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Un état de santé qui se dégrade pour les immigrants francophones

Un groupe d'hommes et de femmes représentant différents âges et origines ethniques se tient debout face à la caméra. Les personnes sourient.

L'étude publiée par RésoSanté Colombie-Britannique et l'Agence de santé du Canada comprend neuf recommandations pour répondre aux besoins en santé des immigrants francophones.

Photo : Getty Images / FatCamera

Radio-Canada

L'état de santé des immigrants francophones qui s'installent en Colombie-Britannique se détériore en moyenne deux ans après leur arrivée dans la province, selon une étude de RésoSanté Colombie-Britannique et l'Agence de santé publique du Canada.

Un texte de Saïda Ouchaou

D'après l'étude, la majorité des immigrants francophones qui arrivent au Canada, notamment en Colombie-Britannique, sont en général en bien meilleure santé que les personnes nées au Canada. Mais leur santé, tant physique que mentale, décline rapidement.

La responsable des communications de RésoSanté, Marion Mathou, souligne plusieurs éléments clefs.

Il y a des facteurs socioéconomiques, des facteurs culturels ainsi que la possibilité d'avoir accès à des services en français dans le cas de soins.

Marion Mathou, coordinatrice des communications et des projets communautaires, RésoSanté Colombie-Britannique

D'après les données recueillies, 47 % des immigrants francophones disent ne pas se sentir connectés à la communauté francophone au Canada.

Pourtant, l'étude souligne que le lien entre santé et relations sociales est déterminant pour maintenir les gens en bonne santé.

Le cas de Manju Newoor, qui a immigré de l'île Maurice avec sa famille il y a un peu plus d'un an, en est un exemple.

Habitant à Surrey, elle estime avoir eu de la chance d'être bien accueillie par l'Association francophone, car cela lui a permis de ne pas être stressée par son changement de vie.

L'association francophone de Surrey m'a beaucoup aidée. Maintenant, je travaille pour une école francophone.

Manju Newoor, immigrante originaire de l'île Maurice

Les défis sont multiples pour un nouvel arrivant, explique Bonfils Mada, un agent d'établissement au programme d'immigration francophone de la Colombie-Britannique.

Il déplore que les immigrants doivent attendre trois mois pour obtenir une carte d'assurance maladie, en particulier lorsque les gens ont des problèmes de santé en arrivant.

J'ai vu quelqu'un qui était diabétique. Pendant la période d'attente, la situation s'est aggravée et il s'est retrouvé dans le coma. Nous avons été obligés de le référer à l'hôpital.

Bonfils Mada, agent d'établissement pour les immigrants francophones de la Colombie-Britannique

Un système de santé jugé décevant

L'étude montre que l'écart entre ce que les immigrants attendent des soins de santé et ce qu'ils reçoivent dans les faits peut créer une forme de réticence envers le système.

Manju Newoor a ainsi dû se rendre aux urgences d'un hôpital récemment, mais cette première fois l'a beaucoup déçue.

Wenda Jemly, qui est installée en Colombie-Britannique depuis sept ans, partage ce sentiment.

Je sais mieux m'exprimer en anglais maintenant, mais malgré cela, le système de santé pour moi, il n'est pas à la hauteur.

Wenda Jemly, résidente de Burnaby

Mme Jemly a attendu trois ans d'avoir un examen médical spécialisé, mais après une journée à l'hôpital et une anesthésie générale, l’examen n’a finalement pas eu lieu.



Colombie-Britannique et Yukon

Santé physique et mentale