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L'Université de Saint-Boniface « est un collège », déclare faussement Denise Bombardier

Un panneau sur lequel il est écrit Université de Saint-Boniface devant l'édifice.

L'Université de Saint-Boniface est située à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Université de Saint-Boniface est un simple collège, a faussement déclaré Denise Bombardier dans une émission de radio diffusée le 11 novembre, après avoir affirmé, la veille, qu'il n'y a pas d'université francophone à l'ouest de l'Ontario.

Un texte d'Abdoulaye Cissoko

Denise Bombardier remet ça. Invitée le samedi 10 novembre à l’émission de radio humoristique d'ICI Radio-Canada Radio La soirée est encore jeune, la chroniqueuse et écrivaine québécoise y a déclaré qu'il n'existe pas d'université francophone à l’ouest de l’Ontario.

Le lendemain, Denise Bombardier était encore présente à La soirée. Pendant que l’un des animateurs exposait la position de Radio-Canada, selon qui il existe bel et bien une université francophone à l’ouest de l’Ontario – située à Saint-Boniface, au Manitoba – Denise Bombardier a rétorqué : « C’est un collège. »

Ces propos ont choqué Chantale Verhaeghe, étudiante au programme de sciences infirmières à l’Université de Saint-Boniface (USB).

« J’étudie dans une université francophone parce que je veux avoir une éducation en français. Ce qui est pour moi un accomplissement personnel. Que certaines personnes ne reconnaissent pas cela parce que je suis seulement du Manitoba, c’est vraiment triste », a-t-elle déploré.

Elle pense que Denise Bombardier devrait s’informer davantage sur les programmes offerts dans les universités des autres provinces et aussi revoir la définition même d’une université.

Rosemary Barton a aussi réagi sur Twitter : la présentatrice du National, le bulletin de fin de soirée de CBC, a écrit que même si elle n'est pas Franco-Manitobaine, elle trouve les propos de Mme Bombardier choquants.

Rosemary Barton rappelle par la même occasion qu’elle a fréquenté l'Université de Saint-Boniface. Son portrait figure d'ailleurs en bonne place sur l’avenue des diplômés inaugurée durant les célébrations du 200e anniversaire de l'éducation en français au Manitoba, qui rappelle les origines de l'USB.

Rosemary Barton Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La photo de Rosemary Barton sur l'avenue des diplômés de l'Université de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada

Nombreuses réactions d’est en ouest

L’Université de Saint-Boniface a le statut d’université depuis 2011, année où la province a officiellement reconnu l’établissement comme tel, rappelle la coordonnatrice des communications, Dominique Philibert. « De dire qu’on est un collège, ce serait légalement faux », précise-t-elle.

Elle souligne également que c’est le Collège universitaire de Saint-Boniface qui, avec deux autres collèges du Manitoba, a cofondé l’Université du Manitoba en 1877.

Dominique Philibert explique que l’USB reste affiliée à l’Université du Manitoba, ce qui permet notamment aux étudiants de poursuivre leurs études au niveau du doctorat dans cet établissement.

On est très fiers du mandat et de la mission qu’on poursuit dans l’Ouest depuis 200 ans.

Une citation de : Dominique Philibert, coordonnatrice des communications, Université de Saint-Boniface

L’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) se désole également d’entendre de tels propos, mais saisit l’occasion pour rappeler l’existence de ses 21 établissements membres, à l’extérieur du Québec. « Moi, ce que j’ai le goût de dire et de faire, c’est de continuer à faire la promotion de nos institutions », commente la directrice générale de l’ACUFC, Lynn Brouillette.

« On offre 1200 programmes collégiaux et universitaires et ce sont des programmes de haute renommée, qui attirent des étudiants qui proviennent des écoles francophones, des étudiants de l’étranger, des étudiants qui décident de poursuivre leurs études en français et qui proviennent parfois de l’immersion. »

Également interrogée au sujet des propos de Denise Bombardier, la ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, les qualifie pour sa part de regrettables. « Je pense que ça relève plus de l’idéologie que des faits », ajoute-t-elle.

La ministre Joly invite Mme Bombardier à participer aux festivals francophones comme le Festival du Voyageur, à Winnipeg, et à celui du Grand Tintamarre, qui se tient à Caraquet, au Nouveau-Brunswick. « Madame Bombardier a besoin de voir à quel point les Franco-Manitobains et les francophones à travers le pays sont fiers de leur identité et le resteront », souligne-t-elle.

Le rôle du diffuseur national?

Dans un message Twitter, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) se demande pourquoi Radio-Canada a fourni à deux reprises une tribune nationale à Denise Bombardier et ne fait pas de même pour les communautés francophones et acadienne.

L'organisme représentant les francophones vivant en situation minoritaire souligne qu’après la première sortie de Denise Bombardier, 95 % des réactions sont venues des stations régionales de Radio-Canada, et presque aucune du Québec.

Le 21 octobre, alors qu'elle était l'invitée de l’émission Tout le monde en parle pour faire la promotion de sa récente biographie, Denise Bombardier avait déclaré lors d’un échange avec l’ancien premier ministre Jean Chrétien : « À travers le Canada, toutes les communautés francophones ont à peu près disparu. » Cette déclaration avait suscité une vive réaction au Manitoba ainsi que dans toute la francophonie canadienne.

La FCFA compte rencontrer prochainement Catherine Tait, la présidente-directrice générale de la Société Radio-Canada et dit que le sujet sera abordé lors de cette rencontre.

Pour sa part, la direction de Radio-Canada a affirmé : « La soirée est encore jeune est une émission d’humour qui est parfois le théâtre de plusieurs points de vue. Dans ce contexte, certains sont susceptibles de provoquer la controverse. Les opinions de Mme Bombardier ne concernent qu’elle-même et ne reflètent d'aucune façon la position de Radio-Canada. »

Avec des informations de Rémi Authier

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