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  • Archives
  • 40 ans après l’horreur du massacre de Jonestown

    Plan rapproché de Jim Jones, gourou de la secte du Temple du peuple.
    Des centaines de fidèles de la secte du Temple du peuple se suicident le 18 novembre 1978. Photo: Radio-Canada / Reportage du Téléjournal du 20 novembre 1978
    Radio-Canada

    Le 18 novembre 1978, plus de 900 adeptes de la secte du Temple du peuple de l'américain Jim Jones se donnent la mort dans leur campement surnommé Jonestown. C'est un suicide collectif d'une ampleur inégalée qui succède à l'assassinat d'une délégation venue enquêter sur la secte. Nos archives témoignent de la morbidité de la tragédie.

    Il y a 40 ans, 913 adeptes du Temple du peuple, dont 276 enfants, meurent à la suite de l'absorption de poison dans un suicide collectif. L'acte fatal est orchestré par leur chef spirituel Jim Jones.

    Mais au Téléjournal du 20 novembre 1978, l’ampleur de la tragédie n’a pas encore été complètement dévoilée. L’animateur Bernard Derome évoque déjà quelque 400 morts.

    Téléjournal, 20 novembre 1978

    Il tente de faire la lumière sur l’horreur de la situation avec le journaliste Normand Lester. Ce dernier brosse également un portrait de la figure de proue de la secte, l’Américain Jim Jones.

    La secte du Temple du peuple est sa troisième, et dernière, tentative de créer un nouveau culte. Avec une personnalité magnétique, le révérend attire à lui des milliers de fidèles.

    Au cours des années 1970, l'Église du Temple du peuple connaît un véritable âge d'or. En plus d'accumuler les dollars, Jim Jones gagne une importante notoriété au sein de la classe politique et auprès de la presse.

    Mais des soupçons commencent à émerger dans la sphère publique sur les exactions du révérend. Il tient des discours remplis de discordances, et utilise le chantage et la violence physique et mentale pour maintenir l’ordre parmi ses fidèles.

    Cela n’empêche toutefois pas 1000 disciples de le suivre dans la jungle équatoriale de la Guyane, en Amérique du Sud. Il y fonde Jonestown en 1977, une colonie agricole en apparence égalitaire où les membres du culte vivent une vie frugale.

    Le sinistre spectacle du 18 novembre 1978 se déroule quelques jours à peine après l’assassinat d'un membre du Congrès américain, Leo Ryan, et de quatre membres d'une délégation.

    Le groupe s’était rendu dans la colonie pour enquêter sur les pratiques douteuses des templiers du peuple. Ils sont pris en embuscade à l'aéroport alors qu'ils tentaient de ramener une quinzaine de disciples réfractaires.

    L'étau se resserrant sur Jones, la grande majorité de ses fidèles ingurgitent du cyanure de potassium sous forme liquide.

    Il fut démontré par après que certains ont été fusillés, vraisemblablement en raison de leur hésitation à passer à l’acte.

    L’horreur était internationale. Pire que cela, l’horreur était muette, comme si les gens n’osaient pas entre eux aborder une tentative d’explication.

    Fernand Séguin, animateur

    Cet acte insensé ouvre la voie à une cascade de questions. On veut savoir pourquoi et comment 913 personnes auraient accepté la mort à la demande de leur gourou.

    L'animateur Fernand Séguin tente de répondre à deux de ces questions dans son analyse de la tragédie à l’émission Ce soir du 1er décembre 1978.

    Ce soir, 1er décembre 1978

    Le suicide collectif de Jonestown consterne le monde, mais laisse également dans le deuil des milliers de membres des familles des victimes.

    Parmi ceux-ci, il y a Wanda Johnson. À une période, elle-même ainsi que toute sa famille étaient impliquées dans le Temple du peuple.

    Mais Wanda ne se rend pas à Jonestown. Elle découvre avec le reste du monde que le massacre a coûté la vie à six membres de sa famille.

    De passage à Montréal, elle fait part de son traumatisme au journaliste Gérard-Marie Boivin à l’émission Ce soir du 19 décembre 1978.

    Je ne veux plus que personne ne me dise quoi que ce soit maintenant, je ne veux plus croire personne. Car il a détruit ma foi en tout. Si bien que j’ai le sentiment qu’il ne me reste plus rien.

    Ce soir, 19 décembre 1978

    Moins d'une centaine d'adeptes survivent au drame de Jonestown.

    Le massacre a été le suicide collectif le plus meurtrier de l’histoire. Cette tragédie au-delà des mots a secoué le monde. Mais les victimes ne furent malheureusement pas les dernières à succomber aux idéologies extrêmes d’un faux prophète.

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