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Plafond salarial et nouvelles ligues professionnelles : les défis de la LCF

Chris Jones répondant aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse.

L'entraîneur-chef des Roughriders, Chris Jones, ne cache pas que les deux nouvelles ligues de football sont une « préoccupation ».

Photo : CBC

Radio-Canada

Les têtes dirigeantes de la Ligue canadienne de football (LCF) et les neuf équipes du circuit devront bientôt composer avec davantage de concurrence. La création d'un plafond salarial administratif et l'arrivée prochaine de deux nouvelles ligues américaines préoccupent plusieurs intervenants.

Un texte de Charles Lalande

La LCF a imposé, en juin dernier, un plafond salarial administratif de 2 738 millions de dollars pour un total de 28 employés, soit 11 entraîneurs et 17 autres employés œuvrant au sein du département des opérations football.

Une décision qui va engendrer des pertes d’emploi et des compressions salariales pour ceux qui resteront en poste.

« La triste réalité est qu’il y aura cinq ou six personnes qui ne feront plus partie de notre organisation l’an prochain », déplore Chris Jones, entraîneur-chef des Roughriders de la Saskatchewan.

« Les primes salariales, les raisons pour lesquelles de jeunes entraîneurs ont choisi de venir ici, seront supprimées. Une baisse de salaire de 6 à 10 % », estime celui qui évolue dans la LCF depuis 2002.

L’agent de joueurs Sasha Ghavami avait initialement vu cette nouvelle d’un bon œil, estimant qu’il s’agissait d’une idée intéressante, car les entraîneurs et le personnel administratif pouvaient gagner un salaire nettement plus élevé que certains joueurs tout en ayant des contrats garantis.

Après avoir parlé à plusieurs intervenants dans le domaine du sport, il a changé d'avis : « Dans ce cas-ci, la ligue nivelle par le bas. Je comprends l’objectif de réduire les dépenses, mais on devrait penser aux joueurs. Au final, ce sont eux qui vont écoper car ils seront privés d’entraîneurs compétents. »

De la concurrence

Le second défi pour la LCF est l’arrivée d'une nouvelle ligue professionnelle aux États-Unis, soit l’Alliance du football américain (AAF), qui commencera ses activités au mois de février 2019, et le retour de la X Football League (XFL) à l’hiver 2020.

C’est donc dire que les footballeurs qui ne peuvent accéder à la NFL, la meilleure ligue de football au monde, auront bientôt trois options.

La LCF pourrait perdre de beaux talents en provenance du pays de l’Oncle Sam pour quelques raisons, dont le désir de rester à la maison, un salaire concurrentiel et ne pas avoir à apprendre les subtilités du football canadien, un brin différent de celui qui se pratique de l’autre côté de la frontière.

Selon Sasha Ghavami, qui gère les carrières de Laurent Duvernay-Tardif (Chiefs de Kansas City) et d’Antony Auclair (Buccaneers de Tampa Bay), on peut s’attendre à un exode d’athlètes, d’entraîneurs et de dépisteurs : « Un moment donné, n’oublions pas que le football professionnel est un business. Si t’as l’occasion de faire le même travail en ayant de meilleures conditions, c’est normal d’être porté à aller ailleurs. »

Laurent Duvernay-Tardif (gauche) et son agent Sasha Ghavami

Laurent Duvernay-Tardif (gauche) et son agent Sasha Ghavami

Photo : Radio-Canada / Alain Décarie

Dans la LCF, le salaire minimum est de 54 000 $ CA et le salaire moyen est de 71 700 $ CA. L’AAF proposera un alléchant contrat de trois ans pour 250 000 $ US aux nouveaux athlètes.

Quant à la XFL, il est encore trop tôt pour avoir une idée à ce sujet, mais le propriétaire de la ligue est Vince McMahon, qui gère déjà la World Wrestling Entertainment (WWE), géant de la lutte américain. La fortune personnelle de M. McMahon est estimée à 1,8 milliard US, selon le magazine Forbes. Tout cela semble indiquer que les salaires de la XFL seront également concurrentiels à la LCF.

L'entraîneur-chef des Roughriders, Chris Jones, ne cache pas que la venue des deux nouvelles ligues « est une préoccupation » pour la LCF.

Le joueur de ligne défensive des Roughriders, Willie Jeffersen, doit signer une nouvelle entente en vue de la prochaine saison. Il s’est accompli sur le terrain en Saskatchewan, mais pourrait bien se retrouver sous d’autres cieux dans la LCF… ou encore dans l’AAF.

« De nos jours, l’argent parle », a lancé le natif de Beaumont, au Texas. Ce dernier a d’ailleurs plaisanté sur le taux de change : « J’ai échangé mon argent [canadien en américain] aujourd’hui et je dois dire que ça fait mal. »

Willie Jeffersen en train de s'adresser aux médias lors du bilan de fin de saison 2018 des Roughriders de la Saskatchewan.

Sans contrat en vue de la prochaine saison, Willie Jeffersen est ouvert à toutes les options, mais il aimerait jouer une sixième saison pour l'entraîneur-chef Chris Jones.

Photo : CBC

En revanche, le Canada lui apporte des avantages qui l’incitent à voir plus loin que l’argent dans sa décision, soit le niveau de compétition et la présentation des matchs à la télévision nationale.

« Il ne faut pas nier le sérieux des dirigeants de l’AAF et de la XFL. Ils investissent du temps et fournissent des efforts pour la santé de la ligue. Est-ce que ça va fonctionner à long terme? L’avenir nous le dira », analyse Sasha Ghavami.

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