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« Il m'a toujours corrigé pour me mettre dans le droit chemin » - une présumée victime du pasteur Guillot

Claude Guillot dans les couloirs du palais de justice de Québec
Le pasteur Claude Guillot (au centre) Photo: Radio-Canada / Yannick Bergeron
Radio-Canada

*Samuel n'avait que de bons mots pour le pasteur Claude Guillot lorsqu'un enquêteur de la police de Québec l'a rencontré, en décembre 2014. Le garçon qualifiait même de « traîtres » ceux qui parlaient en mal de l'homme accusé de voies de fait armées, voies de fait causant des lésions, séquestration, harcèlement et entrave à la justice.

Un texte de Yannick Bergeron

La vidéo de l'entretien qui dure deux heures a été présentée au procès de Guillot qui est accusé de sévices physiques et psychologiques sur des élèves.

Samuel fréquentait l'école religieuse clandestine de Guillot dans le sous-sol de sa résidence du quartier Chauveau depuis six ans lorsque la police est intervenue en 2014.

« C'est mon pasteur, mon père, je ne veux pas le blesser », affirme le garçon de 17 ans alors que l'enquêteur David Gionet discute avec lui, à l'époque.

Extrait de l'interrogatoire de *Samuel, présumée victime de Claude Guillot

Aujourd'hui, Samuel est au nombre des plaignants. Il témoigne depuis deux jours au procès de l'homme de 68 ans.

Maintenant âgé de 21 ans, Samuel a expliqué qu'il avait été préparé par Guillot à répondre aux questions des intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse et de la police, pour protéger le pasteur.

Lors de l'interrogatoire, l'enquêteur Gionet s'est d'ailleurs se buté à un adolescent qui qualifiait à plusieurs reprises de « traîtres » ceux qui ont osé « calomnier » le pasteur Guillot.

Claude Guillot enseignait dans le sous-sol de sa résidence.Claude Guillot enseignait dans le sous-sol de sa résidence. Photo : Radio-Canada / Photo présentée en preuve

Il niait les allégations soulevées par l'enquêteur disant ne pas vouloir parler en mal de monsieur Guillot, « Parce que Dieu va me juger », assurait l'adolescent, vêtu d'un chandail polo et d'un pantalon propre.

Tranquillement, l'enquêteur a réussi à obtenir des renseignements, comme lorsqu'il lui parle de la fois où il a dû passer 11 repas consécutifs en guise de punition.

« C'est un traître qui a dit ça », s'est insurgé le garçon, tout en confirmant l'information.

L'enquêteur finira aussi par faire dire au frêle adolescent qu'il a aussi été giflé et frappé au ventre, notamment.

« Il m'a toujours corrigé pour me mettre dans le droit chemin », justifiait l'élève tout en ajoutant que le pasteur « nous apprenait à obéir ».

Il était obligé de le faire.

Samuel au sujet des corrections du pasteur Claude Guillot

À compter de jeudi, l'avocate de Guillot, Me Suzanne Corriveau, va contre-interroger Samuel. Il restera ensuite un seul témoin de la part de la poursuite.

Le procès fera ensuite une pause pour reprendre en décembre. L'ex-pasteur Guillot devrait alors témoigner pour sa défense.

* Prénom fictif

Québec

Procès et poursuites