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Les règlements municipaux anti-harcèlement sont-ils efficaces?

Une femme travaille seule à son ordinateur en soirée.
Certaines municipalités ont adopté leur règlement avant la venue des réseaux sociaux. Photo: Getty Images
Radio-Canada

Plusieurs municipalités en Saskatchewan ont adopté des règlements anti-harcèlement au cours des dernières années, notamment à Weyburn, au sud de Regina. Le Service de police de la communauté continue cependant de recevoir des plaintes chaque semaine.

Anticipant l’émergence du harcèlement en ligne, la Municipalité de Weyburn a adopté un règlement en 2006. À cette époque, Facebook n’était pas aussi répandu et Twitter venait tout juste d’être créé.

Le règlement de Weyburn prévoit une amende maximale de 2000 $. Pour l’instant, seulement deux accusations ont été portées devant la cour, sans être contestées.

Regina a aussi créé un arrêté municipal anti-harcèlement en 2006. Selon la police, il n’y a eu qu’une seule condamnation, en 2015. Grenfell, Eston et Etonia ont adopté leur propre règlement en 2013. En 2016, les municipalités de Kerrobert, Milton et Kindersley ont fait de même.

En 2017, la province a versé 150 000 $ aux organismes partenaires de son plan d’action provincial de lutte contre le harcèlement.

Le harcèlement fait souvent l'objet d'une amende, sans être inscrit dans un casier judiciaire, comme c'est le cas pour les infractions routières. Il est donc difficile de savoir combien de personnes ont été pénalisées depuis l’adoption de ces règles.

Les règlements fonctionnent-ils?

Selon l’expert en harcèlement Brian Trainor, un règlement municipal pourrait fonctionner. « Ce serait simplement une chose supplémentaire sur laquelle des policiers, des parents ou des professeurs pourraient s'appuyer pour tenter de régler le problème. »

J’imagine que [le règlement] fonctionne si on a une communauté où la police a le temps de se pencher sur cette question.

Brian Trainor, expert en harcèlement

Le membre du Service de police de Saskatoon estime que des agents chargés de faire appliquer le règlement pourraient gérer les cas de harcèlement plutôt que les autres policiers qui jouent actuellement le rôle de médiateurs et de conseillers.

L'expert en harcèlement sensibilise la population canadienne au problème du harcèlement depuis 13 ans. Il constate que la prise de conscience s’est améliorée, mais aussi que le monde a changé. « On n’avait jamais à parler de prévention du suicide à un enfant de 11 ans auparavant », se souvient-il.

M.Trainor soutient que la réglementation doit être suffisamment sévère pour dissuader les intimidateurs.

L’éducation et la médiation plus efficaces

Le chef adjoint de la police de Weyburn ne pense pas que le règlement municipal ait diminué le nombre de cas de harcèlement. « J’aimerais dire le contraire, mais c’est tellement fréquent sur les réseaux sociaux », regrette Rod Stafford.

J’ai l’impression qu’on ne voit que la pointe de l’iceberg.

Rod Stafford, chef adjoint de la police de Weyburn

Il y a eu plusieurs enquêtes portant sur des cas présumés de harcèlement en ligne, mais la plupart ont déclenché une visite de la police sans qu’une plainte ne soit déposée.

Rod Stafford préfère continuer de miser l'information et la médiation plutôt que d'avoir recours aux amendes. « Nous avons beaucoup de succès quand on fait l’une ou l’autre de ces choses, explique-t-il, nous n’entendons alors jamais parler de récidive. »

Avec les informations de Bridget Yard

Saskatchewan

Société