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Gangs de rue : l'organisme STR8 UP en difficulté financière

Un homme âgé et portant une casquette parle en entrevue.
André Poilièvre explique que malgré la reconnaissance du travail de l’organisme STR8 UP à Saskatoon, celui-ci dispose de moins en moins de ressources pour faire son travail. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

L’organisme communautaire STR8 UP, qui vient en aide aux anciens membres de gangs de rue à Saskatoon, n'arrive plus à faire face au fardeau que représente la recherche de financement. Aujourd'hui, l’organisme est à la recherche d'un partenaire communautaire pour survivre.

« Je suis très inquiet », déplore le fondateur de STR8 UP, le père André Poilièvre. « Sans fonds, on ne peut pas continuer. Nous sommes à un point où nous pouvons survivre jusqu'au mois de mars et après cela, nos fonds auront presque complètement disparu », déclare-t-il.

Si STR8 UP disposait de 500 000 $ par an avec quatre employés auparavant, l’organisme dispose aujourd’hui de moins de 300 000 $ avec un employé à temps partiel, explique M. Poilièvre.

L'organisme a ainsi perdu deux employés qui étaient chargés de rencontrer des ex-membres de gang de rue à leur sortie de prison. « Il n’y a plus personne, alors que c’est le travail le plus important », indique le fondateur.

S’il n’y a personne là, qui va les aider?

André Poilièvre, fondateur de STR8 UP

M. Poilièvre rapporte que la recherche de financement pompe l'énergie et les ressources de l'organisme, au détriment de ses services et de ses programmes. « Le monde du financement est nécessaire, mais il exige énormément de dévouement, de temps et d'argent », confie-t-il.

Il faut trouver un moyen de survivre sans qu'on porte le fardeau année après année du besoin financier.

André Poilièvre, fondateur de STR8 UP

Un partenaire en vue

Sans préciser son nom, STR8 UP pourrait bientôt collaborer avec un autre organisme communautaire qui se chargerait des demandes de subventions, le point faible de l'organisme, selon son fondateur.

« Nous sommes très faibles en matière de recherche de financement, de gouvernance, ce n’est pas notre boulot, ce n'est pas notre fort. Nous, c'est plutôt l'éducation, nous sommes un service social. Moi je suis un éducateur, pas un financier ».

« Si on pouvait faire des partenariats avec une autre organisation qui accepterait cette responsabilité, nous pourrions dévouer 100 % de notre temps à notre travail ».

Selon André Poilièvre, le travail de STR8 UP a fait ses preuves. « Au cours des années, j'ai vu la transformation des jeunes gens qui étaient violents, qui étaient en prison, qui ont perpétré des meurtres même, et qui sont aujourd'hui à l'université, qui ont des conjoints et assument la responsabilité d'être parents », rapporte-t-il.

Les membres de gang qui voudraient quitter les gangs de rues, je ne sais pas où ils pourraient aller [si STR8 UP disparaissait].

André Poilièvre, fondateur de STR8 UP

André Poilièvre a indiqué que STR8 UP reçoit des aides financières de la part des gouvernements provincial et fédéral dans le cadre de programmes spécifiques. « Ils sont prêts à nous aider dans le développement de certains programmes, mais ça n’assure pas la survie de l'organisation », regrette-t-il.

Le ministère des Services correctionnels et de la police en Saskatchewan a offert à STR8 UP une enveloppe de 49 500 $ pour la période de septembre 2018 à mars 2019, afin de mettre en œuvre la stratégie communautaire de lutte contre les gangs de rue dans la province.

André Poilièvre précise que les ressources pour faire fonctionner l’organisme proviennent aussi de la générosité des citoyens, de fondations, de groupes communautaires et religieux.

De son côté, le service de police de Saskatoon a déclaré dans un communiqué qu’il « appuie les programmes, comme celui de STR8 UP, qui aident les adultes ou les jeunes à abandonner un mode de vie qui, dans de nombreux cas, conduit à une criminalisation et à une victimisation accrues ».

Saskatchewan

Prévention et sécurité