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La communauté franco-ontarienne prête à riposter au gouvernement Ford

Un jeune homme en entrevue devant des drapeaux franco-ontariens.

François Hastir, directeur général au Regroupement étudiant franco-ontarien

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des organismes et des membres de la communauté francophone d'Ottawa ont l'intention de contester la décision du gouvernement provincial de l'Ontario d'abolir le Commissariat aux services en français et d'annuler la création de l'Université de l'Ontario français.

Il faut qu'on regarde nos recours, parce que c'est certain que ça ne va pas rester lettre morte auprès de la jeunesse franco-ontarienne, a affirmé François Hastir, directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien.

Il a souligné à quel point les membres de son organisme sont sous le choc de l'annonce, faite jeudi dans le cadre de l'énoncé économique de l'Ontario.

L'avocat spécialisé en droits linguistiques Ronald Caza, qui avait mené avec succès la bataille judiciaire pour sauver l'Hôpital Montfort d'Ottawa, en 1997, estime que les droits des francophones ont été bafoués par le gouvernement de Doug Ford.

La Cour suprême est claire : sauver de l’argent n’est pas un motif valide ou valable pour justifier de mettre fin à des institutions.

Me Ronald Caza, avocat spécialisé en droits linguistiques

Dans le dossier Montfort, la décision était : un gouvernement ne peut pas prendre de décisions dont l’impact est d’envoyer un message à la communauté franco-ontarienne, ou à toute minorité linguistique, que ça ne vaut pas la peine de faire des efforts pour préserver sa langue et sa culture, a-t-il jugé. Et c’est le message qu’il a envoyé à tous les Franco-Ontariens aujourd’hui.

Un homme en entrevue devant un tableau « S.O.S. Monfort ».

Me Ronald Caza croit que les Franco-Ontariens doivent défdendre leurs droits face à la décision du gouvernement Ford d'abolir l'Université de l'Ontario français et le Commissariat aux services en français.

Photo : Radio-Canada

Me Caza croit que des démarches doivent être rapidement entreprises pour ne pas perdre les deux institutions. La présidente du conseil d'administration de l'Université de l'Ontario français, Dyane Adam, lui a d'ailleurs déjà demandé un avis juridique.

La députée provinciale libérale d'Orléans et ancienne ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde, a de son côté reproché aux progressistes-conservateurs d'avoir « brisé une promesse ».

Il faut retourner aux barricades, plaide un jeune militant

D'autres militants francophones prônent quant à eux d'entamer des actions politiques. Il faut vraiment retourner aux barricades, a plaidé Pablo Mhanna-Sandoval, ancien président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne.

J'encourage tous les Franco-Ontariens qui donnent de l'importance à leur communauté à écrire à leurs députés provinciaux, spécifiquement s'ils sont conservateurs, pour qu'ils comprennent que cette trahison ne sera pas acceptée et qu'ils entendent notre réaction, a-t-il dit.

La présidente de l'ACFO d'Ottawa s'est quant à elle dite inquiète que les droits des francophones ne soient pas aussi bien défendus par l'ombudsman de l'Ontario que par le commissaire aux services en français.

Je comprends qu’on veut une bonne santé financière, qu’on doit faire des choix difficiles, mais ça ne doit pas se faire en opprimant une communauté, a déploré Soukaina Boutiyeb.

Une attaque « inacceptable », dit une députée fédérale

La députée libérale fédérale d'Ottawa-Vanier a qualifié l'annonce du gouvernement provincial d'attaque « inacceptable » contre la francophonie.

Le rôle du commissaire a pour but de veiller aux droits des citoyens et que les obligations du gouvernement soient respectées en matière de services en français. C’est un affront contre et un non-respect aux 640 342 francos en Ontario, a écrit Mona Fortier sur sa page Facebook.

Mme Fortier a également interpellé les membres conservateurs du Comité permanent des langues officielles du Canada — dont elle fait partie — et le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, pour qu'ils défendent les intérêts des francophones face à M. Ford.

Avec les informations de Gilles Taillon

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale