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À l'aube de l'hiver, des travailleurs de rue de Moncton craignent pour la vie des sans-abri

Un itinérant, dehors, est assoupi sur la neige.
Il y a de nombreux itinérants à Moncton, soulève des intervenants du milieu. Photo: CBC

Des travailleurs de rue sonnent l'alarme sur l'itinérance à Moncton. Si rien n'est entrepris d'urgence, on craint que des sans-abri ne puissent survivre au froid hivernal.

Si rien ne change cet hiver, nous allons avoir des morts, lance Lisa Ryan, directrice des programmes de sensibilisation pour le YMCA du Grand Moncton.

Elle souligne que de nombreux itinérants sont laissés à eux-mêmes et doivent vivre et dormir dehors, malgré le froid. Nous avons des gens qui dorment sous des patios dans des bâtiments abandonnés.

Il y a environ 120 itinérants à Moncton, estime-t-elle.

Une photo de Lisa Ryan.Lisa Ryan est directrice des programmes de sensibilisation pour le YMCA du Grand Moncton. Photo : Vanessa Blanch / CBC

Ils n'ont pas de vestes d'hiver, ils n'ont pas de sacs de couchage d'hiver, leurs tentes sont pleines de trous.

Lisa Ryan, directrice des programmes de sensibilisation pour le YMCA du Grand Moncton.

Deux fois plus d’itinérants

Charles Burrell est fondateur et président du Humanity Project. Il sert chaque jour un repas gratuit à plus de 100 personnes à Moncton.

Une photo de Charles Burrell.Charles Burrell est le fondateur du Humanity Project. Photo : Vanessa Blanch / CBC

Il estime que le nombre de personnes dans les rues a doublé cet automne par rapport à l'an dernier. Il ajoute que la majorité des gens qui vivent à l’extérieur ne sont pas équipés pour affronter le froid.

C'est une crise.

Charles Burrell, fondateur et président du Humanity Project

L'hiver dernier, ses bénévoles et lui ont gardé le refuge ouvert 24 heures sur 24 lors des journées particulièrement froides. Selon lui, cette initiative a bien fonctionné. Il envisage d’offrir un tel refuge de façon permanente, mais il faudra un engagement de la part de la collectivité.

Un manque de logements important

Pour sa part, Darcy Cormier, coordonnatrice du développement communautaire au Comité directeur des sans-abri du Grand Moncton, estime que le coût du loyer à Moncton est trop élevé.

Aucune personne qui touche des prestations d'aide sociale ne peut se permettre quoi que ce soit qui ne soit pas lié à une subvention ou qui soit au-delà d'une chambre.

L’offre de chambres à louer serait aussi en baisse depuis que plusieurs maisons de chambres ont été démolies ces dernières années.

Je dirais que nous sommes dans une situation assez désespérée ici à Moncton.

Darcy Cormier, coordonnatrice du développement communautaire au Comité directeur des sans-abri du Grand Moncton

De l’aide en avril

Les groupes sans but lucratif attendent plusieurs financements de la part des gouvernements. En 2017, le gouvernement fédéral avait mis de côté une somme de plusieurs milliards de dollars pour l’accès aux logements abordables.

Toutefois, la Ville de Moncton dit que cet argent ne sera pas octroyé aux provinces avant avril 2019.

Une photo de Darcy Cormier.Darcy Cormier est coordonnatrice du développement communautaire au Comité directeur des sans-abri du Grand Moncton. Photo : Vanessa Blanch / CBC

Je pense que ce serait idéal si la Ville pouvait prendre l'initiative de rassembler les gens - ont-ils de l'argent pour les situations d'urgence ?, se questionne Darcy Cormier.

Entre-temps, Moncton connaît un niveau presque critique de gens qui dorment encore à l'extérieur.

Darcy Cormier, coordonnatrice du développement communautaire au Comité directeur des sans-abri du Grand Moncton

La mairesse Dawn Arnold répète que la Ville a un plan, mais que celui-ci est mis sur pause en attendant le financement.

Jeudi dernier, un campement d’itinérants a été démoli pour des raisons de sécurité à Moncton.

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Société