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Un fournisseur de la SQDC reconnaît qu'il aurait pu faire mieux

Une feuille de cannabis de type sativa

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Radio-Canada

Le seul fournisseur de la Société québécoise du cannabis (SQDC) qui a son siège social au Québec, Hexo, reconnaît ne pas avoir mesuré l'ampleur de l'engouement des Québécois pour le cannabis légal. « On entend nos consommateurs, on sait qu'on n'est pas à la hauteur de leurs attentes, on sait qu'ils méritent encore mieux », assure son PDG, Sébastien St-Louis.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

L'euphorie aura été de courte durée. Un mois après la légalisation du cannabis, les produits en rupture de stock demeurent nombreux à la SQDC. Attablé dans les bureaux de son entreprise à Gatineau, M. St-Louis estime avoir mieux performé que la plupart de ses compétiteurs en remplissant de 80 à 100 % des commandes reçues, selon les semaines. « On s'améliore chaque jour », tient-il à préciser.

« La demande est absolument époustouflante, poursuit-il. Tu lances un nouveau iPhone, t'as des files d'attente pendant une journée, peut-être deux... Des semaines après, on a encore des files dans les magasins de la SQDC. C'est une demande incroyable et surélevée par rapport à ce à quoi on s'attendait. On s'attendait à beaucoup, mais c'est encore plus haut. »

Le PDG d'Hexo, Sébastien St-Louis, admet que certains produits du cannabis ont été plus populaires que d'autres et que son entreprise est en train d'ajuster la production en conséquence.

Le PDG d'Hexo, Sébastien St-Louis, admet que certains produits du cannabis ont été plus populaires que d'autres et que son entreprise est en train d'ajuster la production en conséquence.

Photo : Radio-Canada

Il reconnaît toutefois du même souffle que des ajustements ont dû être apportés depuis le 17 octobre. « On avait déterminé nous-mêmes quel allait être le "mix" de produits que les clients demanderaient. C’est certain que certains produits ont été plus populaires que d'autres, et on est en train d'ajuster la production en conséquence », explique-t-il.

Des écueils en apparence négligeables ont aussi eu des répercussions sur les livraisons. « On a eu des défis au niveau de la réglementation par rapport à quelle colle il faut utiliser pour nos estampes pour la taxe d'accise », donne-t-il en exemple. Santé Canada requiert l'utilisation d'un produit particulier, qui était en rupture de stock.

Une pénurie prévisible

Selon la chercheuse Rosalie Wyonch, de l'Institut C.D. Howe, la pénurie de cannabis légal qui sévit actuellement était prévisible. Elle s'étonne toutefois de la rapidité avec laquelle elle s'est manifestée.

Le prix du cannabis légal au Québec est plus bas que ce à quoi on s'attendait, ce qui fait qu'une plus grande part de la demande pour le cannabis à usage récréatif est passée immédiatement du marché noir au marché légal.

La chercheuse Rosalie Wyonch

À cela s'ajoute le fait que les producteurs avaient accumulé de bien faibles stocks dans les mois précédant la légalisation. Selon les estimations de C.D. Howe, la demande de cannabis s'élève au Canada à au moins 600 tonnes annuellement, alors que les fournisseurs n'avaient accumulé en juin dernier qu'une soixantaine de tonnes de réserves, selon les données rendues publiques par Santé Canada.

Le long processus d'homologation des fournisseurs, mis en place par le gouvernement fédéral, a aussi retardé les plans de nombreuses entreprises.

La chercheuse Rosalie Wyonch, de l'Institut C.D. Howe, croit que le Québec aurait dû commander plus de cannabis avant la légalisation.

La chercheuse Rosalie Wyonch, de l'Institut C.D. Howe, croit que le Québec aurait dû commander plus de cannabis avant la légalisation.

Photo : Radio-Canada

« La production est très réglementée et nécessite beaucoup d'approbations qui demandent beaucoup de temps. Les producteurs doivent construire les installations [...] et, en bout de ligne, c'est une plante qui met près de neuf mois à pousser, sans compter le séchage, la manutention, l'empaquetage et l'expédition », expose Mme Wyonch.

Le Québec aurait dû commander plus de cannabis, dit-elle, tout en ajoutant que le marché a mis trois ans à atteindre l'équilibre au Colorado et qu'il est donc normal d'assister à une inadéquation temporaire entre l'offre et la demande.

Plus le marché prendra du temps à s'ajuster, prévient-elle, plus l'État perdra des revenus. Selon les calculs de C.D. Howe, la pénurie de cannabis légal privera à elle seule les différents gouvernements d'une centaine de millions de dollars en taxes au cours de la prochaine année, à l'échelle du Canada.

Des projets d'expansion

Même s'ils ne parviennent toujours pas à respecter leurs engagements, les producteurs de cannabis poursuivent leur expansion. Plusieurs serres sont présentement en construction, et ce, dans plusieurs régions du Québec.

L'entreprise Hexo, pour sa part, quintuplera sa production au cours des prochains mois, grâce à l'ouverture de nouvelles installations totalisant un million de pieds carrés. « Ça va nous permettre de développer tous nos produits », explique Sébastien St-Louis.

L'entreprise Hexo quintuplera sa production de cannabis au cours des prochains mois, grâce à l'ouverture de nouvelles installations totalisant un million de pieds carrés.

L'entreprise Hexo quintuplera sa production de cannabis au cours des prochains mois, grâce à l'ouverture de nouvelles installations totalisant un million de pieds carrés.

Photo : Radio-Canada

Le PDG de l'entreprise se prépare aussi à la légalisation des produits comestibles, prévue dans un an. « On ne parle plus seulement de cannabis séché que l'on fume, mais on parle aussi de produits sans fumée. On a toute une ligne de produits qui s'en viennent », souligne-t-il.

Une nouvelle usine de transformation est présentement en construction en Ontario; ses opérations devraient débuter en avril prochain.

Hexo se prépare aussi à faire son entrée à la Bourse de New York le mois prochain.

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