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  • Envoyé spécial
  • Chine : Trudeau a des discussions « franches et ouvertes » sur des dossiers délicats

    Le premier ministre canadien Justin Trudeau s’est entretenu avec son homologue chinois Li Keqiang, le 14 novembre 2018, à Singapour.

    Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

    Radio-Canada

    Même si le Canada n'a pas annoncé de progrès concrets en ce qui a trait au libre-échange avec la Chine, les deux pays continuent d'intensifier leurs relations commerciales. Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré mercredi son homologue chinois Li Keqiang et a abordé avec lui certains enjeux délicats.

    Un texte de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire et animateur du balado Mêlée politique

    La rencontre a duré environ une heure. Devant les caméras, les deux premiers ministres se sont donné une poignée de main chaleureuse. Ils ont échangé quelques mots d’usage avant de discuter derrière des portes closes.

    Dans un communiqué de presse commun publié quelques heures après la rencontre, le bureau du premier ministre explique que MM. Trudeau et Li ont eu une conversation « franche et ouverte au sujet des droits de la personne, de la liberté d’expression et de la liberté de religion ».

    Le premier ministre Trudeau a aussi exprimé ses préoccupations concernant la situation dans laquelle se trouvent les Ouïgours, une minorité musulmane victime de persécutions en Chine.

    Lors de sa visite en Chine l’an dernier, des dirigeants chinois avaient semblé agacés par la volonté de M. Trudeau de mettre les droits des femmes, des travailleurs et des peuples autochtones à l'ordre du jour.

    Selon le communiqué, MM. Trudeau et Li se sont aussi « engagés à continuer de promouvoir le multiculturalisme, le libre-échange et l’ordre international fondé sur des règles », notamment en approfondissant « leur collaboration dans le cadre de forums bilatéraux et multilatéraux, dont l’Organisation mondiale du commerce ».

    S’attaquer au plastique

    L’un des sujets sur lesquels la Chine et le Canada se sont entendus, c’est la réduction de la pollution du plastique.

    Les premiers ministres Trudeau et Li ont aussi fait une déclaration commune qui prévoit que les deux pays s’efforceront de réduire le recours inutile aux plastiques à usage unique, comme les pailles, et à permettre la collecte, la réutilisation, le recyclage, la récupération ou l’élimination écologique des plastiques.

    Libre-échange : Toujours aucun échéancier

    « Rappelons-nous que le commerce n’est pas un événement précis, ce n’est pas une journée, a affirmé le ministre du Commerce international du Canada, Jim Carr, à la sortie de la rencontre. C’est un continuum de conversations. »

    Le ministre Carr est également resté vague au sujet des demandes progressistes faites par le Canada, comme celles qui concernent la lutte contre les changements climatiques, l’égalité homme-femme et le respect des droits de la personne. Ottawa pourrait-il faire des compromis à cet égard? Le ministre n’a pas voulu se mouiller.

    Les deux pays continuent leurs « discussions exploratoires ».

    Cela n’empêchera pas les échanges commerciaux avec le géant chinois de s’intensifier. Les avancées se feront toutefois par secteurs, « comme l'agriculture, l'énergie et les technologies propres », selon le communiqué publié après la rencontre bilatérale.

    À cet égard, le ministre a rappelé qu’il s’était rendu plus tôt cette semaine en Chine et que « les deux pays ont convenu de travailler ensemble afin de doubler le commerce agricole d’ici 2025, de parvenir à des accords à court terme sur des secteurs prioritaires tels que l’agriculture et l’énergie ».

    Justin Trudeau et son homologue de Singapore marchent côte à côte.

    Le premier ministre canadien Justin Trudeau et son homologue de Singapore, Lee Hsien Loong, se prêtent à une séance de signatures protocolaires.

    Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

    Tourner la page

    La rencontre bilatérale tenue à Singapour mercredi représente le troisième dialogue annuel des dirigeants.

    Le professeur de géopolitique au département de géographie de l'Université du Québec à Montréal et codirecteur de l'Observatoire de l'Asie de l'Est, Éric Mottet, croit que le premier ministre devait saisir cette occasion « pour réparer les pots cassés ».

    « Lors de sa visite l’année dernière, Justin Trudeau avait dit des choses qui auraient dû se dire en privé, et non sur la place publique, explique M. Mottet. C’est ce qui a vraiment irrité le gouvernement chinois lors de cette visite. »

    La volonté du gouvernement Trudeau est peut-être de reprendre les discussions et de faire en sorte que le climat soit plus cordial et plus constructif.

    Éric Mottet, professeur de géopolitique au département de géographie de l'Université du Québec à Montréal

    Selon M. Mottet, la Chine est un acteur incontournable, « c’est d’ores et déjà le deuxième partenaire économique du Canada et le potentiel reste très important sur le plan économique ».

    En 2017, le commerce bilatéral de marchandises s'est chiffré à près de 94,5 milliards de dollars, ce qui représente 8,4 % de l'ensemble des échanges commerciaux du Canada, selon le gouvernement.

    Plus rapide avec l’ANASE

    S’il n’y a toujours aucun échéancier fixé pour la suite des pourparlers avec la Chine en matière de libre-échange, Justin Trudeau veut passer à la vitesse supérieure avec les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).

    Lors d’un dîner de travail, mercredi, au Sommet de l’ANASE, à Singapour, le premier ministre a dit espérer que les discussions exploratoires en vue d’un accord de libre-échange avec ce groupe de dix pays se termineront au printemps 2019, ce qui ouvrira la porte à des négociations officielles.

    Le premier ministre a aussi profité du sommet de l’ANASE pour discuter avec le vice-président américain Mike Pence. Selon le Bureau du premier ministre, M. Trudeau a abordé le dossier des tarifs douaniers sur l’acier et l'aluminium.

    Justin Trudeau a aussi discuté avec la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, et le premier ministre indien Narendra Modi.

    Accords commerciaux

    International