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Abus sexuels : les évêques américains prônent la transparence

Des évêques américains réunis en assemblée générale
Les évêques américains participent à un vote électronique avec une petite manette. L'assemblée n'a pas su s'entendre sur l'épineux dossier de la pédophilie. Photo: Reuters / Theresa Keil
Agence France-Presse

Les évêques américains ont prôné mercredi la transparence face aux scandales d'abus sexuels qui touchent l'Église catholique aux États-Unis, mais ont échoué à s'entendre sur les critères nécessaires pour dénoncer un prêtre accusé de pédophilie.

« Nous devons absolument être ouverts et transparents » pour couper court aux « spéculations » et aux soupçons de « couverture » d'un crime, a affirmé l'évêque Christopher Coyne à l'issue de la conférence des évêques américains, à Baltimore, au Maryland.

Cette conférence a été régulièrement mise en cause ces dernières années pour sa gestion du scandale des abus sexuels au sein de l'Église catholique américaine.

Point culminant d'une série de scandales dans plusieurs évêchés du pays, les services du procureur de Pennsylvanie ont publié mi-août un rapport accablant, détaillant des abus perpétrés durant plusieurs décennies par plus de 300 prêtres et dont ont été victimes plus de 1000 enfants.

Le rapport dépeint une hiérarchie ayant souvent activement œuvré pour ne pas ébruiter les cas d'abus sexuels et pour protéger les auteurs de ces agressions.

Plusieurs diocèses ont depuis mis en place des commissions d'enquête sur les accusations d'abus sexuels visant des prêtres, et certains ont publié des listes de religieux déclarés inaptes à la fonction. Mais l'Église a admis mercredi ne pas avoir de critère harmonisé pour ces listes noires.

« Crédible »

L'évêque de Jefferson City, Shawn McKnight, a indiqué utiliser « le critère de l'accusation crédible, celle qui semble plus vraie que fausse ». Mais, a-t-il souligné, dans certains cas, les preuves ne sont apparues qu'après une enquête fouillée, alors que le prêtre n'était pas soupçonné au départ.

« C'est là qu'une standardisation serait d'une grande aide, pour avoir une définition de qui doit être inscrit sur la liste et qui ne doit pas y être », a-t-il ajouté, évoquant des « différences d'opinions » au sein de l'Église américaine.

« Nous n'avons pas de notion commune pour définir "crédible" », a aussi admis Oscar Cantu, l'évêque de San José. Il souhaite des critères nationaux, tandis que, jusqu'ici, « chaque évêque utilise son bon sens, avec l'aide d'une équipe de conseillers ».

La conférence avait été marquée lundi par l'annonce surprise du Saint-Siège, qui a ordonné aux évêques de ne pas se prononcer sur des mesures de lutte contre les abus sexuels avant la tenue d'une rencontre des conférences épiscopales du monde entier, convoquée en février à Rome.

L'un des enjeux des réformes en cours était d'inclure la responsabilité des évêques, qui n'avaient pas de compte à rendre au sein de l'Église catholique américaine jusqu'à maintenant.

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