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Seuils d'immigration : Québec solidaire se range du côté d'Ottawa

Gabriel Nadeau-Dubois.
Gabriel Nadeau-Dubois estime que le fédéral doit rester ferme sur la question de l'immigration face aux intentions de la Coalition avenir Québec. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
La Presse canadienne

Québec solidaire (QS) se range du côté d'Ottawa et s'oppose à la proposition du gouvernement Legault de réduire les seuils annuels d'immigration.

Mercredi, à la veille d'une rencontre entre le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, et le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, QS a prôné une ouverture exemplaire envers les migrants.

« On est rarement d'accord avec Justin Trudeau, mais de garder un nombre de réfugiés qui nous permet de jouer notre rôle de solidarité envers les plus mal pris de notre planète, c'est une bonne chose », a déclaré le co-porte-parole du parti Gabriel Nadeau-Dubois.

Devant les journalistes, il a soutenu que les pays développés ont la responsabilité d'être solidaires et d'accueillir les gens en détresse, qui fuient la guerre et, de plus en plus, les dérèglements climatiques.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, s'est engagé à faire passer de 310 000 à 350 000 le nombre d'immigrants accueillis au pays de 2018 à 2021.

Il faut bien le faire, il faut le faire en vertu de certaines règles; il ne faut pas le faire n'importe comment, mais fermer les portes à des gens qui veulent améliorer leur vie et qui sont en détresse, ce n'est pas une solution.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis d'abaisser le nombre d'immigrants admis annuellement au Québec de quelque 52 000 à 40 000 dès 2019, et de soumettre les nouveaux arrivants à un test des valeurs et à un test de français.

Le gouvernement québécois désire ainsi récupérer d'Ottawa l'application du programme de réunification familiale, par l'intermédiaire duquel plus de 10 000 personnes sont admises au Québec chaque année.

M. Jolin-Barrette devrait traiter de la question des seuils d'immigration jeudi, lors de son tête-à-tête avec M. LeBlanc, dont les détails ont été gardés secrets.

Il s'agira de leur deuxième rencontre en un peu plus d'une semaine. « Ce sont des discussions avec mes homologues fédéraux sur une foule de sujets, et je pense [...] que c'est fondamental dans la fédération canadienne d'avoir une relation de respect mutuel », s'est limité à dire le ministre québécois.

Plus tard, le premier ministre François Legault a fait savoir qu'il avait confiance d'en arriver à une entente avec le gouvernement fédéral en matière d'immigration. « Je suis confiant, surtout dans le contexte d'une élection l'automne prochain. Moi, je sens que ce sera possible de s'entendre », a-t-il dit.

Mauvais message

Le premier ministre s'est retrouvé à raviver le débat, fort sensible au Québec, des seuils d'immigration, débat qui ne fait qu'entacher la réputation du Québec à l'étranger, a déploré la porte-parole libérale en matière d'immigration, Dominique Anglade.

« Les décisions qui sont prises, qui sont discutées présentement, ce ne sont pas des décisions qui n'ont aucune incidence à long terme sur le développement du Québec; elles ont des incidences, tant d'un point de vue financier que d'un point de vue économique que d'un point de vue social », a-t-elle déclaré en entrevue téléphonique.

« Ce que je demande au gouvernement Trudeau d'abord, c'est de bien expliquer l'ensemble de ces ramifications-là, et au gouvernement Legault d'en saisir les implications réelles », a-t-elle ajouté.

Mme Anglade maintient qu'une réduction des seuils annuels d'immigration enverra le message aux immigrants potentiels qu'ils ne sont pas les bienvenus au Québec, en plus de nuire aux efforts de recrutement de la province en période de pénurie de main-d'oeuvre et d'altérer son poids démographique et son rapport de force au sein de la fédération.

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