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Nouveau projet d'usine à Bécancour : cette fois sera la bonne, selon les investisseurs

Image d'une vue aérienne du projet où on voit des bâtiments et des arbres

Maquette de ProjetBécancour.ag au parc industriel de Bécancour

Photo : ProjetBécancour.ag

Radio-Canada

Les détails du projet de 1,3 milliard de dollars baptisé ProjetBécancour.ag ont été dévoilés mercredi soir devant une cinquantaine de personnes venues s'informer au sujet de ce projet qui prendrait naissance sur l'ancien site de Norsk Hydro et qui créerait 200 emplois.

Un texte de Marilyn Marceau

Des résidents de la région, des représentants d’entreprises et des environnementalistes ont assisté à la présentation des investisseurs, mercredi soir, à l’Auberge Godefroy, à Bécancour.

Le projet d’usine pétrochimique remplace celui d’IFFCO Canada qui avait dû être mis en veilleuse pour des raisons économiques liées au prix de l’urée sur le marché.

Le projet de construction d’une usine d’urée et de méthanol dans le parc industriel de Bécancour créerait 200 emplois, ce qui est autant que l’ancien projet d’IFFCO Canada, mais, selon les promoteurs, la combinaison des deux productions permettrait de rejeter moins de CO2 qui si elles avaient été construites de façon séparée.

L’usine produirait 630 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année, ce qui est l'équivalent des émissions d'environ 180 000 voitures.

L’urée sert à produire des fertilisants pour l’agriculture, alors que le méthanol sert à fabriquer le polyester et l’antigel, par exemple.

Petites boules blanches

Une poignée d'urée, qui sert à produire de l'engrais pour la culture de céréales et de maïs, notamment.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Enfin de nouveaux emplois dans le parc industriel de Bécancour?

Une fois la construction terminée, le plus grand impact [pour la population de la région], c’est la création d’emplois, des emplois de qualité, assure le porte-parole du projet, Yvan Martin.

Ça fait des années que les investisseurs du site de Norsk Hydro laissent miroiter l’idée d’une usine d’engrais au parc industriel de Bécancour. Cependant, elle ne s’est jamais concrétisée.

Cette fois-ci serait la bonne, selon le porte-parole Yvan Martin, parce que les risques financiers sont moins grands.

Un des facteurs clés, c’est le fait que nous allons avoir deux produits qui vont sortir de l’usine qui vont vivre sur des cycles économiques complémentaires, quand l’un est à la hausse, l’autre est à la baisse, donc on a une diversification des revenus, par rapport aux produits, dit-il.

Environ 200 opérateurs en procédés industriels, des techniciens et des gestionnaires seront requis pour faire fonctionner l’usine 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Si tout va tel qu’anticipé par les promoteurs, la construction commencerait en 2020, pour une mise en exploitation vers la fin 2022, dans le parc industriel de Bécancour.

Intérêt des entrepreneurs et travailleurs de la région

Des gens d'affaires et des citoyens de la région à qui cette usine pourrait bénéficier ont assisté à la séance mercredi soir.

Si le projet va de l’avant, ça va nous amener probablement de l’ouvrage, explique le directeur général et copropriétaire d’Hydrexcel, Joaquim Blanchette, une entreprise du parc industriel de Bécancour qui fabrique des équipements industriels sur mesure.

Je suis venu par curiosité, je trouve ça le fun quel type d’emploi va être relié et de quoi va avoir l’air l’industrie, raconte le Bécancourois de 28 ans Mathieu Provencher, qui y voit une possible occasion d’emploi pour le futur.

D'anciens travailleurs de chez Norsk Hydro venus à la rencontre ont aussi fait part de leur enthousiasme à voir une nouvelle entreprise s'ériger sur l'ancien site.

Impact environnemental de l'usine combiné

Les rejets de CO2 de l’usine de méthanol seront traités et utilisés comme matière première pour produire l’urée, a expliqué le directeur technologies de Nauticol Québec, Matthew Scorah. Le méthanol, lui, est produit à partir de gaz naturel.

Matthew Scorah ajoute que les usines combinées vont rejeter beaucoup de GES dans l'atmosphère que si elles étaient en production de façon séparée. Il estime la réduction à 300 000 tonnes de GES de moins par année, ce qui est l’équivalent de 90 000 voitures en fonction durant un an.

On apprend aussi qu’au plus fort de la construction, jusqu’à 800 travailleurs seront appelés à travailler sur le chantier situé sur l’ancien site de l’usine Norsk Hydro. Environ 160 camions par jour pourraient sillonner le réseau routier du secteur. Durant l’exploitation, il y aurait une trentaine de camions par jour de plus sur les routes.

En raison de la construction de l’usine, des milieux humides seraient perdus dans le secteur, mais plusieurs seraient préservés, indique la directrice de projets en environnement et géosciences chez SNC-Lavalin, Lina Lachapelle. Sa firme a été retenue pour réaliser l’étude d’impact environnemental. Elle souligne que le site archéologique où l’on trouve des traces de la colonisation des Européens et qui a été découvert dans la foulée du défunt projet IFFCO restera intact.

Il y a une forte possibilité que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) doive se pencher sur le projet avant qu'il ne se concrétise.

Homme au micro et gens assis autour

Le résident de Trois-Rivières Marc Brullemans, qui est membre du Collectif scientifique sur la question des gaz de schiste, a posé des questions aux investisseurs au sujet du projet, lors de la consultation publique mercredi soir à Bécancour.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Des environnementalistes sceptiques

Au moins la moitié des gens qui ont pris la parole au cours de la séance publique était des représentants de groupes environnementalistes.

Le résident de Trois-Rivières Marc Brullemans, qui est membre du Collectif scientifique sur la question des gaz de schiste, affirme que ce n’est pas parce qu’on a deux usines pour le prix d’une qu’il faut vraiment se féliciter de la chose.

Il faut voir cette usine-là comme étant quelque chose qui va nous empêcher de réduire nos émissions de gaz à effet de serre au Québec.

Marc Brullemans, membre du Collectif scientifique sur la question des gaz de schiste

Il déplore que l'usine nécessitera de grandes quantités de gaz naturel et ça va émettre quand même de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère.

L’urée pour les producteurs agricoles

La Coopérative fédérée est l'un des investisseurs du projet. Elle voit des avantages à acheter l’urée localement, au lieu de la faire venir de l’étranger.

Actuellement, 100 % de l’urée qu’elle achète provient d’ailleurs, notamment de la Russie, de l’Allemagne et des États-Unis.

L’urée est un engrais utilisé au Canada pour la culture des céréales et du maïs par exemple.

La possibilité d’acheter l’urée à Bécancour réduirait les risques de ne pas avoir le produit à temps pour les semis. Elle arrive présentement par bateau, ce qui peut occasionner des retards.

Les périodes d’utilisation d’engrais sont très courtes, [...] donc c’est important d’avoir le produit quand c’est le temps, soit au printemps, explique le vice-président au développement des affaires à la division agricole de la Coopérative fédérée, Simon Baillargeon.

Quelques éléments du projet :

Investisseurs
Nauticol Québec (50%)
IFFCO (50%)

Production 24 h sur 24, 7 jours sur 7
Méthanol : 3 000 tonnes par jour
Urée : 1950 tonnes par jour (la moitié que proposé dans le projet IFFCO Canada)

Marchés visés
Méthanol : Québec, Nord-Est des États-Unis et l'Est du Canada
Urée : Québec, Ontario, Maritimes et Nord-Est des États-Unis

Principaux risques liés au projet
Explosion
Fuite d'une substance inflammable
Fuite d’une substance toxique
Les plus proches résidences seraient situées à 1,7 km de l'usine.

Retombées économiques anticipées
Construction : 438 M$
Exploitation : 72 M$ par année

Source : Nauticol Québec et IFFCO

Mauricie et Centre du Québec

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