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Deux jeunes accusés du meurtre d’un adolescent à L'Île-des-Sœurs

Groupe de personnes dans un couloir
Les deux jeunes ont été accusés de meurtre non prémédité en Chambre de la jeunesse. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Deux adolescents, un garçon et une fille âgés de 17 ans, ont comparu mercredi en Chambre de la jeunesse, à Montréal, où ils ont été accusés du meurtre non prémédité d'un jeune de 17 ans retrouvé sans vie lundi dans un boisé de L'Île-des-Sœurs.

Ils seront détenus dans un centre jeunesse en attendant de comparaître à nouveau en Chambre de la jeunesse le 21 novembre. D'autres audiences suivront pour déterminer s'ils doivent être remis en liberté.

La poursuite a demandé qu'ils soient assujettis à une peine pour adultes s'ils sont déclarés coupables.

« Pour un adolescent, le maximum, c'est sept ans; pour un meurtre, aux adultes, c'est la prison a perpétuité », a précisé la procureure de la poursuite, Sophie Lamarre.

« C'est une procédure qui se fait quasi de routine lorsque des accusations comme celles-là sont déposées, indique pour sa part l'avocate d'un des deux accusés, Danielle Roy. Maintenant, ça doit répondre à certains critères, et il est certain que nous allons contester vigoureusement l'assujettissement. »

Une quinzaine de proches de la victime ont assisté à la comparution, de même que des membres des familles des accusés.

Les suspects avaient été arrêtés mardi soir par des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Des perquisitions ont été menées à leur domicile respectif.

La victime a été retrouvée sans vie lundi matin à cinq minutes de marche de son domicile, dans un boisé du Domaine Saint-Paul. Le jeune homme d'origine marocaine, qui était aux études et travaillait dans des commerces du secteur pour gagner un peu d'argent, aurait été tué d'un coup de couteau porté à l'artère fémorale, selon  les résultats de l'autopsie.

Après une première inspection de la scène, les enquêteurs avaient d’abord considéré que sa mort était accidentelle, jusqu’à ce qu'ils découvrent une blessure au bas du corps.

« Plusieurs hypothèses ont été émises, dont celle d’une mort accidentelle, a indiqué un porte-parole du SPVM, Manuel Couture. Le corps a été envoyé pour une autopsie et les résultats de l’autopsie nous ont confirmé qu’il s’agissait d’un homicide. »

« Une analyse de la scène [de crime] a été faite, plusieurs personnes ont été rencontrées et très rapidement ça a permis d’arrêter les deux suspects », a poursuivi le porte-parole.

Il s'agit du 27e homicide de l'année sur le territoire du SPVM.

Mobilisation pour venir en aide à la mère de la victime

Un policier, un ambulancier et un médecin dans un boiséLe corps de l’adolescent a été retrouvé tôt lundi matin à l'île des Soeurs. Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Des membres de la communauté de L'Île-des-Soeurs se sont mobilisés au cours des dernières heures pour lancer une campagne de sociofinancement destinée à venir en aide à la mère de la victime, une éducatrice en garderie monoparentale.

La femme avait quitté le Maroc avec ses deux fils pour venir s'installer au Québec il y a une décennie. Ils vivaient à L'Île-des-Sœurs depuis environ huit ans. De nombreux résidents de L’Île-des-Sœurs l'ont décrite comme une femme généreuse et très impliquée dans sa communauté.

« Elle vit des moments très difficiles. Cela dit, nous avons lancé une campagne de financement sur LaunchGood.com », a déclaré à RDI Mourad Bendjennet, du Centre islamique Al-Jazira de L’Île-des-Sœurs. Environ 20 000 $ avaient été amassés en soirée mercredi.

Une soirée de soutien à la famille

Une foule dans une salle communautairePlusieurs personnes ont assisté à la soirée de soutien à la famille de l'adolescent assassiné à l'Île-des-Sœurs. Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Une veillée à la mémoire de la victime s'est déroulé en soirée au Centre Elgar, à L'Île-des-Sœurs, à laquelle ont participé plusieurs dizaines de personnes, dont de nombreux adolescents et des membres de la communauté marocaine. La mère y a reçu les condoléances des proches et du public.

Le maire de Verdun Jean-François Parenteau, dont le fils côtoyait à l’école l’adolescent tué, a imploré l’assemblée de ne pas se laisser envahir par la colère et le sentiment de vengeance. « Il faut répondre par l’amour », a-t-il lancé. « La seule chose qu’on peut faire, c’est d’être présent, rempli d’amour, rempli de compassion. »

« Une personne ne doit pas partir en vain », a-t-il ajouté, estimant que « des gestes de violence comme ça, ça parle de quelque chose » qu’il faut savoir entendre.

La députée provinciale Isabelle Melançon a renchéri sur ces mots, estimant que l’on « doit continuer de parler (de violence) à la maison, à nos jeunes », pour que l’on « continue de croire en un futur de paix ».

« Aujourd’hui, c’est un pas qu’on franchit ensemble contre la violence », en se réunissant, a dit Mme Melançon, en invitant les gens, et particulièrement les jeunes, à laisser libre cours à leurs émotions.

Mon vœu ce soir, c’est de vous souhaiter toute la paix et le courage pour traverser cette épreuve, entourée de tous les vôtres. Nous sommes tous des frères et des sœurs.

Isabelle Melançon, députée de Verdun

Le député fédéral Marc Miller a assumé être « rempli de rage », mais a rappelé tout l’amour qui entourait la famille en cette soirée.

« C’est notre devoir ultime de vous garder en sécurité, et nous avons failli à ce devoir. Je vous présente mes excuses personnelles, a-t-il dit à la famille. Sachez que nous allons réfléchir aux causes de ce drame. »

La consule générale du Maroc à Montréal, Habiba Zemmouri, a indiqué que le Royaume du Maroc prenait en charge tous les frais funéraires ainsi que le rapatriement au pays, afin que l’adolescent y soit inhumé.

Des adolescents assis au solPlusieurs adolescents sont venus partager leur douleur lors de la soirée de soutien à la famille. Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

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