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Les coupes budgétaires de Doug Ford font rugir la francophonie de l’Ouest

Jean Johnson, le président de la Fédération des communautés  francophones et acadienne.

Jean Johnson, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne, se dit inquiet pour les francophones en milieu minoritaire.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les francophones de l'Ouest s'étonnent et s'insurgent contre la décision du premier ministre ontarien, Doug Ford, d'abandonner le projet d'Université de l'Ontario français et de dissoudre le Commissariat aux services en français.

Pour les communautés francophones dans l’ouest du pays, l’annonce sonne comme un nouveau coup de massue.

« C’est une attaque directe à la viabilité et la pérennité de nos communautés », affirme Jean Johnson, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).

Pour lui, une telle décision prise en Ontario n’est pas sans effet en dehors des limites de la province.

« On a vu les attaques au Nouveau-Brunswick. Là, on voit l’attaque en Ontario. Ce sont les deux provinces où l'on a le plus grand nombre de francophones, déclare-t-il. Ne pensons pas qu’ailleurs au pays nous ne sommes pas sous une même menace. »

Pour la ministre fédérale du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, « la situation en Ontario est complètement inacceptable ».

« Nous allons faire en sorte d’interpeller M. Ford sur toutes les tribunes, mais c’est aussi à M. Scheer et [à] tous [les] conservateurs de répondre de ce qui se passe en Ontario », lance-t-elle.

Selon Jean Johnson, l’argument économique avancé par Doug Ford ne tient pas. « Il y aurait une réduction financière, mais c’est un gouvernement qui n’a pas encore compris l’importance de la langue française en Ontario comme carburant économique », avance-t-il.

Les provinces de l’Ouest s’inquiètent

Pour le président de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Marc Arnal, il faut s'inquiéter cette situation en Ontario. Il espère qu'un scénario pareil ne se produira pas en Alberta, advenant l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement conservateur après les élections provinciales du printemps.

« Je pense qu'il faut absolument être inquiet de ça. Je pense par contre qu'il y a plusieurs des candidates du Parti conservateur uni qui maîtrisent le français. Le chef maîtrise le français. Est-ce que ça fera en sorte qu'ils seront plus compréhensifs? J'espère », dit Marc Arnal.

Jean Johnson, appelle les francophones à réagir à l'annonce du gouvernement Ford avant que ces compressions surviennent aussi ailleurs.

« Les communautés francophones en Alberta, tout comme en Saskatchewan, au Manitoba, dans les territoires ou en Colombie-Britannique doivent réagir, écrire et être présentes sur les réseaux sociaux pour le dénoncer, parce que la tendance de droite c'est de couper sans conscience », dit le président de la FCFA.

« Les politiciens ont une réflexion à faire. Quelle sorte de Canada on veut? Quelles valeurs on veut? On lance un appel à tous nos élus un peu partout au pays de soutenir nos communautés. », lance Daniel Boucher, le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine.

Sur son compte Twitter, Alpha Barry, le président du Conseil scolaire fransaskois, déplore une décision qui, selon lui, fait table rase de l’histoire.

Tweet de Alpha Barry.

Alpha Barry, le président du Conseil scolaire fransaskois déplore sur Twitter la décision du gouvernement Ontarien d'abandonner le projet de l'Université de l'Ontario français.

Photo : Twitter / Alpha Barry

De son côté, la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique a également apporté son soutien, sur Twitter, aux autres communautés francophones en situation minoritaires. Elle ajoute qu'elle désapprouve les décisions budgétaires du gouvernement de Doug Ford.

Les jeunes, premiers touchés

Ariane Freynet-Gagné, la présidente du Conseil Jeunesse Provincial manitobain, veut apporter son soutien aux étudiants francophones de l’Ontario.

« C’est désolant. Je sais que la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne avait travaillé très fort pour l’obtention de cette université française en Ontario. Ils doivent repartir à zéro », déplore-t-elle.

« Au Manitoba on est chanceux d’avoir l’Université de Saint-Boniface qui nous apporte tellement. On est choyé et je souhaite à l’Ontario d’avoir la même chose », ajoute-t-elle.

Ariane Freynet-Gagné souligne également le fait que de nombreux étudiants francophones doivent encore partir étudier en dehors de leur province pour suivre des cursus en français.

« Ça nous montre que nos acquis sont fragiles », rappelle-t-elle.

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