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François Legault appuie les travailleurs et écorche Sico

L'usine Sico de Beauport fermera ses portes en 2019.
L'usine Sico de Beauport fermera ses portes en 2019. Photo: Radio-Canada / Fanny Samson
Radio-Canada

Le premier ministre François Legault appuie les 150 travailleurs touchés par la décision du fabricant de peinture Sico de quitter le Québec. Il se demande même si les Québécois ne devraient pas tout simplement boycotter l'entreprise.

Un texte d’Alain Rochefort

« Ça m'achale, je vous avoue, je ne sais pas si les Québécois doivent continuer à acheter de la Sico qui n'est pas faite au Québec », a-t-il laissé tomber en marge d'une mission économique à Boston.

« Ca renforce le fait que [le ministre ministre de l'Économie Pierre Fitzgibbon] est en train de travailler un plan pour qu'on arrête de perdre nos sièges sociaux, qu'on arrête de vendre nos belles entreprises », a ajouté le premier ministre.

Moi, je pense que les Québécois devraient être sensibles à l'achat local, à acheter des produits qui sont fabriqués au Québec.

François Legaultt, premier ministre

Plus tôt jeudi matin, le ministre du Travail, Jean Boulet, a également démontré son appui aux travailleurs qui perdront leur emploi. Il promet de les aider à se dénicher un nouveau boulot.

« On n'a pas reçu l'avis de licenciements collectifs. Dès qu'on l'aura reçu, ça va nous permettre d'entrer en communication avec l'employeur et de voir quelles sont les mesures qu'on peut mettre en place pour aider les travailleurs à se reclassifier », explique le ministre.

Le contexte de plein emploi le rend d'ailleurs optimiste quant à l'avenir de ces travailleurs.

« Évidemment, dans le contexte actuel de rareté de main-d'oeuvre, on anticipe que la reclassification va pouvoir se faire de façon assez fluide ».

Manque d'humanité

Des employés dénoncent de leur côté le manque d'humanité des propriétaires.

Robin Bergeron fait partie de ceux qui vont perdre leur emploi dans moins d’un an, lorsque Sico fermera son usine de l'arrondissement de Beauport et son centre de distribution de Longueuil, en septembre 2019. La production sera déplacée en Ontario.

« C’est très dur à prendre. Ça fait 31 ans que je travaille ici », a-t-il lancé à son arrivée à l’usine située sur l’avenue du Sanctuaire, jeudi matin.

Se faire dire ça de cette manière-là, par des patrons américains sans scrupule qui viennent nous dire ça sur le coin de la table : “Bye-bye, c’est fini, vous ne travaillez plus ici”.

Robin Bergeron, un travailleur chez Sico qui va perdre son emploi

« Quand ils ont annoncé [la fermeture], la moitié des gens dans la salle ont quitté sans écouter le reste », a dit un autre travailleur déçu.

Prémédité de longue date?

La présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), Ann Gingras, croit à un geste prémédité de longue date.

« C'est tout à fait indécent. Lors de la dernière négociation, on a exigé du côté de l'employeur de signer une convention collective de seulement 16 mois. Est-ce que c'était prévu la fermeture de Sico à ce moment-là? Tout porte à croire que oui », déplore-t-elle.

Ce sont de bons emplois ici qui sont installés dans le milieu depuis 80 ans. C’est un fleuron québécois.

Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN)

Michel Nadeau critique

Le directeur général de l'Institut de la gouvernance, Michel Nadeau, estime pour sa part que le gouvernement et les syndicats devraient se préoccuper davantage de la modernisation des usines lorsqu'il est question de renouveler les contrats de travail. Le déménagement de Sico pourrait ainsi être évité, selon lui.

« Moi, je pense qu'il est important que les syndicats disent à la compagnie : “Combien allez-vous investir dans la modernisation de l'équipement, des installations de production pour nous garder à la fine pointe?” Parce que ce ne sont plus seulement les conditions et les salaires qui sont en jeu, c'est la survie des entreprises. »

Si on ne modernise pas nos entreprises au Québec, ces entreprises-là, peu importe les salaires qui sont versés, sont vouées à la fermeture.

Michel Nadeau, directeur de l'Institut de la gouvernance

Sico a vu le jour à Québec en 1937. L'entreprise a été vendue à la Néerlandaise AzkoNobel en 2006, puis cédée à l'américaine PPG Industries en 2013.

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