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50 millions pour dépolluer l'ancien dépotoir de Pointe-Saint-Charles

L'ancien dépotoir de Pointe-Saint-Charles contaminé.
L'ancien dépotoir de Pointe-Saint-Charles contaminé Photo: Radio-Canada / Pascal Robidas
Radio-Canada

Deux importants contrats ont été accordés mercredi matin par la Ville de Montréal en vue de donner un nouvel élan à la dépollution – longue et fastidieuse – du parc d'entreprises de la Pointe-Sainte-Charles, érigé sur un site ayant servi de dépotoir pendant une centaine d'années, jusqu'en 1966.

Un texte de Jérôme Labbé

Le premier contrat, évalué à 33,5 millions de dollars, a été signé avec la firme Pomerleau pour la construction d'un écran d'étanchéité en ciment et d'un système de captage des eaux souterraines; le second, estimé à 19,6 millions, a pour sa part été conclu avec le Groupe Unigesco dans le but de construire une usine de traitement des eaux captées.

Autrefois connu sous le nom de Technoparc Montréal métropolitain, le parc d'entreprises de la Pointe-Sainte-Charles se trouve entre le pont Champlain et le pont Victoria, dans l'arrondissement du Sud-Ouest. C'est l'un des sites les plus pollués de la métropole : jusqu’à 16 mètres d’épaisseur de déchets de toutes sortes et de toutes provenances – domestique et industrielle – y ont été enfouis entre 1866 et 1966, dont une quantité importante d’hydrocarbures pétroliers variés (estimée à plusieurs millions de litres) contenant des BPC, apprend-on dans les documents relatifs à la réunion du comité exécutif de mercredi.

Le site, qui appartenait autrefois aux gouvernements fédéral et provincial, a été vendu à la Ville de Montréal en 1989 pour qu'elle y développe un parc de recherche de haute technologie. Aujourd’hui, ces terrains sont partagés entre plusieurs propriétaires, soit : la Ville de Montréal, TATA Communication, Bell mobilité, Cominar et les studios MELS.

Résurgences huileuses

Or, depuis plus d'une vingtaine d'années, on observe « des résurgences huileuses » en bordure de l'autoroute, depuis la berge et dans le fleuve Saint-Laurent, indique le sommaire décisionnel. Pour les contrer, un certain nombre de solutions temporaires ont été mises de l'avant, comme le recours à des estacades, à un mur de confinement et à des puits de récupération.

Ces solutions ne sont désormais plus acceptables. En 2011, une directive d'Environnement Canada a été produite pour demander à la Ville, au ministère québécois de l'Environnement, à la société des Ponts Jacques-Cartier et Champlain incorporée et au CN d'empêcher une fois pour toutes le rejet de contaminants dans le fleuve. C'est à cette directive, relative à la Loi sur les Pêches, que tente aujourd'hui de se conformer la Ville de Montréal.

Le mur d'étanchéité sera construit au nord de la rue Carrie-Derick et dans son prolongement. Cet « écran », qui sera fait de ciment et de bentonite, sera d’une largeur variant de 0,6 m à 1,3 m sur une distance approximative de 1,9 km et d’une profondeur moyenne de 14 m.

Le système de captage des eaux souterraines contaminées, pour sa part, inclura 23 puits de pompage existants répartis le long du mur, des conduites, des chambres de tirage, des câbles et d'autres types d'équipement pour acheminer les eaux captées vers l'usine de traitement, qui sera érigée du côté est de la rue Fernand-Séguin à 350 m au nord de Carrie-Derick.

Le chantier débutera le mois prochain et se terminera, si tout va bien, en juin 2020.

Ces travaux se dérouleront en même temps que ceux du Réseau express métropolitain (REM), qui doit traverser l'ancien dépotoir de déchets dangereux. Le chantier du REM, déjà commencé, affecte « la circulation dans l'ensemble du secteur et même l'accès routier des studios Mels », prévient l'exécutif.

« Une coordination étroite » sera donc requise pour ne pas empirer le problème, conclut le comité exécutif, qui dit avoir prévu « plusieurs mesures de mitigation » pour limiter les impacts des chantiers sur les utilisateurs du réseau routier.

Grand Montréal

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