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Mission lunaire et stratégie spatiale : Ottawa reste vague sur ses intentions

Une image du concept de poste avancé lunaire du projet Lunar Gateway de la NASA
Une image du concept de poste avancé lunaire du projet Lunar Gateway de la NASA Photo: NASA
Radio-Canada

La NASA, qui a conclu un voyage de deux jours à Ottawa mercredi, est repartie les mains vides de la capitale fédérale. L'agence américaine a pourtant offert un vibrant plaidoyer en faveur de la participation du Canada à une prochaine mission lunaire. Au moment où la pression s'accentue, le gouvernement Trudeau tarde à s'engager.

Un texte de Marc Godbout

La présence cette semaine à Ottawa du numéro un de la NASA est loin d’être un hasard. Si le ton et les paroles de Jim Bridenstine sont polis, l’impatience de Washington est bien réelle.

Nommé par Donald Trump à la tête de l’agence, M. Bridenstine est également son haut conseiller en sciences de l’espace. Il faut le voir comme le porte-voix du président.

L'administrateur de la NASA Jim Bridenstine prononce un discours à Ottawa.L'administrateur de la NASA Jim Bridenstine prononce un discours à Ottawa Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Pour Donald Trump, le projet Lunar Gateway (passerelle lunaire) est prioritaire. L’an dernier, le président américain a ordonné à la NASA de mettre de l’avant une mission habitée vers la Lune.

« Je suis ici pour demander le soutien du Canada », a répété Jim Bridenstine partout où il est passé depuis deux jours.

Le Canada a été un allié essentiel des États-Unis en matière d'exploration spatiale. Et nous voulons nous assurer que ce partenariat demeure solide.

Jim Bridenstine, administrateur de la NASA

Le dirigeant de la NASA est visiblement en mission de reconnaissance et le contexte de cette visite est important.

Oui ou non?

L’été dernier, le Canada a tourné le dos à la NASA. Faute de financement, l’Agence spatiale canadienne a abandonné sa participation à un projet clé, celui du télescope WFIRST. Elle devait fournir un instrument qui aurait joué un rôle central dans cette mission.

Depuis, le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, n’a toujours pas offert un engagement ferme à la NASA pour le projet Lunar Gateway. « Il y a beaucoup d'options. À ce stade, tout reste sur la table », s’est limité à dire le ministre après sa rencontre avec le dirigeant de l’agence américaine.

Dans une courte entrevue à Radio-Canada, l’administrateur de la NASA évoque toutefois la possibilité que le budget y soit pour quelque chose. « Nous allons voir ce qu'il adviendra de tout leur processus budgétaire. Nous sommes impatients de voir la suite. »

Rien pour aider, compte tenu du calendrier américain serré.

Chronologie du retour de l'homme sur la Lune

  • 2017 : Le président des États-Unis, Donald Trump, signe une directive demandant à la NASA de retourner sur la Lune.
  • 2019 : Le contrat pour la première partie de la passerelle, un élément de propulsion et de puissance, sera attribué.
  • 2022 : Envoi des différents composants de la station en orbite lunaire, pour être assemblés et progressivement habités.
  • 2024 : Fonctionnement de la station spatiale capable d'accueillir un équipage de quatre personnes.
  • 2026 : L'année la plus probable pour revoir une personne sur la Lune.

Destination inconnue

Encore faudrait-il qu’Ottawa dote le secteur spatial d’une feuille de route. Il n'y a aucun signe d’une annonce prochaine de la stratégie spatiale promise par les libéraux.

La stratégie va être faite et présentée en temps opportun avec les ressources appropriées.

Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique
Le ministre de l’Innovation et des Sciences, Navdeep Bains, discute avec l'administrateur de la NASA, Jim BridenstineLe ministre de l’Innovation et des Sciences, Navdeep Bains, s'entretient avec l'administrateur de la NASA, Jim Bridenstine Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Voilà maintenant deux ans que Navdeep Bains s’était engagé à livrer une stratégie spatiale pour juin 2017. Voici aujourd’hui comment le ministre défend le retard: « Nous voulons bien faire les choses. C’est une combinaison de facteurs. Nous voulons nous assurer que la stratégie soit sensée pour le Canada. »

Pendant ce temps, le pays perd du terrain face aux autres nations actives dans le secteur spatial, alors que les principaux joueurs ont presque tous revu leur stratégie. Ottawa ne l’a pas fait depuis près de 25 ans.

Le numéro un de la NASA aurait sûrement souhaité plus de clarté, mais surtout un engagement ferme du Canada.

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