente.

Avec les informations de La Presse canadienne

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