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Theresa May affirme avoir l'appui de son cabinet sur le Brexit

Le reportage de Jean-François Bélanger
Radio-Canada

Après cinq heures de délibérations, les membres du gouvernement britannique ont « collectivement approuvé » le projet d'accord sur le Brexit, a annoncé mercredi soir la première ministre Theresa May, lors d'une brève déclaration à la presse faite devant sa résidence officielle du 10 Downing Street.

L'approbation du Conseil des ministres signifie que le débat sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) se déplacera maintenant devant le Parlement, où la colère gronde, notamment au sein du Parti conservateur que dirige Mme May.

Je sais que des jours difficiles nous attendent. C'est une décision qui sera soumise à un examen rigoureux. C'est exactement ce qui doit se produire et c'est totalement compréhensible.

Theresa May, première ministre britannique

Comme prévu, la chef du gouvernement britannique a soutenu que le projet d'accord était « le meilleur qui pouvait être négocié » et qu'il permettrait au Royaume-Uni de « reprendre le contrôle et de construire un avenir plus radieux pour notre pays ».

Il respecte les résultats du référendum sur le Brexit du 23 juin 2016, a ajouté Mme May, et permet au Royaume-Uni de reprendre « le contrôle sur [son] argent, [ses] lois, [ses] frontières et met un terme à la libre circulation [des biens, des services et des capitaux, NDLR], protège [ses] emplois, [sa] sécurité et [son] Union ».

L'autre option aurait été de quitter l'UE sans entente – un scénario connu sous le nom de « hard Brexit » –, ce qui aurait ramené le Royaume-Uni « à la case départ », engendrant « plus de divisions, plus d'incertitudes », a fait valoir la première ministre.

N'empêche, le choix du cabinet a été « difficile », a reconnu Mme May, évoquant particulièrement l'enjeu de l'Irlande du Nord, et sa décision « n'a pas été prise à la légère ».

Un débat qui se transporte au Parlement

La première ministre britannique, arrivée au pouvoir après la démission de son prédécesseur David Cameron à la suite du référendum perdu sur le Brexit, s'est montrée défiante, assurant qu'elle était prête à expliquer sa décision. Une déclaration au Parlement aura lieu jeudi, a-t-elle précisé.

Je dois à ce pays de prendre des décisions qui sont dans l'intérêt national, et je crois fermement, dans ma tête et dans mon coeur, que c'est une décision qui est dans le meilleur intérêt du Royaume-Uni.

Theresa May, première ministre britannique

La déclaration de Mme May est survenue après une période de confusion, le secrétaire d'État à la police, Nick Hurd ayant annoncé que la première ministre ne parlerait finalement pas à la presse, comme cela avait été annoncé. La livre anglaise a perdu de sa valeur face au dollar canadien, au dollar américain et à l'euro avant qu'une porte-parole du gouvernement ne démente l'information.

Vendre le projet de Brexit au Parlement britannique sera une tâche ardue pour la première ministre, puisque de nombreux députés conservateurs y sont ouvertement hostiles. Parmi eux se trouvent l'ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson et le député Jacob Rees-Moog, qui allèguent que le projet d'accord fera du Royaume-Uni un « État vassal » de l'Europe.

Qui plus est, le gouvernement de Mme May est minoritaire et dirige le pays grâce à l'appui des dix députés nord-irlandais du Parti unioniste démocrate (DUP). Le parti soutient qu'il veut d'abord et avant tout que l'Irlande du Nord ne soit pas traitée différemment du reste du Royaume-Uni. Sa cheffe, Arlene Foster, a rencontré Theresa May dans la soirée.

L'UE se félicite d'avoir trouvé une solution pour l'Irlande

« Le gouvernement britannique a pris aujourd'hui, ce soir, sa responsabilité, et maintenant tout le monde des deux côtés doit prendre ses responsabilités », a commenté le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

M. Barnier s'est félicité du fait que les négociateurs des deux camps ont trouvé une solution pour éviter « une frontière dure » entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, qui reste membre de l'UE. Depuis les Accords de paix de 1998, cette frontière n'est que virtuelle, les gens et les biens y circulant librement.

Selon le négociateur européen, le projet d'accord prévoit « un territoire douanier unique » entre l'UE et le Royaume-Uni, au sein duquel les marchandises britanniques auront « un accès sans taxe et sans quotas au marché des 27 ». En outre, l'Irlande du Nord restera alignée sur les normes du marché unique, « essentielles pour éviter une frontière dure », a-t-il précisé.

La question de la frontière irlandaise constituait le dernier point d'achoppement des négociations entre Londres et Bruxelles. Elle risque aussi d'être au coeur du débat qui aura lieu au Parlement; l'idée que le Royaume-Uni fasse toujours partie de cette union douanière est précisément ce que dénoncent Boris Johnson et d'autres adversaires du projet d'accord.

La Commission européenne a publié mercredi les 585 pages du projet d'accord sur le Brexit, permettant à tous de se faire une idée sur ce qu'il contient précisément.

Les dirigeants européens doivent se réunir pour entériner l'entente à leur tour lors d'un sommet qui devrait avoir lieu dans une dizaine de jours. Cette prérogative revient au président du Conseil européen Donald Tusk, qui doit s'adresser à la presse jeudi, après avoir rencontré M. Barnier.

Les parlements européen et britannique devront ensuite ratifier l'accord avant que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ne se concrétise, le 29 mars 2019.

Avec les informations de Agence France-Presse

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