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Un Métis retourne étudier à 67 ans pour transmettre sa culture à ses descendants

Un homme porte des lunettes et est assis sur un sofa.

Alexander Pelletier espère que ceux qu'il considère comme ses petits-enfants seront fiers de leurs origines.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un Métis de 67 ans retournera en janvier à l'Université de Regina en études autochtones, pour se réapproprier sa culture et la transmettre à ses descendants.

Un texte de Leïla Jolin-Dahel

Alexander Pelletier s’est toujours dit que, à sa retraite, il retournerait à l’université afin d'en apprendre un peu plus sur son peuple et son histoire.

Celui qui est arrivé à Regina il y a une trentaine d’années a grandi au sein d’une communauté métisse du Manitoba, où il a été élevé en anglais dans la foi catholique.

Il confie que, durant son enfance, ses parents ne parlaient jamais de leurs racines autochtones à la maison.

C’est en écoutant ses parents discuter entre eux qu’Alexander Pelletier a appris le michif, qui consiste en un mélange de français et de cri. Il confie qu’ils s’adressaient toutefois à lui et à ses frères et sœurs en anglais.

« Je ne me souviens pas que mon père et ma mère m'aient parlé michif. Je suis émerveillé de pouvoir le parler autant, et ma famille également, car cela ne nous a jamais été enseigné », constate-t-il.

« Je ne blâme pas mon père et ma mère. Ils l’ont probablement fait pour nous protéger et essayer de nous faciliter la vie, car ils savaient que si vous avez la peau sombre, vous allez subir du harcèlement. Ma mère et mon père n’avaient aucune éducation, ils ne savaient pas lire, pourtant, ils savaient ce genre de choses », explique-t-il en ajoutant qu’aujourd’hui, ses parents seraient probablement fiers de voir qu’il maîtrise la langue de ses ancêtres à « environ 75 % ».

Une « âme perdue » à la recherche de sa voie

Alexander Pelletier a longtemps cherché un sens à sa vie. « J’étais à la recherche d’amour et de mon identité. C’est ce que j’ai cherché toute ma vie », explique-t-il.

J’ai été une âme perdue pendant très longtemps.

Alexander Pelletier

Selon lui, le fait de renouer avec ses racines fait partie de son propre processus de vérité et réconciliation.

Il souhaite aujourd’hui transmettre sa langue et sa culture à ceux qu’il considère comme ses petits-enfants, ayant adopté la fille de sa sœur, qu’il a élevée comme si c'était la sienne.

Il espère qu’ils n’auront pas honte de leurs origines.

« Ils devraient toujours être fiers et en apprendre davantage sur leur culture. Je souhaite qu’ils n’aient jamais à vivre ce par quoi je suis passé », dit-il avec émotion.

Il considère toutefois n’avoir aucun regret quant à son passé. « Si je n’avais pas tiré de les leçons de tout cela, je ne serais pas où je suis aujourd’hui », conclut-il, philosophe.

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