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Le ministre israélien de la Défense démissionne pour protester contre le cessez-le-feu avec le Hamas

Gros plan sur le visage d'Avigdor Lieberman.
Le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a remis sa démission mercredi. Photo: Getty Images / Alex Wong

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a démissionné du gouvernement de Benyamin Nétanyahou pour dénoncer le cessez-le-feu conclu mardi avec les combattants du Hamas dans la bande de Gaza, dénonçant une « capitulation devant le terrorisme ».

Avidgor Lieberman estime que son gouvernement compromet la sécurité de l’État en mettant un terme, trop tôt selon lui, aux bombardements de positions du Hamas dans la bande de Gaza.

L'État achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme pour la sécurité nationale.

Avigdor Lieberman, ministre de la Défense d'Israël

« Si je reste à mon poste, je ne pourrai plus regarder dans les yeux les habitants du sud du pays », a ajouté Avigdor Lieberman.

Depuis dimanche soir, la bande de Gaza était la cible de violents bombardements israéliens en réponse à des centaines de tirs de roquettes palestiniennes à la suite d'une opération secrète des forces spéciales qui a mal tourné à Gaza, faisant au moins sept morts dans les rangs du Hamas.

La démission d'Avigdor Lieberman a été saluée par le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, comme une importante victoire politique pour les Palestiniens.

La coalition gouvernementale fragilisée

Avigdor Lieberman ne quitte pas le gouvernement Nétanyahou seul.

Son parti, Israël Beytenou (Israël notre maison), une formation d'extrême droite, retire également son appui au gouvernement, ce qui laisse une mince majorité de 61 sièges sur 120 à la coalition du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

L'ex-ministre de la Défense a d'ailleurs appelé à la tenue d'élections anticipées « le plus tôt possible », alors que la législature actuelle doit normalement s'achever en novembre 2019.

Benyamin Nétanyahou défend sa décision

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou parle aux journalistes.Le premier ministre d'Israël Benyamin Nétanyahou affirme qu'il a accepté un cessez-le-feu à la suite des recommandations de son cabinet et de l'armée. Photo : Reuters / Ronen Zvulun

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a défendu mercredi sa décision d’observer ce cessez-le-feu par la nécessité de prendre un certain recul par rapport à l’engagement d’Israël dans une nouvelle guerre contre le Hamas.

Affirmant avoir agi en conformité avec les recommandations de son cabinet et de l’armée, le premier ministre israélien a expliqué qu’il voit la sécurité d’Israël d’un angle plus global et que c’est son gouvernement qui dicte les conditions qui conviennent à la sécurité d’Israël et non pas le Hamas.

« Nos ennemis ont supplié pour obtenir un cessez-le-feu et ils savent bien pourquoi », a déclaré M. Nétanyahou qui assistait à une cérémonie commémorative à la mémoire de David Ben-Gourion.

Faisant allusion à la démission de son ministre de la Défense qui désapprouvait ce cessez-le-feu, Benyamin Nétanyahou a ajouté : « Dans des moments comme celui-ci, le leadership n'est pas une chose facile. […] Le leadership, c'est de faire ce qu'il faut, même si cela nous mérite parfois des critiques. »

Pluie de bombes et de roquettes

Un raid israélien fait exploser une station de télévision du Hamas à Gaza. L'Égypte a réussi à calmer les deux belligérants.Un raid israélien fait exploser une station de télévision du Hamas à Gaza. Photo : Reuters / Ahmed Zakot

Mardi en fin de journée, le gouvernement d’Israël et le Hamas ont convenu de suspendre les violents échanges de tirs qui duraient depuis deux jours à la frontière qui sépare Israël de la bande de Gaza à la faveur de négociations encouragées par l’Égypte.

Les bombardements israéliens sur Gaza et les tirs de centaines de roquettes palestiniennes se succédaient depuis dimanche soir, à la suite d’une incursion israélienne dans la bande Gaza qui a mal tourné.

En deux jours, plus de 400 roquettes ou obus de mortier ont été tirés sur Israël, qui a riposté par des tirs d'artillerie et des bombardements aériens contre des positions du Hamas.

Au moins 14 Palestiniens ont été tués par les frappes israéliennes, selon l'Agence France-Presse. Un officier israélien et un Palestinien qui travaillaient en Israël ont par ailleurs été tués par des tirs de roquettes, qui ont aussi fait plusieurs blessés en Israël.

Il s’agit des combats les plus intenses qu’on ait observés dans la région depuis la guerre de 2014 entre Israël et le Hamas.

En juillet 2014, Israël avait lancé une vaste opération terrestre et aérienne dans la bande de Gaza pour mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas, qui tentait de forcer Israël à lever son blocus contre l’enclave où vivent plus de 1,8 million de Palestiniens, coupés du monde extérieur.

La guerre avait pris fin le 26 août à la suite de la conclusion d'un fragile cessez-le-feu.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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