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Pénurie de travailleurs sociaux francophones en Ontario

Une femme parle à une autre femme qui écrit à l'ordinateur.
Le besoin pour des services sociaux en français est criant en Ontario, selon plusieurs travailleurs du domaine. Photo: iStock / JackF
Radio-Canada

La demande pour des travailleurs sociaux francophones ne dérougit pas en Ontario et les divers organismes qui emploient les jeunes diplômés ont peine à combler la demande. Selon divers agents du domaine de la santé publique, ce problème vient en partie du fait que les universités ne recensent pas le nombre d'étudiants francophones dans leurs programmes.

Un texte de Floriane Bonneville

Les francophones en travail social sont peu représentés si on regarde les chiffres au sein des membres identifiés, rapporte la représentante francophone du Conseil d'administration provincial de l'Association des travailleurs et travailleuses sociales de l'Ontario, Sylvie Rivard.

Mme Rivard ajoute que le pourcentage de travailleurs sociaux ne représente pas la population francophone de l'Ontario.

Selon elle, cette lacune n'affecte pas seulement la qualité des services, mais aussi la capacité des gens à se faire comprendre et pouvoir exprimer exactement le problème qui les concerne.

Pour les francophones qui reçoivent des soins et services dans le système, la possibilité de s'exprimer dans leur langue maternelle est très importante, c'est une question de sécurité.

Sylvie Rivard, porte-parole francophone du conseil d'administration de l'Association des travailleurs et travailleuses sociales de l'Ontario

Pour Nancy Larivière, coordonnatrice du Réseau franco-santé du Sud de l'Ontario (RFSSO), le problème ne vient pas nécessairement du fait que peu de travailleurs sociaux sont francophones, mais que les universités dans lesquelles ils sont formés ne recensent pas le nombre d'étudiants francophones.

Elle soutient qu'il est difficile de recruter des étudiants francophones parce que les universités ne savent pas le pourcentage de leurs étudiants qui parlent français.

Dans toutes les universités de l'Ontario, dans tous les programmes, nos études ont démontré qu'au moins 10 à 15 % des étudiants parlent français, maintient-elle.

Cette étude découle du projet nommé Communauté accueillante du RFSSO.

La coordonnatrice déplore par ailleurs le manque de proximité entre les établissements universitaires et les organismes francophones.

Une première victoire

En avril dernier, le King's College de London a choisi d'assurer une place au baccalauréat en travail social pour un candidat qualifié qui parle français.

L'instigatrice de cette initiative, Nicole Deagle, se dit heureuse de cette victoire.

Mme Deagle est la représentante communautaire du comité de diversité et d'équité au King's College et est également travailleuse sociale au sein du Conseil scolaire catholique Providence à London.

Un communiqué. L'argument, en anglais, de Nicole Deagle et Nancy Larivière envoyé au comité sur la diversité et l'équité de King's College. On y lit que la communauté francophone a besoin de plus de services dans sa langue en Ontario. Photo : Nicole Deagle, travailleuse sociale au conseil scolaire Providence à London

Cette dernière note qu'il a été ardu de faire comprendre aux membres du comité l'importance des services en français.

Ils ne comprenaient pas l'utilité d'avoir des services bilingues et ne croyaient pas que c'était un besoin dans la communauté dit-elle.

Toutefois, Mme Larivière affirme que l'effort symbolique du collège n'est qu'un premier pas. Pour elle, il serait primordial que d'autres universités emboîtent le pas.

De plus, ce ne sont pas seulement les facultés de travail social qui devraient faire des démarches semblables, estime-t-elle, mais aussi d'autres départements, comme celui de la psychologie, de l'orthophonie et des sciences infirmières.

Windsor est une région où il y a un immense besoin pour des services en français, et même si c'est une région désignée francophone, c'est très difficile de les avoir dans cette langue.

Nancy Larivière, coordonatrice du Réseau franco-santé du Sud de l'Ontario

La réponse du ministère

Le ministère des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires a été contacté à ce sujet, mais une porte-parole, Kristen Tedesco, affirme que l'embauche de travailleurs sociaux ne relève pas de sa juridiction. Selon Mme Tedesco, c'est l'Ordre des travailleurs et travailleurs sociaux et des techniciens en travail social de l'Ontario qui contrôle cette question.

Lorsque contacté, l'Ordre a renvoyé la balle à l'Association des travailleurs sociaux de l'Ontario, laquelle représente Mme Rivard.

Windsor

Services publics