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  • Les multiples visages de Louis Riel

    Dessin au crayon du visage de Louis Riel.

    Pionnier de l'affirmation de l'Ouest canadien, défenseur des droits des Autochtones et de la langue française, Louis Riel demeure bien présent dans la mémoire collective.

    Photo : Radio-Canada / Reportage de l'émission Aujourd’hui du 14 mars 1967

    Radio-Canada

    Patriote, martyr, traître et père du Manitoba, la discordance qui entoure le nom de Louis Riel s'est longtemps perpétuée dans l'histoire canadienne. La controverse qui entoure le personnage découle de son rôle prédominant dans la résistance des Métis en 1869 et en 1885. Replongez dans le passé de Louis Riel à travers les différents visages que l'histoire lui attribue.

    Louis Riel, le chef militaire pour la cause des Métis

    Louis Riel naît à Saint-Boniface en 1844 d’une mère francophone de l’Est canadien et d’un père métis. Issus de mariages entre des commerçants de fourrures et des Amérindiennes, les Métis sont, à l’époque, majoritairement francophones.

    Ils tentent de s’affirmer comme un peuple distinct de leurs origines amérindiennes et eurocanadiennes. Comme ils occupent un vaste territoire dans l’Ouest canadien en raison de leur mode de vie nomade, leur économie prospère grâce au commerce et au transport de marchandises.

    Ils vivent néanmoins sur des territoires appartenant à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Lorsque le Canada entre en négociation avec cette dernière pour vendre les terres, les Métis craignent la perte de leurs droits de propriété, de la langue française et de leurs droits religieux.

    C’est dans ce contexte que Louis Riel s’impose comme une figure de proue de la défense de son peuple. En 1869, récemment de retour à Rivière-Rouge au nord de l'actuel Manitoba à la suite de ses études à Montréal, il est plongé dans l’arène politique. On le nomme alors chef des Métis.

    Le 16 octobre 1869, il fonde le Comité national des Métis.

    Mais, rapidement, les Métis veulent prendre les armes pour se faire entendre du gouvernement conservateur canadien. Poussés à la résistance, ils s'emparent du fort Garry, centre du commerce de fourrures au cœur de l'actuelle ville de Winnipeg. Louis Riel devient chef d'un gouvernement provisoire.

    Le gouvernement canadien de John A. Macdonald riposte en envoyant trois commissaires à Rivière-Rouge pour dialoguer avec les Métis.

    Des pourparlers sur l’avenir du territoire sont rapidement entrepris. Après quelques mois, en 1870, la province du Manitoba est créée.

    L'historien Robert Comeau met en contexte l’avènement de Louis Riel et la résistance de 1869 à l’émission radio Au fil du temps du 9 janvier 1992.

    Au fil du temps (audio), 9 janvier 1992

    À la demande du journaliste André Champagne, Robert Comeau présente également le récit biographique du chef des Métis.

    Louis Riel, l’homme derrière le personnage

    On parle souvent des exploits de Louis Riel en se basant sur les dates et les faits. Mais il existe une image plus intime de l’homme qu’était Louis Riel.

    Louis Riel a une vision. Il veut un pays égalitaire, un refuge pour ceux qui ne savent pas où aller.

    Il se hisse à la tête des Métis en raison de son éducation, de sa révolte pour le manque de reconnaissance des droits de son peuple par le gouvernement fédéral et de sa volonté de protéger leurs droits linguistiques et religieux.

    Au dire de plusieurs, c’est un homme passionné, humble, à la sensibilité vive, tout en étant un chef de guerre militaire très puissant.

    L’honorable Roger Teillet, Jean-Louis Roux, Rossel Vien et Jean Allard dévoilent un portrait plus personnel du héros au journaliste Jean Ducharme à l’émission Aujourd’hui du 14 mars 1967.

    Aujourd’hui, 14 mars 1967

    Un des interlocuteurs estime que Louis Riel serait devenu un champion de l’unité bilingue du pays s'il avait vécu dans un autre contexte que celui des troubles de l’Ouest canadien.

    Nonobstant les aspects contradictoires qui façonnent l’image du personnage, les invités s’entendent pour parler de la dimension extraordinaire de l’homme.

    L’héritage du défenseur des Métis et de la langue française

    La contribution de Louis Riel à l'histoire canadienne est célébrée chaque année à travers l’Ouest canadien le jour de son exécution, le 16 novembre.

    La communauté métisse du Canada et les francophones de l'Ouest se réclament tous deux de l’héritage de Riel. Pionnier de l'affirmation de l'Ouest canadien, défenseur des droits des Métis et de la langue française, le chef métis demeure bien présent dans la mémoire collective.

    Mais son héritage demeure difficile à saisir pour certains. Il est longtemps considéré comme un traître, un révolté et un fanatique.

    L’ambiguïté de son image a nui aux nombreuses tentatives de le réhabiliter comme une figure historique prééminente dans l’histoire de l’Ouest canadien.

    Finalement, plus de 100 ans après son exécution, les députés adoptent une résolution le 10 mars 1992. Elle reconnaît le rôle historique de Louis Riel comme fondateur de la province du Manitoba.

    Dix ans plus tôt, l'Acte constitutionnel de 1982 reconnaît les Métis comme l'une des trois nations autochtones au Canada. Il s’agit d’une étape importante pour ce peuple laissé dans un vide juridique depuis le 19e siècle.

    L’héritage de Louis Riel reste donc bien vivant. Et une conclusion s’impose. Considérant les opinions, les interprétations, les controverses que motivent toujours le personnage et sa cause, l’affaire Riel ne sera jamais tout à fait classée.

    À l’émission Le Point du 7 décembre 1983, les journalistes Marc Berthiaume, Gabriel Durocher et Éric Batalla se penchent sur l’évolution des causes défendues par Louis Riel.

    Le Point, 7 décembre 1983

    Louis Riel symbolise l'antagonisme entre l'Ouest et l'Est du pays, entre les Blancs et les Autochtones, entre Canadiens français et Canadiens anglais.

    Peu importe le visage que l’on prête au personnage, Louis Riel incarne, 133 ans après sa mort, la force du symbole et de la résistance en faveur des Métis et du français au Canada.

    Quelques notes biographiques :

    • Aîné d'une famille de neuf enfants, Louis Riel voit le jour le 22 octobre 1844 dans la colonie de Rivière-Rouge.
    • Il serait devenu le premier prêtre métis s’il avait fini ses études au Collège de Montréal.
    • En 1875, malgré une amnistie générale pour la résistance de 1869, Louis Riel doit s'exiler aux États-Unis pendant cinq ans.
    • Il est interné dans des hôpitaux psychiatriques entre 1876 et 1878.
    • Dès 1878, il commence son exil au Montana.
    • En 1881, il épouse une Métisse, Marguerite Monet Dit Bellehumeur. Ensemble, ils auront deux enfants.
    • En juin 1884, une délégation de ces Métis rencontre Louis Riel aux États-Unis. Elle le convainc de former un nouveau gouvernement provisoire et de tenter d'obtenir des titres pour leurs terres.
    • En mai 1885 a lieu la bataille de Batoche entre l’armée canadienne et les Métis. Ces derniers ressortent perdants et Louis Riel est capturé.
    • En juillet 1885, à Regina, Louis Riel est accusé de haute trahison envers le gouvernement canadien et condamné après un procès de sept jours.
    • Louis Riel est pendu le 16 novembre 1885, à l'âge de 41 ans.
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