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  • Envoyé spécial
  • L'APEC, une occasion économique et politique pour Trudeau

    Le premier ministre Justin Trudeau serre la main d'un citoyen dans une foire alimentaire à Singapour.
    Le premier ministre Justin Trudeau parle avec des citoyens alors qu’il visite une foire alimentaire à Singapour, le 16 novembre 2018. Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
    Radio-Canada

    Justin Trudeau compte profiter du Sommet de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC) en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour tisser des liens commerciaux plus importants avec ses partenaires dans le Pacifique, notamment les 10 autres signataires du Partenariat transpacifique (PTP). Le premier ministre aura aussi l'occasion de « jouer un rôle important », selon un expert, alors que les États-Unis se désengagent de ce type de rencontre.

    Un texte de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire et animateur du balado Mêlée politique

    L’année dernière, Justin Trudeau avait provoqué une commotion au Sommet de l’APEC du Vietnam, lorsqu’il avait volontairement manqué une rencontre des 11 dirigeants signataires du PTP. L’occasion était parfaite. Le Japon et l’Australie, notamment, laissaient entendre qu’ils se réunissaient tous pour annoncer une entente de principe à la suite du retrait des Américains de l’accord.

    Le Canada n’était pas prêt et demandait certaines modifications à l'entente. Son absence avait été mal perçue par certains de ses partenaires, entre autres le Japon.

    Des journaux australiens et néo-zélandais l’avaient aussi critiqué.

    Ottawa a néanmoins obtenu des concessions, dont l’exception culturelle et des modifications aux règles entourant l'industrie automobile. Les 11 partenaires ont également accepté d’ajouter les mots « global » et « progressiste » au nom de l’accord.

    « Cette hésitation a peut-être laissé certaines traces, explique le professeur de stratégie et de management international de l’Université Laval, Zhan Su. Mais, globalement, le gouvernement canadien s’est bien rattrapé. La preuve, on fait partie des premiers pays qui ont ratifié cet accord. »

    Le Parlement canadien a d’ailleurs été la cinquième législature à l’approuver officiellement, il y a quelques semaines. Certains aspects du PTP entreront en vigueur à la fin de l’année, puisque six pays l’ont ratifié.

    Justin Trudeau pourra commencer un nouveau chapitre avec ses homologues japonais Shinzo Abe et australien Scott Morrison. Il rencontrera les deux dirigeants dimanche, lors de la dernière journée de son voyage en Asie.

    Un homme asiatique portant des lunettes, un veston et une cravate, regarde la caméra sans sourire.Zhan Su, professeur de stratégie et de management international à l’Université Laval Photo : Radio-Canada

    Un duel entre les États-Unis et la Chine

    Deux visions économiques s'affronteront au cours du Sommet de l'APEC : la mondialisation et le protectionnisme. Ces visions sont portées entre autres par les deux plus grandes économies du monde, la Chine et les États-Unis.

    Le président chinois Xi Jipping s’est rendu en Papouasie-Nouvelle-Guinée afin notamment de montrer l’importance qu’accorde son pays à la zone pacifique. Il profitera de l’APEC pour continuer de s’imposer comme le principal acteur économique de cette région.

    De son côté, le président des États-Unis, Donald Trump, a préféré ne pas participer au Sommet de cette année. C’est le vice-président Mike Pence qui viendra à la fois défendre la position américaine et tenter de freiner l’expansionnisme chinois.

    M. Pence a déjà indiqué qu’il comptait mettre en garde les pays de l’APEC contre l’initiative chinoise de la nouvelle route de la soie – un projet titanesque qui consiste à construire des centaines de routes, de ponts et de chemins de fer pour relier la Chine à l'Europe.

    Les Américains considèrent ce titanesque projet comme un piège dans lequel des pays d’un peu partout dans le monde seraient déjà tombés. La France a aussi mis l’Europe en garde contre les visées hégémoniques de la Chine.

    En se désintéressant des forums multilatéraux, la voix américaine porte moins, explique le professeur Zhan Su.

    On voit que l’administration américaine n’aime pas trop les mécanismes multilatéraux qui ne permettent pas de valoriser les Américains d’abord.

    Zhan Su, professeur, Université Laval

    Il note que ce désengagement présente une occasion pour le Canada de jouer un rôle « important et constructif ».

    Politique internationale

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