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François Legault souhaite que Bombardier Transport prenne de l'expansion

Le PDG de Bombardier Alain Bellemare sort d'un avion Global 7000 lors d'une présentation en février 2017.

Le PDG de Bombardier Alain Bellemare sort d'un avion Global 7000 lors d'une présentation en février 2017.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Bombardier devrait se concentrer sur le développement de sa division transport et confier le développement de ses avions CRJ à un géant de l'aéronautique, comme il l'a fait avec Airbus pour ses appareils de la C Series, affirme François Legault.

Interrogé après sa rencontre avec le gouverneur du Massachusetts, Charlie Baker, à Boston, le premier ministre du Québec a longuement partagé sa vision de l'avenir de la société montréalaise.

M. Legault a par exemple révélé qu'il entend discuter avec le président-directeur général de l’entreprise, Alain Bellemare, « pour voir s’il ne pourrait pas y avoir des projets d'expansion, entre autres dans le domaine des transports ».

« Il faudrait éventuellement que ça se fasse aussi en collaboration avec les Américains », a-t-il ajouté, après avoir rappelé que les appels d’offres pour du matériel roulant aux États-Unis sont assortis d’exigences sur une quantité minimale de contenu américain.

Il y a une opportunité aux États-Unis pour qu’on développe avec les Américains la division transport de Bombardier pour des commandes éventuelles aux États-Unis.

François Legault, premier ministre du Québec

M. Legault, qui martèle sans cesse sa volonté de favoriser l’essor économique du Québec, a précisé que Bombardier devrait tenter de s’implanter dans la région de la Nouvelle-Angleterre (Maine, Vermont, New Hampshire, Massachusetts, Connecticut et Rhode Island).

« Faut essayer de profiter des avantages qu’ont ensemble la Nouvelle-Angleterre et le Québec pour penser à ouvrir de nouvelles usines, entre autres dans le domaine du transport en commun », a-t-il dit.

Le transport en commun, c’est sûrement l’avenir. Dans les prochaines années, il va y avoir beaucoup d’achats de trains, de wagons, de tramways, de métros. Donc, c’est une industrie qui est en pleine croissance.

François Legault, premier ministre du Québec

Un partenaire international pour le CRJ?

Le premier ministre n’a pas caché qu’il est beaucoup moins optimiste en ce qui concerne la division aéronautique de Bombardier, exception faite des appareils A220 [le nouveau nom de la C Series, NDLR] et des avions d’affaires (Learjet, Challenger et Global).

Selon lui, Bombardier devrait confier son programme d’avions commerciaux CRJ à un grand acteur de l’industrie.

« [Pour] les avions commerciaux, il y a beaucoup de compétition, et il y a de grands joueurs, Donc, c’est plus difficile », a enchaîné l’ex-homme d’affaires, qui a fondé Air Transat au milieu des années 80.

Bombardier a décidé de vendre le Q400… Je ne suis pas certain que le CRJ fait partie de leur plan pour l’avenir.

François Legault, premier ministre du Québec

M. Legault n’a pas explicitement exclu de consentir une aide financière à Bombardier s’il advenait que cela était nécessaire pour protéger les emplois des quelque 1000 employés qui travaillent à l’assemblage des avions CRJ, à Mirabel.

Il a toutefois affirmé que l’avionneur n’avait fait aucune demande en ce sens.

« Je pense que c’est un moindre mal que la C Series soit rendue chez Airbus, a-t-il encore ajouté. Mais c’est difficile d'envisager qu’on puisse développer ces créneaux-là nous-même contre des géants. »

Fitzgibbon rencontrera Bellemare vendredi

Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a annoncé qu'il rencontrera Alain Bellemare, vendredi, à Montréal.

Cette rencontre est attendue depuis que Bombardier a annoncé la suppression de 5000 emplois à travers le monde, dont 2500 au Québec et 500 en Ontario.

Le PDG le mieux payé du Québec était absent lors de la rencontre d’urgence organisée par M. Fitzgibbon avec d’importants acteurs du monde de l’aérospatiale dans la foulée de l'annonce.

Le ministre de l'Économie s'était montré optimiste au terme de cette rencontre; il avait même jugé « fort possible » que les travailleurs touchés pourraient tous se trouver un nouvel emploi rapidement.

M. Bellemare avait aussi décliné les demandes d’entrevue le jour de l’annonce des compressions chez Bombardier.

« Ce qui est important pour moi et pour le gouvernement, c’est d’être proactif. Il faut avoir une vigie – pas juste pour Bombardier – sur toutes les sociétés importantes du Québec, qui sont importantes pour notre développement économique pour qu’on puisse agir avant les événements », a fait valoir le ministre Fitzgibbon.

« Je ne peux pas commenter sur le plan de Bombardier, je ne le connais pas, a-t-il poursuivi. Mais je veux travailler avec la société – comme toutes les autres sociétés – à prévenir les coups et pouvoir être proactifs pour éviter [la répétition] de situations comme [celle] qu’on a connue la semaine passée. »

Bombardier et l'aide gouvernementale

  • Prise de participation du gouvernement du Québec dans la C Series – 1,3 milliard
  • Prêt du gouvernement fédéral – 372,5 millions
  • Investissement de la Caisse de dépôt dans la division transport – 2 milliards

Industrie aéronautique

Économie