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L'annus horribilis de la mairesse de Longueuil

Les détails avec Vincent Maisonneuve.
Radio-Canada

De son assermentation, après un recomptage judiciaire, le 16 novembre 2017, jusqu'au déversement d'eaux usées dans le fleuve, ces jours-ci, la première année de mandat de Sylvie Parent à la tête de la Ville de Longueuil a été difficile, de son propre aveu.

Un texte de Thomas Gerbet

« Dire que cette année a été facile serait mentir », admet la mairesse de Longueuil. En effet, ce ne fut pas de tout repos, confient des proches et des collaborateurs de Sylvie Parent. À l'intérieur de son cabinet, l'atmosphère a été électrique ces derniers mois et le ton est parfois monté entre les membres de l'équipe.

Sylvie Parent n'était pas vraiment préparée à son nouveau rôle. « La courbe d’apprentissage, particulièrement dans le contexte d’une administration minoritaire, fut abrupte », écrit la mairesse, sur sa page Facebook.

Élue par seulement 110 voix de majorité, après dépouillement judiciaire, Sylvie Parent, dont le parti compte six sièges au conseil municipal, fait face à un parti d'opposition qui en détient huit.

Dès les premiers jours de son mandat, elle ne parvient pas à former son comité exécutif et la guerre ouverte pour la distribution des postes de pouvoir paralyse le conseil. « Les gens de l'opposition ont très bien joué leur rôle », reconnaît un proche de la mairesse.

Sylvie Parent finit par composer un comité exécutif avec uniquement de membres de son parti, minoritaire, ce qui ne fait qu'exacerber les tensions au conseil municipal.

Des « enfantillages »

La salle du conseil de l'hôtel de ville de Longueuil.Salle du conseil, à l'Hôtel de Ville de Longueuil. Photo : Radio-Canada

En avril, la mairesse est mise en demeure par un conseiller d'opposition pour l'avoir associé à la collusion passée à Longueuil. Elle finit par reconnaître s'être basée sur une « intuition ».

En juin, Sylvie Parent suspend le travail des commissions locales, où siègent des élus des deux camps. L'opposition met en demeure le directeur général et obtient leur réactivation quatre mois plus tard.

« Avec l'opposition, on a essayé d'être plus batailleurs, puis de développer des alliances, raconte une source du côté de l'équipe au pouvoir. Dans les deux cas, ça n'a pas fonctionné. »

Ce sont des « enfantillages », regrette une personne qui a travaillé plusieurs mois auprès de la mairesse. Il s'agit de « chicanes contre-productives et de guerres de clochers. Ils ne se sont jamais remis de l'élection, d'un bord comme de l'autre », analyse un élu de la Rive-Sud, qui a préféré garder l'anonymat pour ne pas s'ingérer dans les affaires de la municipalité.

On ne se comporte pas en gouvernement majoritaire quand on ne l'est pas.

Un proche de Sylvie Parent, qui fait amende honorable

Cet automne, des représentants du ministère des Affaires municipales se sont rendus à Longueuil pour rencontrer les élus des deux camps et tenter d'apaiser les tensions. On ignore encore le bilan de leur visite.

Rupture difficile avec les années St-Hilaire

Pour comprendre les difficultés vécues par Sylvie Parent, il faut remonter à février 2017. L'ancienne mairesse Caroline St-Hilaire prend tout le monde par surprise et annonce qu'elle ne sollicitera pas de nouveau mandat. Les regards se tournent alors vers son bras droit, Sylvie Parent. Mais cette dernière n'est pas certaine de vouloir sa place et plusieurs membres du parti Action Longueuil doutent aussi qu'elle soit la bonne personne.

En avril 2017, le parti se déchire et huit conseillers claquent la porte après la victoire de justesse de Sylvie Parent contre Josée Latendresse pour le poste de chef du parti. Cette dernière crée alors son parti, Longueuil citoyen, qui remportera la majorité des sièges aux élections de novembre. Mais le poste de mairesse échappe de justesse à Latendresse.

Après l'élection, l'opposition nomme Josée Latendresse au poste de chef de cabinet du leader de l'opposition, Xavier Léger. Le parti au pouvoir la soupçonne de continuer de tirer les ficelles à la place de Xavier Léger. Dix mois plus tard, en août, Josée Latendresse se retire et devient « conseillère spéciale ».

En septembre, la mairesse opère des changements dans son cabinet. Elle se sépare de son attachée de presse Alexandra Belisle et de son conseiller stratégique Stéphane Bouchard.

Cette période correspond au début de l'apaisement des relations entre les deux équipes. « La situation s'améliore à l'Hôtel de Ville  », admet Xavier Léger.

Même si les prises de bec rythment encore les séances du conseil municipal, les élus des deux camps sont parvenus à collaborer sur plusieurs projets et à trouver des consensus, comme le récent règlement sur les chiens dangereux.

Malgré les embûches, la mairesse Sylvie Parent peut se réjouir d'avoir obtenu le déménagement de la brasserie Molson à Longueuil, d'avoir gelé les taxes des citoyens, d'avoir créé le Bureau d'inspection contractuelle ou encore d'avoir récupéré des millions de dollars de la collusion.

Sylvie Parent compte consacrer sa prochaine année et les suivantes à l'amélioration de la transparence à la Ville de Longueuil. « Vous avez été plusieurs à me souligner cet enjeu et c’est pourquoi je m’engage à continuer d'en faire une priorité », écrit-elle à ses citoyens sur sa page Facebook.

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