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Elle va exposer la peau tatouée de son mari décédé

Un homme tourne la tête par dessus son épaule pour sourire à l'objectif. Son cou et son dos sont recouverts de tatouages. Derrière lui se trouvent des buissons et un arbre.
Chris Wenzel était tatoueur à Saskatoon. Il voulait que ses tatouages soient exposés après sa mort. Photo: Cheryl Wenzel
Radio-Canada

Cheryl Wenzel paiera près de 80 000 $ pour pouvoir prélever et exposer la peau tatouée de son mari mort le mois dernier. Le salon funéraire qui a accepté sa demande dit ne pas avoir connaissance qu'une procédure similaire ait eu lieu auparavant dans la province.

L’artiste tatoueur Chris Wenzel est mort d’une défaillance cardiaque en octobre. Sa femme, Cheryl Wenzel, a essuyé les refus de cinq salons funéraires avant de s’adresser à l'entreprise Mourning Glory, qui a prélevé la peau de son mari.

Dan un salon de tatouage une femme tient une photo encadrée d'elle et de son mari plus jeunes, faisant des grimaces à l'objectif. Sur le mur derrière elle, de nombreux dessins de tatouages sont exposés dans des cadres.Cheryl et Chris Wenzel ont fondé un salon de tatouage à Saskatoon. Ils s'étaient rencontrés quand ils étaient adolescents. Photo : Radio-Canada / Guy Quenneville

Chris Wenzel était copropriétaire avec sa femme du salon Electric Undergound Tatoo, à Saskatoon. L’artiste voulait que ses tatouages, qui recouvraient son corps du cou aux cuisses, soient conservés et exposés pour le monde entier.

Mon mari disait : "Pourquoi avoir passé toutes ces heures à me faire tatouer, si personne ne voit le résultat? Pourquoi être enterré avec mes tatouages?"

Cheryl Wenzel

Mme Wenzel estime que son mari avait quelques « très belles pièces » tatouées sur le corps. Il y avait notamment des crânes sur les mains, un guerrier japonais sur le dos et deux faucons combattant un serpent sur le torse. D'ailleurs, « Hawk » (« Faucon » en anglais) était le nom spirituel de son compagnon.

Le buste et les bras d'un homme torse nu, recouverts de tatouages. On y distingue deux faucons et un serpent stylisés.Chris Wenzel était recouvert de tatouages du cou jusqu'aux cuisses. Photo : Cheryl Wenzel

Un défi technique

Cheryl Wenzel a aussi dû trouver une entreprise pour préserver la peau et la préparer à être exposée. L’embaumeur Kyle Sherwood a accepté de faire le voyage depuis Cleveland, en Ohio, pour aider le salon funéraire Mourning Glory à réaliser la procédure. Le travail a eu lieu la nuit de l’Halloween, précise Mme Wenzel.

Durant le prélèvement de la peau, la directrice du salon funéraire est sortie de la salle d’embaumement pour expliquer à Mme Wenzel que le corps du défunt était en mauvais état. L’équipe n’était pas certaine de pouvoir retirer les tatouages du dos. La veuve est cependant restée ferme et a demandé que la tâche soit poursuivie.

J’entendais toujours [la voix de mon mari] qui disait : "Tous [les tatouages]. Je les veux tous."

Cheryl Wenzel

C’était le plus grand prélèvement de peau que l’embaumeur Kyle Sherwood ait fait depuis la création de son entreprise, Save My Ink Forever, en 2016. Le travail a été d'une grande qualité, car Mme Wenzel a pu faire une veillée pour son mari avec le cercueil ouvert. « Les experts se sont tellement bien occupés de lui, que mes enfants ont dit :"Hey, papa!" », se rappelle-t-elle.

Un cadre comportant plusieurs photos de famille est sur contre un mur où se trouvent d'autres photos encadrées. On y voit un couple souriant posant avec cinq garçons.Chris et Cheryl Wenzel se sont rencontrés pendant leur adolescence. Ils sont restés ensemble pendant 23 ans et ont eu cinq enfants. Photo : Radio-Canada / Guy Quenneville

L’oeuvre d’une vie fait seconde peau

Cheryl Wenzel dit qu’elle dévoilera les tatouages de son mari à la prochaine Saskatoon Tatoo Expo, en avril. Elle les exposera ensuite dans son salon de tatouage dont Chris Wenzel était l’artiste principal.

La peau de M. Wenzel, qui ressemble à du parchemin, sera encadrée et mise sous un verre la protégeant des rayons ultra-violets. Le processus de conditionnement dure trois mois et demi. L’embaumeur Kyle Sherwood ne dévoile pas les détails de son travail.

Vous ne savez pas ce qui se trouve dans la sauce dans un Big Mac ou dans le coca-cola. De la même manière, on garde nos secrets.

Kyle Sherwood, embaumeur

La durée de vie du produit final reste elle aussi inconnue. M.Sherwood affirme que son premier échantillon, qui a environ six ans, est « aussi beau qu’au premier jour ».

Mme Wenzel pense que le coût total du processus atteindra près de 80 000 $. « J’aimais mon mari, confie-t-elle, Il a toujours eu ce qu’il voulait, peu importe ce que c’était. »

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