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En situation d'itinérance vers l'excellence universitaire

Jayne Malenfant sourit
Jayne Malenfant a vécu à Saskatoon avec sa mère. Photo: Jayne Malenfant
Radio-Canada

À l'adolescence, Jayne Malenfant vivait dans un milieu précaire. Rien ne la prédisposait à atteindre les études supérieures, encore moins d'y exceller. Aujourd'hui, elle poursuit son doctorat en éducation à l'Université McGill, à Montréal, et vient de décrocher deux bourses prestigieuses.

Un texte de Charles Lalande

Lauréate d'une bourse de la Fondation Pierre Elliott Trudeau ainsi que de la Bourse d'études supérieures du Canada Vanier, la femme de 29 ans entend les utiliser à bon escient pour faire bouger les choses.

« J’aimerais vraiment donner des outils aux enseignants et essayer de changer les politiques pour mieux aider les jeunes », affirme-t-elle.

Sa recherche doctorale portait sur l’accès à l’éducation des jeunes vivant dans la pauvreté et la précarité sur le plan du logement. Pour elle, il est très important que ceux qui vivent cette situation ne s’éloignent pas des bancs d’école. Elle souhaite lancer la discussion avec les jeunes itinérants.

« On doit changer les systèmes pour les aider davantage et leur donner du soutien qui n’existe pas », plaide celle qui a déjà vécu à Saskatoon.

Jayne Malenfant estime également qu'il est difficile de dénombrer ces jeunes, car ils ne vivent pas directement dans la rue. Selon elle, la solution passe notamment par les enseignants, qui devraient être mieux outillés pour repérer les élèves qui n'ont pas toujours un toit pour se loger.

« On doit trouver des façons pour les trouver et leur poser les bonnes questions. Parfois, on pense que c’est seulement un jeune qui ne veut pas aller à l’école ou qui s’est chicané avec ses parents, mais parfois, ce n’est pas du tout cela. », ajoute-t-elle.

Je sentais que mes enseignants ne savaient pas quoi faire avec moi. Je n’étais pas en crise, j’étais seulement dans un milieu de vie précaire.

Jayne Malenfant

Les montagnes russes

La femme originaire de Kapuskasing, une ville du nord de l’Ontario, a passé à travers différents changements avant de se rendre où elle est maintenant.

Préadolescente, elle s'est installée à Saskatoon avec sa mère, mais finalement, cette dernière a quitté la ville. Sa mère et elle avaient jugé convenable que l’adolescente reste en Saskatchewan.

À cette époque, elle avait de la difficulté à conjuguer sa vie d’étudiante avec ses nouvelles responsabilités, comme celle d’avoir un emploi.

Sans vivre dans la rue, elle a vécu l’itinérance, n'ayant pas d’adresse fixe, donc pas de stabilité. « J’ai vécu dans des logements précaires », dit-elle.

Des amis l’invitaient à utiliser leur divan de temps en temps. Sinon, elle partageait un appartement ou une maison avec plusieurs personnes. « Souvent, je ne savais pas si j’étais la bienvenue, si j’avais le droit d’habiter à cet endroit ou si c’était seulement pour une nuit », confie-t-elle.

Elle dit ne pas avoir eu le réflexe de tendre la main pour aller chercher de l’aide. Quand elle a fini par le faire, « l’aide n’était pas toujours là ».

Un retour en Ontario

Contrairement à plusieurs autres personnes qui étaient dans sa situation, Jayne Malenfant avait encore une famille qui pouvait l’aider à surmonter les moments difficiles.

C’est sa décision de rentrer auprès de sa mère qui a remis sa vie sur les rails. Installée en banlieue de Toronto, elle a pu retrouver une certaine stabilité et s’inscrire en anthropologie à l’Université York.

À ce moment, l’étudiante a réalisé des travaux universitaires en lien avec son passé d’itinérante. Sa maîtrise portait sur les punks ruraux.

Ensuite, elle a quitté la métropole torontoise pour la métropole montréalaise, où elle a entamé ses études doctorales à l’Université McGill avant de décrocher les fameuses bourses.

Ultimement, elle désire remettre un document au gouvernement avec des solutions bien précises qui aideront les jeunes.

Avec les informations de Doris Labrie

Saskatchewan

Éducation