•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Royalmount : des revenus municipaux, mais des impacts sur la circulation et le commerce

Une maquette du projet.
Carbonleo travaille depuis plus de trois ans sur cet immense projet. Photo: Carbonleo
Radio-Canada

L'implantation du mégacomplexe Royalmount dans la ville de Mont-Royal retarderait les déplacements à l'heure de pointe du soir sur les autoroutes 40, 520 et Décarie, révèle une étude d'impact dont un résumé a été publié mardi par la Ville de Montréal.

L'étude a été réalisée par la firme de génie-conseil WSP à la demande du promoteur Carbonleo.

Bien qu’une dizaine de mesures d’atténuation soient proposées, dont une passerelle entre le site et la station de métro De La Savane, les retards entre 17 h et 19 h seraient de :

  • 20 à 30 minutes sur l’A-40 entre le boulevard Cavendish et l’échangeur des Laurentides;
  • 10 à 15 minutes sur le tronçon qui joint l’A-520 à l’A-40 entre le boulevard Cavendish et l’échangeur des Laurentides;
  • 15 à 25 minutes sur le tronçon qui réunit l’A-520 et l’autoroute Décarie entre le boulevard Cavendish et la rue Jean-Talon.

Dans un communiqué, le promoteur précise que WSP a étudié en tout huit trajets et que pour la plupart d'entre eux, les temps de déplacement ne seraient pas augmentés. Le retard moyen sur ces huit trajets serait de cinq minutes.

Il souligne aussi que certains changements dans l'offre de transport, comme le réaménagement de l'échangeur Turcot et le développement du REM, « auront un impact sur les déplacements sur l'île de Montréal ».

Carte indiquant l'endroit où se trouvera le complexeLe Royalmount sera construit à l'angle des autoroutes 40 et 15, mais la première pelletée de terre n'aura pas lieu avant longtemps. Photo : Google Earth

Le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, dit ne pas vouloir commenter l'étude avant d'en avoir pris connaissance. Il est conscient de l'impact qu'aura le projet sur la circulation, mais selon lui, si le complexe était construit ailleurs, ce serait en banlieue et cela ferait augmenter l'étalement urbain.

« On fait le pari que 40 % des gens vont venir en transport en commun. C'est pour cette raison qu'on a obligé le promoteur à construire une passerelle piétonne de la station métro de La Savane », indique-t-il, ajoutant qu'il est ouvert à ce que le projet soit amélioré.

Rivalité commerciale

Le pôle commercial, dont l'ouverture est prévue à l'été 2022, regroupera hôtels, commerces, bureaux, restaurants et lieux de divertissement sur 300 000 mètres carrés. Il attirera chaque année quelque 25 à 35 millions de visiteurs, estime le promoteur Carbonleo.

Cette affluence fera concurrence aux commerces environnants, indique l'étude d'impact.

L’érosion des ventes irait de 5 % à 15 %, selon les secteurs, et toucherait surtout des centres commerciaux voisins comme le Centre Rockland, la Place Vertu, le Marché Central et le mégacentre Blue Bonnets.

Le complexe rivaliserait aussi avec le centre-ville pour attirer des clients des villes de Westmount et de Mont-Royal, ainsi que des arrondissements de Côte-des-Neiges−Notre-Dame-de-Grâce et de Ville-Marie.

Le projet estimé à 2 milliards de dollars générera toutefois des revenus nets annuels de 25,8 millions de dollars pour la Ville de Montréal et de 25,5 millions pour celle de Mont-Royal.

Pertinence d’un volet résidentiel

L’étude d’impact se penche aussi sur la pertinence d’intégrer un volet résidentiel au projet, ce que souhaite le promoteur.

Des gens auraient certainement envie de s’établir au Royalmount, à titre de locataires ou d’acheteurs, estime-t-on.

On souligne toutefois que les infrastructures de transport qui connectent le secteur au centre-ville l’isolent aussi du milieu environnant. De plus, « la proximité des réseaux de transport routier et ferroviaire présente des nuisances importantes, notamment en matière de bruit et de qualité de l’air ».

Par ailleurs, « le secteur est entouré d’entreprises industrielles dont certaines présentent des risques documentés pour la population environnante ».

Consultations publiques

Le complexe sera aménagé sur le territoire de la Ville de Mont-Royal, qui l'a autorisé et qui est responsable de la délivrance des permis.

L'ajout d'une composante résidentielle nécessiterait toutefois une modification au Schéma d’aménagement et de développement de l’agglomération de Montréal.

La Ville de Montréal entend consulter la population sur le projet de mégacomplexe, même si Éric Alan Caldwell, le responsable de l'urbanisme et du transport, reconnaît que « les différentes prises sur le projet sont plutôt à Ville Mont-Royal et au ministère des Transports du Québec ».

Le projet et les études d'impact seront d'abord présentés lors d'une assemblée publique de la Commission sur le développement économique et urbain et l’habitation, le 27 novembre à 19 h.

Des personnes et des organismes pourront par la suite se faire entendre en déposant des mémoires, lors de rencontres de consultation qui se dérouleront à partir du 19 décembre, ou en envoyant leur opinion par courriel.

La Commission déposera ses recommandations le 24 janvier.

Grand Montréal

Immobilier