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Menacée d'un vote de censure, May nomme un nouveau ministre du Brexit

Theresa May parle au micro.

La première ministre britannique, Theresa May, pourrait faire face à une motion de défiance au cours des prochaines heures.

Photo : Getty Images / WPA Pool

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La première ministre britannique Theresa May a remplacé vendredi son ministre démissionnaire du Brexit et a annoncé qu'elle allait prendre en main en personne les dernières négociations avec Bruxelles, un signal envoyé aux élus eurosceptiques conservateurs qui brandissent la menace d'une motion de censure contre elle.

Mme May a nommé Stephen Barclay, un partisan de la sortie de l'Union européenne (UE), au poste de secrétaire au Brexit en remplacement de Dominic Raab. Ce dernier avait démissionné avec fracas la veille, emboîtant le pas à la secrétaire d’État au Brexit, Suella Braverman, au secrétaire d’État pour l'Irlande du Nord, Shailesh Vara, ainsi qu'à la ministre du Travail, Esther McVey.

Pour qu'un vote de censure ait lieu, il faudrait que 15 % au minimum des parlementaires tories, soit 48 dans la configuration actuelle, en fassent la demande écrite au président du « comité 1922 », qui représente les députés conservateurs n'exerçant aucune fonction gouvernementale. Theresa May serait renversée si une majorité simple d'élus conservateurs votaient la défiance (soit 158 sur 315) et elle devrait par la même occasion abandonner le poste de premier ministre.

Plusieurs médias britanniques assuraient vendredi que les partisans du Brexit disposaient, ou étaient sur le point de disposer, des 48 voix nécessaires pour organiser ce vote. Selon le journal The Telegraph, le scrutin pourrait être organisé mardi.

« Je pense qu'on n'en est pas loin » , a déclaré Steve Baker, l'un des chefs de file de ces frondeurs, à la BBC.

Tôt vendredi, la première ministre britannique a tenté de limiter les dégâts et d’endiguer l’exode de ses ministres, déterminée à défendre son accord jusqu’au bout.

Un homme brandit un drapeau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un manifestant opposé au Brexit proteste devant le parlement britannique, à Londres.

Photo : Reuters / Hannah Mckay

Une opération de charme

Mme May a lancé une opération de charme destinée aux Britanniques en matinée afin de les convaincre des bienfaits du projet d'accord, notamment en répondant aux questions des auditeurs de la radio LBC.

Pendant une demi-heure, elle a adopté un ton presque enjoué, assurant à l'un d'eux, qui l'appelait à démissionner, que le texte permettrait au Royaume-Uni de redevenir maître de son avenir.

Ses propos n'ont cependant pas convaincu le petit parti unioniste nord-irlandais DUP, dont les 10 députés lui sont indispensables pour conserver une majorité absolue aux Communes, et qui entend s'opposer au projet d'accord.

Le statut de l'Irlande du Nord après le Brexit constitue le principal objet de dissension dans l’accord que Theresa May compte faire adopter.

La sortie du Royaume-Uni de l’espace économique européen forcerait en théorie le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, qui est membre à part entière de l’UE.

Afin d’éviter cette situation qui serait catastrophique pour l’économie des deux Irlandes, l’accord défendu par Theresa May prévoit que l’Irlande du Nord restera soumise aux règles de l’UE, notamment sur les produits alimentaires et les normes sur les marchandises.

Ensuite, pour empêcher le durcissement de la frontière irlandaise et éviter une division entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, l’accord propose que le pays en entier reste dans l’Union douanière de l'Union européenne, le temps de trouver une solution permanente.

« J'ai moi-même des inquiétudes [à propos de l’Irlande du Nord], a admis vendredi la première ministre May sur les ondes de la radio LBC. Mais dans toute négociation, il faut faire des compromis. »

Cette position provoque la colère des partisans d’une rupture complète du Royaume-Uni avec l’Union européenne. Ils accusent Theresa May d’avoir trahi les promesses qu’elle avait faites aux Britanniques.

En plus de croiser le fer avec l’opposition et les opposants au Brexit, la première ministre May devra surveiller ses arrières alors que les rumeurs de mutinerie se multiplient depuis une semaine dans les rangs de son propre parti.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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