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Saison catastrophique de la chasse aux cerfs de Virginie dans la Baie-des-Chaleurs

Un cerf de Virginie en bordure d'une forêt.

Un cerf de Virginie

Photo : iStock / bgsmith

Radio-Canada

La saison de chasse au cerf de Virginie en Gaspésie a été désastreuse, selon des données non officielles recueillies auprès des postes d'enregistrement du territoire. Le nombre de mâles abattus a diminué de 40 à 50 % selon les zones de la Baie-des-Chaleurs, là où se trouve la plus grande partie du cheptel gaspésien.

Un texte de Jean-François Deschênes d’après les informations de Pierre Cotton

Cette année, 500 permis de chasse pour abattre les cerfs sans bois, soit des femelles, avaient été attribués par tirage au sort. Environ la moitié de ces bêtes ont été abattues dans la région.

Ce déclin se fait sentir depuis quelques années. C’est du moins ce que remarque Benjamin Roy, le propriétaire d’un dépanneur dans lequel se trouve le poste d’enregistrement des bêtes abattues de New Richmond. Il a d’ailleurs son idée sur les causes de ce déclin.

Depuis trois ans, on voit une différence assez flagrante d'une année à l'autre pis on attribue ça, beaucoup, à cause des hivers qui sont difficiles sur les chevreuils.

Benjamini Roy, propriétaire dépanneur Aigle-d'or

Les prédateurs, comme le coyote, sont aussi montrés du doigt. À cela s'ajoute la forte pression de chasse dans la Baie-des-Chaleurs.

Cette diminution aussi importante du succès de chasse surprend le président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, région Gaspésie, Alain Poitras. Ça n’a pas de bon sens! C’est beaucoup là 50 %! exprime le chasseur d’expérience, qui redoute maintenant les mesures de rétablissement de Québec. La dernière fois qu'on a vu [une baisse de] 50 % d’un [coup], de même, bien il y avait eu des restrictions sévères qui avaient été faites.

Un chevreuil dans la neige.

L'abondance de neige rend la vie difficile au chevreuil pendant la saison hivernale.

Photo : Daniel Brassard

Plan de gestion

Le biologiste Martin Dorais, du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, se fait rassurant.

Martin Dorais, biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Martin Dorais

Photo : Radio-Canada

Le biologiste souligne que le plan de gestion du cerf de Virginie établit à 500 mâles abattus le seuil minimum pour maintenir la chasse aux cerfs en Gaspésie.

Il rappelle qu’il y a 10 ans, la région avait aussi subi une baisse des succès de chasse importante. On avait atteint une récolte de 560 mâles adultes, donc on était très près du seuil de conservation, cependant l'année d’après avait connu un hiver assez clément et déjà on avait augmenté la récolte.

Ce bilan de saison peu reluisant survient au moment où le Ministère évalue la possibilité d'implanter une sous-zone de chasse dans la région et d'émettre à nouveau un quota pour les cerfs sans bois l'an prochain.

Ce n’est pas la première fois que la région subit une lourde perte. Dans les années 1990, Québec avait réagi en fermant des zones à la chasse durant une dizaine d’années.

Il ne faut pas oublier d’entrer dans l’équation les accidents routiers avec ces cervidés. Le Ministère estime qu’il y a environ 600 collisions sur les routes chaque année.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Environnement