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Fox News se joint à la poursuite intentée par CNN contre Trump

Des passants circulent devant un immeuble sur lequel on peut voir des publicités de Fox News.
Des passants marchent devant l'immeuble de News Corporation, qui abrite les principaux studios de Fox News, à New York. Photo: Reuters / Eduardo Munoz
Radio-Canada

De nombreux médias américains, y compris la chaîne d'information Fox News, dont plusieurs présentateurs soutiennent ouvertement Donald Trump, se joignent à la procédure judiciaire intentée par CNN contre l'administration Trump pour récupérer l'accréditation d'un de ses correspondants à la Maison-Blanche.

Les accréditations, comme celle retirée la semaine dernière au reporter Jim Acosta, « ne devraient pas être utilisées comme une arme », a déclaré le président de Fox News, Jay Wallace, dans une déclaration publiée mercredi, indiquant que sa chaîne « [soutenait] CNN dans sa démarche en justice ».

Concrètement, Fox News entend intervenir en tant qu'« ami de la cour » (amicus curiae), qui permet à un tiers non directement impliqué dans un litige de se joindre à une procédure en cours, non pas pour obtenir réparation, mais pour faire entendre sa position et soutenir la poursuite.

Bien que nous n'approuvions pas le ton antagoniste croissant employé à la fois par le président et par les médias lors de récents points de presse, nous sommes favorables à une presse libre, à l'accès [des médias au gouvernement] et à des échanges ouverts pour le public américain.

Jay Wallace, président de Fox

Associated Press, Bloomberg, le New York Times, le Washington Post, Politico, USA Today, NBC et d'autres médias ont ensuite annoncé dans une déclaration commune qu'ils interviendront également à titre d'« ami de la cour » dans ce dossier. Fox News s'est aussi jointe à cette déclaration commune.

« Que les nouvelles du jour concernent la sécurité nationale, l'économie ou l'environnement, les journalistes couvrant la Maison-Blanche doivent demeurer libres de poser des questions », ont-ils fait valoir.

Il est impératif que des journalistes indépendants aient accès au président et à ses activités, et que les journalistes n'en soient pas empêchés pour des raisons arbitraires. Nos organisations médiatiques soutiennent le droit constitutionnel fondamental de poser des questions à ce président, ou à n'importe quel président.

Déclaration commune de plusieurs médias

Dans un document judiciaire versé au dossier mercredi, plusieurs responsables du secrétariat à la Justice révèlent que Donald Trump et la Maison-Blanche plaident plutôt qu'ils ont « toute discrétion pour gérer l'accès des journalistes » à la résidence officielle du président américain.

CNN a annoncé mardi qu'elle poursuivait l'administration Trump pour contester le retrait de l'accréditation de son correspondant Jim Acosta, survenue dans la foulée d'un échange houleux avec le président Trump lors d'une conférence de presse le 7 novembre.

La Maison-Blanche se défend

La Maison-Blanche avait affirmé que la décision n'était pas liée aux questions du journaliste, qui soulignait que la campagne Trump avait présenté, de manière exagérée selon lui, comme une menace pour les Américains le convoi de plusieurs milliers de migrants venus d'Amérique centrale en route vers la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, avait justifié ce retrait par ce qu'elle avait présenté comme le comportement déplacé de Jim Acosta envers une jeune stagiaire chargée de récupérer le micro lors de la conférence de presse.

Or, l'administration affirme depuis que c'est plutôt le comportemenent de M. Acosta qui fait défaut.

Face au front commun des médias, mais surtout à la défection d'un allié de poids en la personne de Fox News, l'administration Trump a répliqué mercredi, sans céder un pouce de terrain.

« Le président et la Maison-Blanche ont toute discrétion pour gérer l'accès des journalistes à la Maison-Blanche », ont écrit plusieurs responsables du ministère de la Justice, notamment l'adjoint au ministre, Joseph Hunt, dans un document versé mercredi à la procédure, au nom de l'administration Trump.

Pour ces responsables, la décision de révoquer l'accréditation de Jim Acosta « était légale ».

CNN fait valoir que ce retrait porte atteinte au Premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d'expression et la liberté de la presse.

« Aucun journaliste n'a un droit garanti par le Premier amendement de pénétrer dans la Maison-Blanche », a répondu l'administration Trump dans le document publié mercredi.

« Le raisonnement à l'appui du retrait de l'accréditation de M. Acosta, selon lequel il perturbait l'activité de la presse est évident dans la vidéo » de la conférence de presse, ont fait valoir les responsables du ministère de la Justice.

L’Association des correspondants « inquiète »

L’Association des correspondants de la Maison-Blanche se dit préoccupée par la décision de l’administration de retirer l’accréditation de Jim Acosta, du « jamais vu », selon son président Olivier Knox.

Donald Trump « ne doit pas choisir les gens qui le couvrent », a affirmé M. Knox au micro de Midi Info, en rappelant le premier amendement de la Constitution américaine, censée protéger la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Le président « a dit que c’était à cause d’un manque de respect de la part du journaliste. On peut imaginer que les journalistes qui couvrent la Maison-Blanche vont y réfléchir à deux fois avant de poser une question, quand elle pourrait être vue comme manquant de respect, même si elle est parfaitement dans les normes. »

Selon M. Knox, le boycott des conférences de presse du président ou de sa porte-parole n’est pas la solution. « Nous sommes là, après tout, pour faire chronique de la présidence et du président. C’est quand même lui le personnage le plus puissant de la politique américaine », a-t-il dit.

L’idée de céder les points de presse aux médias amis du président ne me semble pas être une bonne solution.

Olivier Knox, président de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche

De plus en plus de journalistes reçoivent des menaces ou sont harcelés depuis l’accession de Donald Trump à la présidence, a-t-il par ailleurs ajouté. Lui-même, qui agit comme correspondant pour SiriusXM, a reçu une photo de sa maison, dans une tentative de lui faire peur. Il a également reçu une photo d’un charnier de la Seconde Guerre mondiale, avec sa tête collée sur celle d’un cadavre.

Avec les informations de Agence France-Presse

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