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D'autres meurtriers ont transité par les pavillons de ressourcement autochtones

Terri-Lynne McClintic.
Terri-Lynne McClintic n'est pas la seule tueuse d'enfants à avoir séjourné dans un pavillon de ressourcement pour femmes autochtones. Photo: La Presse canadienne
Radio-Canada

Terri-Lynne McClintic, coupable d'avoir tué la petite Victoria Stafford, ne serait pas la seule meurtrière d'enfant à avoir séjourné dans un pavillon de ressourcement pour détenus autochtones pendant qu'elle purgeait sa peine d'emprisonnement, a appris l'émission Power and Politics de CBC. Au total, plus d'une vingtaine de ces meurtriers y ont effectué de tels séjours.

La révélation, par le père de Victoria Stafford, Rodney, que Mme McClintinc avait été transférée au pavillon de ressourcement Okimaw Ohci pour femmes autochtones avait soulevé un tollé.

À la Chambre des communes, les conservateurs avaient déposé une motion, éventuellement battue, qui exigeait que le gouvernement libéral condamne ce transfert et l'annule. Le premier ministre Justin Trudeau avait alors accusé ses adversaires politiques d'agir comme des « chasseurs d'ambulances ».

Selon des données fournies par Sécurité publique Canada, plus d'une vingtaine de tueurs d'enfants ont séjourné dans des pavillons de ressourcement depuis 2011, dont au moins 14 sous l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Mme McClintic a pour sa part repris le chemin d'une prison d'Edmonton, la semaine dernière.

En date du 11 septembre dernier, 11 personnes reconnues coupables du meurtre d'un mineur au premier ou au second degré purgeaient des peines dans des pavillons de ressourcement, a mentionné le porte-parole de la Sécurité publique, Scott Bardsley.

Entre les exercices financiers 2011-2012 et 2018-2019, 22 tueurs d'enfants ont séjourné dans de tels endroits.

De 2011-2012 à 2014-2015, lorsque les conservateurs Vic Toews et Stephen Blaney étaient ministres de la Sécurité publique, 10 nouveaux criminels ont transité par des pavillons de ressourcement.

Depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir en 2015, on compte quatre de ces cas, dont Mme McClintic. Impossible de savoir si les transferts de trois meurtriers, en 2015-2016, ont eu lieu sous un gouvernement conservateur ou libéral.

Libéraux et conservateurs s'accusent mutuellement

Chez les conservateurs, on ne remet pas en question les données transmises par la Sécurité publique.

« Notre gouvernement conservateur a agi rapidement lors de toutes les occasions où ce genre de mauvaise décision dans le système de justice criminelle était connue », a assuré Brock Harrison, porte-parole du chef conservateur Andrew Scheer.

M. Harrison s'est toutefois révélé incapable de nommer un cas où les conservateurs auraient renversé une décision de ce genre, évoquant plutôt le retrait d'autres privilèges et avantages consentis aux tueurs Clifford Olson et Paul Bernardo.

Selon M. Harrison, le gouvernement libéral a tardé à agir dans le cas de Mme McClintic.

En entrevue la semaine dernière à l'émission Power and Politics, Karen McCrimmon, porte-parole de l'actuel ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale, a critiqué les conservateurs pour ne pas avoir réglé la question des pavillons de ressourcement pendant leur passage au gouvernement.

« Ils ont eu 10 ans pour [régler le problème], et ils ne l'ont pas fait. »

La semaine dernière, le ministre Goodale a annoncé le resserrement des critères entourant les transferts vers des pavillons de ressourcement. En vertu de la nouvelle politique, ces transferts devront être autorisés par la commissaire adjointe pour les femmes de Service correctionnel Canada, qui devra à son tour s'assurer que les communautés autochtones participent aux recommandations entourant ces transferts.

Que sont les Pavillons de ressourcement?

Dans ces établissements correctionnels destinés aux détenus autochtones, tout est conçu en harmonie avec les valeurs, les traditions et les croyances des Premières Nations, notamment avec les principes de justice et de réconciliation tels que les Autochtones les conçoivent.

Les services correctionnels y sont offerts dans une perspective holistique et spirituelle. Plus particulièrement, au Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci, l'organisation est circulaire et non hiérarchique. Le lieu le plus important est le pavillon spirituel, où se tiennent les enseignements, les cérémonies et les ateliers avec les aînés.

Source : Service correctionnel du Canada

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