•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Où y a-t-il le plus de bars au pays? Cap sur l'Est

Cinq jeunes adultes trinquent en souriant.
Quelque 5000 établissements détiennent des permis de vente d'alcool au Canada. Photo: iStock
Bernard Barbeau

De toute évidence, les Terre-Neuviens aiment sortir et se réunir pour prendre un verre. La province de Terre-Neuve-et-Labrador est en effet la championne du pays pour ce qui est du nombre de bars par habitant.

Selon les données de Statistique Canada, il y avait exactement 5053 débits de boissons alcoolisées qui étaient en activité (légalement) en juin dernier d’un océan à l’autre. Cela revient à 1,44 bar par tranche de 10 000 habitants.

Mais Terre-Neuve-et-Labrador en comptait près du triple : 3,93 bars pour 10 000 personnes.

Le Québec était bon deuxième avec ses 2,59 établissements licenciés, toujours par tranche de 10 000 résidents, et le Nouveau-Brunswick prenait la troisième marche du podium, avec 2,01 bars.

C’est au Nunavut qu’il y en avait le moins : 0,28 bar pour 10 000 personnes.

Il n’est donc pas étonnant de constater que la région de la capitale terre-neuvienne, Saint-Jean, est aussi celle, parmi les grands centres, où il y avait le plus grand nombre de débits de boissons relativement à sa population, soit 3,64 pour 10 000 personnes.

Comme ce ratio est moins élevé que celui de l'ensemble de la province, il faut comprendre qu'il y a encore davantage de bars, toujours par habitant, dans les plus petites communautés.

Brenda O'Reilly, copropriétaire du O'Reilly's Irish Newfoundland Pub, une véritable institution à Saint-Jean, estime qu’on aurait tort d’en conclure que les habitants de sa région ou de sa province ont trop tendance à lever le coude.

« Je ne sais pas si les gens tiennent tant à prendre un verre ou s’ils ne veulent pas plutôt simplement socialiser, dit-elle. Visiter, recevoir, ça nous vient naturellement. »

Il est normal pour nous ici à Terre-Neuve de nous retrouver pour jaser, boire un verre ou juste être ensemble. Le pub, c’est une extension de notre cuisine.

Brenda O'Reilly, copropriétaire du O'Reilly's Irish Newfoundland Pub

« Il y a plein de bonnes raisons de sortir dans un club, un pub ou un bar, comme vouloir profiter de l’abondance de groupes de musique et d’autres artistes qu’il y a dans notre province », ajoute Mme O'Reilly.

Un plus haut taux de criminalité?

Certains pourraient être tentés d'en déduire que l'incidence de la criminalité doit être plus élevée à Terre-Neuve-et-Labrador qu'ailleurs. Après tout, l'équation se fait très souvent entre le nombre de bars et le nombre de méfaits.

À Montréal, par exemple, le nombre de crimes est plus élevé dans les quartiers où la densité de débits de boissons alcoolisées est plus importante. « Les bars attirent un nombre important de délinquants potentiels et de victimes vers un même lieu », a souligné Statistique Canada dans un rapport sur la criminalité dans la métropole québécoise.

Mais ce n'est pas vraiment le cas à Terre-Neuve-et-Labrador. Le taux de criminalité (5457 par 100 000 habitants) y était tout près de la moyenne canadienne (5334 par 100 000 habitants) en 2017 et l'Indice de gravité des crimes (IGC) y avait diminué (-9 %) par rapport à 2016.

Et c'est même à Saint-Jean qu'a été enregistrée la baisse de l'IGC la plus prononcée du Canada (-15 %).

La région métropolitaine de Saint-Jean était suivie de celles de Sherbrooke (3,39) et de Saguenay (2,73).

La région de Guelph est celle où il y avait le moins de bars pour 10 000 personnes (0,33), suivi de celles d'Oshawa (0,47) et de Winnipeg (0,49).

La municipalité de Guelph, où est basée la brasserie Sleeman, n'a pas été en mesure d'expliquer pourquoi il y a si peu de bars sur son territoire.

Ces données reflètent spécifiquement le nombre de débits de boissons par habitant, et tous sont considérés de la même manière, sans égard au nombre de places qui s'y trouvent ni à leur chiffre d'affaires. Ainsi, dans ces statistiques, une taverne miteuse ne comptant que quelques places a la même importance qu'un luxueux complexe comportant plusieurs étages.

Société