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Éblouissante Jupiter

Radio-Canada

La sonde spatiale américaine Juno a effectué le 16e des 37 survols rapprochés de Jupiter qu'elle doit réaliser dans le cadre de sa mission, une occasion pour capturer et renvoyer vers la Terre de nouvelles images d'une grande beauté de la plus grosse planète de notre système solaire.

Un texte d'Alain Labelle

La sonde de la NASA a été placée en orbite autour de la géante gazeuse le 5 juillet 2016, après un voyage de 2,8 milliards de kilomètres depuis son lancement en 2011.

Photo de la surface de Jupiter où apparaissent plusieurs nuages dont l’anticyclone connu sous le nom d’ovale blanc (white oval). Cette image aux couleurs retouchées montre plusieurs nuages, dont l’anticyclone connu sous le nom d’ovale blanc (white oval). Photo : NASA/JPL-Caltech /SwRI/MSSS /Gerald Eichstaedt/Sean Doran

L’image principale qui accompagne ce texte a été captée le 29 octobre dernier. À ce moment, la sonde se trouvait à environ 7000 km des nuages les plus hauts de la planète, à une latitude d'environ 40° Nord.

L’image montre des nuages tourbillonnants dans la ceinture tempérée nord de Jupiter. On y voit plusieurs formations nuageuses, dont l’anticyclone connu sous le nom d’ovale blanc (white oval) dans lequel les vents de la bordure extérieure soufflent dans une direction opposée à celle de la masse d'air environnante.

Jupiter, l'immense. Notre fiche descriptive de la planète.

Ce n'est pas la seule tempête anticyclonique sur Jupiter. Une photo prise le 6 septembre montre une structure similaire dans l'hémisphère sud de la planète.

Photo prise le 6 septembre d'autres anticyclones dans l'hémisphère sud de la planète.Cette photo prise le 6 septembre d'autres anticyclones dans l'hémisphère sud de la planète. Photo : NASA/Juno

Le saviez-vous?

Cette sonde, qui a coûté 1,1 milliard de dollars, pèse 3,6 tonnes et son envergure avoisine la longueur d'un terrain de tennis.

Une impression artistique de la sonde Juno devant la planète Jupiter, dans l'espace.Impression artistique de la sonde Juno devant Jupiter. Photo : NASA / JPL

L’orbite elliptique de Juno permet aux scientifiques de la mission de réaliser des observations totalement nouvelles et de littéralement voir Jupiter sous un autre angle.

La sonde est actuellement en orbite polaire autour de Jupiter. Ainsi, une fois tous les 53 jours, Juno s'approche de la géante gazeuse et passe à toute allure au-dessus de sa couche nuageuse.

Ainsi, dans une période de seulement deux heures, l'engin spatial se déplace du pôle Nord de Jupiter jusqu’au pôle Sud.

Une image montrant la ceinture tempérée au sud de Jupiter.Cette image montre la ceinture tempérée au sud de Jupiter. Elle a été prise le 29 octobre 2018 alors que Juno se trouvait à environ 34 700 km du sommet des nuages de la planète. Photo : NASA / JPL-Caltech / SwRI / MSSS / David Marriott.

Au cours de ces survols, Juno sonde la couverture nuageuse de la planète pour tenter de mieux comprendre ses origines, sa structure, son atmosphère et sa magnétosphère.

À ce jour, les neuf instruments embarqués sur la sonde ont détecté :

  • des masses brillantes de formes ovales à ses pôles, qui sont en fait de colossaux ouragans dont certains peuvent atteindre un diamètre de 1400 kilomètres;
  • un champ magnétique environ dix fois plus puissant que celui de la Terre, beaucoup plus intense que ce que prévoyaient les modèles mathématiques;
  • des aurores boréales qui se comportent de manière totalement différente de celles que l’on observe sur Terre. Elles sont en effet alimentées par les électrons qui sont aspirés dans la région polaire, ce qui tend à montrer que la planète alimente ses aurores en lumière;
  • des panaches d’ammoniaque qui se forment à partir de la zone équatoriale, formant des systèmes météorologiques géants ressemblant à une version à grande échelle des courants d’air qui s’élèvent de l’équateur terrestre et génèrent les alizés;
  • des sons étranges dans l’énorme magnétosphère de la planète, qui se contracte et se développe selon les mouvements du vent solaire.

Jusqu’à maintenant, les informations recueillies ne permettent pas de déterminer si elle possède un noyau solide, comme certains modèles le prédisent. Peut-être qu’il existe en son centre un petit noyau solide, mais sa composition reste inconnue.

En raison des succès de la mission et du bon état de la sonde, la NASA a décidé de prolonger sa mission. Elle restera en orbite jusqu'à l'été 2021.

Astronomie

Science