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Les démocrates à l’heure des choix à la Chambre des représentants

De nouveaux élus devant le Capitole, mercredi.
De nouveaux élus devant le Capitole, mercredi. Photo: Reuters / KEVIN LAMARQUE
Raphaël Bouvier-Auclair

Les démocrates reprendront officiellement le contrôle de la Chambre des représentants dans un mois et demi. D'ici là, les élus du parti devront répondre à des questionnements majeurs. Quelles seront les priorités législatives, quel est le ton à adopter face à l'administration Trump et, surtout, qui y dirigera les troupes?

Cette semaine, les nouveaux élus sont de passage à Washington en vue de la prochaine session du Congrès. Au menu de la semaine : ateliers d’orientation et séances de photos, notamment.

Dans les rangs démocrates, derrière les sourires, un enjeu délicat émerge déjà.

« Je me suis engagé à ne pas appuyer Nancy Pelosi », a par exemple déclaré Mikkie Sherrill, une nouvelle élue démocrate devant le Capitole, mercredi.

Nancy Pelosi, qui a été présidente de 2007 à 2011, a la ferme intention de reprendre ce rôle à partir de janvier. Cette politicienne californienne, élue depuis la fin des années 1980, est une cible favorite des républicains.

Nancy Pelosi s'adresse aux médias.Nancy Pelosi veut devenir présidente de la Chambre des représentants. Photo : Reuters / MIKE THEILER

Pendant la récente campagne électorale, des candidats démocrates ont promis de ne pas se ranger derrière sa candidature si le parti reprenait le contrôle de la Chambre, évoquant un besoin de renouveau à Washington.

Bien qu’aucun adversaire ne se soit officiellement déclaré, certains détracteurs de Nancy Pelosi au sein de son caucus croient qu’elle n’obtiendra pas les 218 voix nécessaires pour devenir à nouveau présidente de la Chambre, lors du vote qui se tiendra le 3 janvier prochain.

La principale intéressée et les démocrates qui se rangent derrière elle affirment le contraire et lancent un appel à l’unité.

Nous ne devons pas être divisés, ça nous ferait mal.

Elijah Cummings, représentant démocrate du Maryland

Confrontation ou collaboration?

Au-delà de la personne qui les dirigera, les démocrates doivent aussi déterminer quelles seront leurs priorités législatives et la stratégie à adopter à la Chambre des représentants.

Grâce à sa majorité, le parti aura le contrôle des commissions, ainsi que le pouvoir d’enquêter et même de déclencher un processus de destitution à l’endroit du président.

Dans le camp républicain, certains attaquent déjà les démocrates sur ce front.

Kevin McCarthy s'adresse aux médias à l'occasion d'une conférence de presse.Kevin McCarthy, le futur leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants. Photo : Reuters / AARON P. BERNSTEIN

Tout ce que les démocrates veulent, ce sont des enquêtes et un processus de destitution.

Kevin McCarthy, prochain leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, en entrevue à Fox Business Network

Des démocrates influents ont laissé entendre qu'ils utiliseraient les outils mis à leur disposition pour mener des enquêtes. Mais bien que des recrues aient appuyé l'idée de la destitution pendant la campagne, le leadership du parti écarte cette possibilité pour l'instant.

La formation politique a après tout fait des gains dans des districts auparavant détenus par des républicains et selon un sondage récemment publié par Politico/Morning Consult, 51 % des électeurs américains ne souhaitent pas qu’un tel processus soit déclenché.

Nancy Pelosi préfère donc parler de l’assurance-santé, du prix des médicaments et des investissements infrastructures comme priorités de la future majorité. À ce chapitre, les démocrates pourraient même s’entendre avec le président Trump.

Mais celle qui veut de nouveau devenir présidente de la Chambre fait aussi face à des pressions de la part de collègues qui veulent que les démocrates adoptent un programme plus audacieux.

Mardi, par exemple, Alexandria Ocasio-Cortez, une recrue new-yorkaise associée à l’aile socialiste du parti, est venu appuyer une manifestation qui se déroulait à l’intérieur du bureau de Mme Pelosi pour réclamer des positions plus progressistes en matière de lutte contre les changements climatiques.

Si Nancy Pelosi remporte son pari et obtient les appuis nécessaires pour devenir présidente de la Chambre, elle devra non seulement trouver des terrains d’entente avec les républicains, mais aussi avec les membres de son caucus.

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