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La FSIN soutient un magasin de cannabis sans permis provincial

Un plant de cannabis dans une salle noire.
La Première Nation Muscowpetung s'est basée sur les traités pour créer sa propre réglementation sur le cannabis. Photo: iStock
Radio-Canada

Au nord-est de Regina, la Première Nation Muscowpetung a ouvert un point de vente de cannabis sans détenir de permis, mardi. Elle a le soutien de la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN), mais pas de la province, pour qui ce magasin est illégal.

Le magasin Mino-Maskihki Cannabis Dispensary est ouvert aux membres de la communauté et aux personnes consommant du cannabis médicinal. Il sera accessible au grand public mercredi.

Le ministre de la Justice, Don Morgan, rappelle que le gouvernement fédéral a donné à chaque province la responsabilité de créer et de mettre en oeuvre des règles pour la vente de cannabis, ce qui inclut les Premières Nations.

J'exhorte la Première Nation Muscowpetung à cesser la vente de cannabis.

Don Morgan, ministre de la Justice

« Si quelqu’un créait un magasin de revente de cannabis sans permis provincial, ce ne serait pas légal, ce ne serait pas autorisé », dit M. Morgan.

Selon Don Morgan, de nouveaux permis devraient probablement être offerts dans les prochains mois. Tous ceux qui veulent ouvrir un magasin, y compris les habitants de la Première Nation Muscowpetung, devraient faire une demande pour un permis plutôt que de nuire à sa propre réputation en ouvrant un magasin illégal.

Le ministère de la Justice laissera la Régie des alcools et des jeux de hasard de la province (SLGA) décider comment gérer ce magasin. « Je ne veux pas que cela devienne une exécution forcée de la loi », ajoute le ministre, en précisant que l'enjeu concerne le respect du processus d'obtention des permis de vente du cannabis.

Pour la FSIN, le gouvernement provincial n’a pas le droit d’empêcher la Première Nation Muscowpetung d’avoir son propre règlement sur le cannabis. Le chef Bobby Cameron annonce que la province fera face à des poursuites judiciaires si elle choisit de « violer les droits inhérents et des traités » de la communauté.

Nous nous tiendrons aux côtés de Muscowpetung pour soutenir leur autonomie et leur souveraineté, basées sur nos traités sacrés.

Bobby Cameron, chef de la FSIN

Dans un communiqué, la Première Nation Muscowpetung déclare qu’en attendant elle aimerait que le Canada réponde à sa demande « dans l’esprit de réconciliation, de négocier la compétence des Premières Nations sur le cannabis ».

Une réglementation du cannabis créée sur mesure

La Première Nation a adopté sa propre réglementation le 12 novembre, indique le communiqué. Un porte-parole ajoute que 86 % des membres ont voté pour celle-ci.

Le 6 novembre, une lettre du chef Anthony Cappo demandant aux membres de la communauté de voter pour le règlement s’appuyait sur des éléments des traités autochtones pour justifier sa démarche. « Les dirigeants élus comprennent qu’en tant que nation souveraine, selon les traités, Muscowpetung a l’autorité de réglementer l’usage et la vente de cannabis au sein de sa Nation », dit la lettre.

M. Cappo précise que les dirigeants de la Première Nation ont consulté les aînés et l'équipe juridique pour « s’assurer que cette initiative repose sur les arguments juridiques les plus solides possible ».

Favoriser le soin et le développement économique

La lettre explique que le règlement garantit l’accessibilité au cannabis et la consommation responsable et sécuritaire, autant pour le cannabis récréatif que médicinal.

La Première Nation dit qu’elle se servira du cannabis pour « mettre en oeuvre des projets avantageux pour la communauté ». Elle utilisera les découvertes les plus récentes pour déterminer ses vertus curatives, notamment en matière de santé mentale, de gestion du diabète et de traitements contre le cancer. Cette démarche est soutenue par la FSIN, qui dit vouloir chercher différentes manières de réduire les risques liés au traitement des maladies chroniques et des dépendances.

La recherche montre que les dépendances sont liées aux traumatismes de l’enfance.

Anthony Cappo, chef de la Première Nation Muscowpetung

M. Cappo affirme que le cannabis peut être utilisé comme un médicament. Il pourrait soigner les dépendances liées aux traumatismes de longue date liés subies par la communauté et à l’époque des pensionnats autochtones.

« L’histoire de notre peuple et les séquelles des pensionnats autochtones imposés par le gouvernement sont remplies de traumatismes et de leurs conséquences », poursuit le chef.

Selon lui, la vente de cannabis permettrait aussi favoriser l’économie de la Première Nation, notamment en créant de nouveaux emplois. Elle pourrait aussi permettre d’injecter de l’argent dans des programmes qui ne sont pas suffisamment financés, notamment en matière de santé mentale ou ceux qui s'adressent aux jeunes et aux aînés.

Saskatchewan

Autochtones