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Les microsatellites permettent de mieux détecter le passage des tornades

Plusieurs personnes sont debout dans la rue ou sur le toit d'une maison en ruines.
Des résidents de Dunrobin tentent de récupérer des effets personnels dans les décombres de leur maison dévastée par la tornade. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

Environnement Canada dispose désormais d'une technologie de pointe pour répertorier les tornades qui se produisent dans le pays : un réseau de microsatellites qui génèrent des images ultra précises. Il a notamment permis de saisir l'ampleur du phénomène dévastateur qui s'est produit cet automne à Ottawa-Gatineau.

Un texte de Danny Lemieux, de Découverte

Le 21 septembre dernier, une super-cellule orageuse a frappé Gatineau et la grande région d’Ottawa. Elle a généré six tornades en très peu de temps; l’Organisation mondiale de météorologie parle alors d’éruption de tornades.

Le phénomène est rare, mais pas exceptionnel. La plus intense des tornades était de catégorie EF3 (l’échelle en compte cinq). Ses vents ont atteint 265 km/h. Résultat : immeubles endommagés, amoncellement de débris, traces au sol…

Une fois le calme revenu, des enquêteurs d’Environnement Canada ont été dépêchés sur place. Le bilan provisoire faisait état de deux tornades. Il a été ajusté à quatre, puis à six. Pourquoi ce bilan a-t-il changé?

C’est qu’Environnement Canada a utilisé un nouveau moyen de détection peaufiné par l’Université de Western Ontario. Ce système de détection fait appel à de l’imagerie satellitaire de haute précision.

Sa résolution est de trois mètres par pixel, soit 300 fois plus précise que celle fournie par les principaux satellites météorologiques.

Ces images sont produites grâce à une constellation de 135 microsatellites. Leurs dimensions s’apparentent à celles d’une boîte à chaussures.

On voit une portion de la Station spatiale internationale, avec ses énormes panneaux solaires. Deux petits satellites en forme de bâtonnets sont relâchés par un engin rattaché à la SSI. En arrière-plan, la courbure de la planète Terre.Des microsatellites, au centre de l'image, sont déployés par un engin à bord de la Station spatiale internationale, en février 2014. Photo : Reuters / NASA

Mis en orbite autour de la Terre à partir de 2013, cet ensemble de microsatellites, propriété d’une entreprise américaine, produit une image complète de la Terre, et ce, toutes les 24 heures. Mais pour que ce soit pleinement efficace, le ciel doit être dégagé.

Si les microsatellites ne détectent pas le passage d’une tornade en direct, un œil averti constatera aisément les dommages qu’elle cause.

L’intérêt des images satellitaires est multiple. Elles permettent, après coup, d’évaluer la trajectoire de la tornade, la distance parcourue et la largeur des dommages produits, et cela, au mètre près.

Elles évitent aussi aux inspecteurs d’avoir à se déplacer sur de grandes distances ou à recourir à un hélicoptère pour évaluer une tornade qui s’est produite dans une région non peuplée.

Lors des événements d'Ottawa-Gatineau, l'utilisation des images satellitaires s'est révélée concluante. Environnement Canada a donc confirmé son intention d'y recourir à l’avenir.

Ce moyen de détection constitue un atout indéniable pour confirmer le passage d’une tornade loin d’une zone habitée. À preuve, les deux dernières tornades détectées lors des événements d'Ottawa-Gatineau sont justement survenues en milieu forestier.

Environnement Canda enquête sur les tornades depuis le début des années 1980. Au Canada, on répertorie une soixantaine de tornades par année. L’arrivée des images satellitaires viendra certainement modifier ces statistiques.

En juin 2017, lors d’essais menés par l’Université de Western Ontario, Environnement Canada a recensé initialement quatre tornades lors d’une même journée dans le corridor Mont-Laurier–La Tuque–Lac-Saint-Jean. Or, sept tornades supplémentaires ont été dénombrées grâce aux images satellitaires.

Avec le recours à ces images de haute précision, le nombre de tornades répertoriées augmentera à coup sûr.

Le reportage de Danny Lemieux et Jeannita Richard est diffusé à l’émission Découverte, dimanche, à 18 h 30, à ICI Radio-Canada Télé.

Science