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CNN remporte une première manche contre Trump

Les détails avec Raphaël Bouvier-Auclair.
Radio-Canada

La Maison-Blanche doit rétablir jusqu'à nouvel ordre l'accréditation de Jim Acosta, journaliste du réseau de télévision CNN, a tranché vendredi un tribunal fédéral de Washington, infligeant du coup une défaite à l'administration Trump, qui jugeait avoir le pouvoir de la révoquer.

Le juge Timothy Kelly s'est ainsi rendu à l'un des arguments que CNN fait valoir dans sa poursuite, à savoir que cette décision viole le droit à une procédure juste et équitable, garanti par le cinquième amendement de la Constitution.

Il ne s'est toutefois pas prononcé sur l'autre argument de la chaîne d'information en continu, selon lequel la décision de la Maison-Blanche viole aussi le premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté de presse.

« Je veux insister sur le fait que je n'ai pas tranché la question d'une violation du premier amendement », a-t-il dit.

Le magistrat a cependant rejeté un argument de la Maison-Blanche selon lequel CNN pouvait remplacer son correspondant par un autre journaliste. Cela ne change rien au « préjudice irréparable » subi par M. Acosta, a-t-il conclu.

Le juge Kelly, lui-même nommé par le président Trump, a donc accepté d'accorder l'injonction temporaire que réclamait la chaîne d'information, mais sans trancher la question sur le fond. L'affaire sera débattue ultérieurement.

Nous sommes extrêmement heureux de cette décision. C'est un grand jour pour le premier amendement et pour le journalisme.

Theodore Boutrous, l'avocat de CNN

« Retournons au travail », a sobrement commenté Jim Acosta, après avoir remercié le juge et les autres médias qui ont accordé leur appui à CNN dans cette affaire.

De retour à la Maison-Blanche un peu plus tard, le correspondant de CNN est demeuré circonspect lorsqu'il a été accueilli par une cinquantaine de collègues cherchant à recueillir ses commentaires.

« Ce n'est qu'une autre journée à la Maison-Blanche pour moi, et j'aimerais retourner au travail », a-t-il dit, après avoir livré un bref plaidoyer en faveur de la liberté de presse.

Les journalistes doivent « bien se comporter », commente Trump

Commentant le jugement en début d'après-midi, le président Trump a dit être en faveur de la liberté de la presse, mais en soutenant que les journalistes doivent savoir « bien se comporter » et « agir avec respect ».

Si les journalistes ne respectent pas les règles, « nous allons être de retour en cour et nous allons gagner », a-t-il avancé.

Quand on lui a demandé quelles étaient les règles auxquelles il faisait référence, M. Trump a répondu : « Le décorum. Vous ne pouvez pas avoir trois ou quatre questions. Et rester debout plutôt que vous asseoir. »

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, avait préalablement confirmé que l'accréditation de M. Acosta serait « temporairement rétablie ».

Elle a toutefois ajouté que l'administration reverra « les règles et les processus pour s'assurer que les conférences de presse se déroulent de manière équitable et ordonnée ».

Mme Sanders a par ailleurs affirmé que le juge Kelly a « clairement » établi que les questions d'accès à la Maison-Blanche ne sont pas couvertes par le premier amendement de la Constitution, ce qui est inexact.

Une employée de la Maison-Blanche tente de retirer les micros des mains de Jim Acosta.Une employée de la Maison-Blanche tente de reprendre le micro des mains de Jim Acosta, après que le président Trump eut répondu à une de ses questions. Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Une question de micro

L'accréditation de M. Acosta a été suspendue la semaine dernière après une altercation verbale l'opposant au président Donald Trump, lors d’une conférence de presse donnée par ce dernier au lendemain des élections de mi-mandat.

La Maison-Blanche avait justifié sa décision en faisant valoir qu'elle n'était pas liée aux questions de M. Acosta, qui contestait la façon dont le président Trump présentait le mouvement des migrants venus d'Amérique centrale qui se dirigent vers la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Mme Sanders s'en prenait plutôt au comportement jugé déplacé du journaliste envers une jeune stagiaire chargée de récupérer de ses mains le micro lors de la conférence de presse. M. Acosta avait refusé de le lâcher pour pouvoir poser d'autres questions, et la porte-parole de l'administration Trump a soutenu qu'il avait touché à la stagiaire.

Mme Sanders avait d'ailleurs publié une vidéo braquant les projecteurs sur cet aspect, mais des experts ont jugé que les images avaient été accélérées pour que le geste semble plus violent qu'il ne l'était en réalité.

Le juge Kelly estime cependant que la déclaration de Mme Sanders était « vraisemblablement fausse et au moins partiellement appuyée sur des preuves d'une exactitude douteuse ».

Dans un document présenté par la suite à la cour, le secrétariat à la Justice a fait valoir que « le président et la Maison-Blanche ont toute discrétion pour gérer l'accès des journalistes à la Maison-Blanche ».

Avec les informations de Washington Post, et Reuters

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