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CNN poursuit Trump pour rétablir l'accréditation de son journaliste Jim Acosta

Altercation verbale à la Maison-Blanche
Le journaliste de CNN Jim Acosta, apostrophé par le président Trump Photo: Reuters / Jonathan Ernst
Radio-Canada

Le réseau de télévision CNN poursuit le président américain Donald Trump et des membres de son entourage afin que l'accréditation de son correspondant à la Maison-Blanche Jim Acosta soit rétablie. L'administration Trump entend se défendre « vigoureusement ».

L'accréditation de Jim Acosta a été suspendue la semaine dernière après une altercation publique entre le journaliste et le président, lors d’une conférence de presse donnée par ce dernier au lendemain des élections de mi-mandat.

La poursuite a été signifiée mardi dans une cour fédérale de Washington, selon une porte-parole de CNN. Elle allègue que le retrait de l’accréditation de M. Acosta viole le premier et le cinquième amendement de la Constitution américaine.

La révocation illégale de cette accréditation viole les droits à la liberté de presse du premier amendement et le droit à une procédure juste et équitable du cinquième amendement de CNN et d'Acosta.

Extrait de la déclaration de CNN

CNN réclame en outre une injonction préliminaire afin que l'accréditation de M. Acosta soit rétablie dans les plus brefs délais. Le réseau précise qu'il réclamera une injonction permanente lors des procédures à venir.

Une employée de la Maison-Blanche tente de retirer les micros de la main droite de Jim Acosta. Ce dernier place sa main droite sur l'avant-bras de l'employée pour l'empêcher d'y parvenir. Une employée de la Maison-Blanche tente de reprendre le micro des mains de Jim Acosta, après que le président Trump eut répondu à une première question. La porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Sanders a justifié la révocation de l'accréditation du journaliste en évoquant son « comportement inapproprié ». Elle a publié sur Twitter un extrait de cette séquence, mais des experts jugent que la vidéo a été indûment accéléré pour que le geste semble plus violent. Photo : Reuters / Jonathan Ernst

La plainte vise non seulement le président Trump, mais aussi son chef de cabinet, John Kelly, la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, un adjoint de M. Kelly responsable des communications, Bill Shine, et le directeur du Secret Service, Joseph Clancy.

La sixième personne visée est celle qui a retiré la carte de presse de M. Acosta. Il s’agit d’un employé du Secret Service identifié jusqu’à nouvel ordre comme John Doe, en attendant que sa réelle identité soit confirmée.

Bien que la poursuite soit spécifique à CNN et Acosta, ça aurait pu arriver à n'importe qui. Si ce n'est pas contesté, les gestes de la Maison-Blanche pourraient avoir un effet glacial dangereux pour tout journaliste qui couvre des autorités élues.

Extrait de la déclaration de CNN
Jim Acosta fait une accolade à Peter Alexander, au moment où les deux journalistes quittent la salle où a eu lieu la conférence de presse.Jim Acosta fait une accolade à Peter Alexander, correspondant de NBC à la Maison-Blanche, après la conférence de presse où il a été attaqué par le président Trump. Prenant la parole après son collègue, M. Alexander avait défendu M. Acosta, ce qui lui a aussi valu des remontrances du président Trump. Photo : Reuters / Jonathan Ernst

CNN est régulièrement prise à parti par Donald Trump depuis qu’il s’est lancé en politique, il y a un peu plus de trois ans. Il soutient que le réseau ne cesse de diffuser de « fausses nouvelles », comme d’autres médias considérés comme libéraux aux États-Unis, comme le New York Times.

« Quand vous rapportez de fausses nouvelles, ce que CNN fait souvent, vous êtes les ennemis du peuple », a répété le président américain lorsqu’il s’en prenait à Jim Acosta la semaine dernière.

Le journaliste avait posé une question contestant les déclarations du président qui assimilaient le mouvement des migrants latino-américains se dirigeant vers la frontière mexicano-américaine à une « invasion ».

CNN poursuit la Maison-Blanche

« De l'esbroufe », rétorque la Maison-Blanche

Dans une déclaration publiée peu après l'annonce de CNN, Sarah Sanders a assuré que la Maison-Blanche allait se battre bec et ongles pour défendre sa décision de révoquer l'accréditation de M. Acosta.

Ce n'est que de l'esbroufe de la part de CNN, et nous allons nous défendre vigoureusement contre cette poursuite.

Déclaration de Sarah Sanders

La porte-parole de la Maison-Blanche ajoute que 50 journalistes de CNN ont le même niveau d'accréditation que M. Acosta, qui n'est « ni plus ni moins spécial » que les correspondants des autres médias « en ce qui concerne le premier amendement ».

Mme Sanders déplore ensuite que M. Acosta ait « physiquement refusé de rendre le micro » à l'employée de la Maison-Blanche qui tentait de le reprendre, même après que le président Trump eut répondu à ses questions, afin que d'autres journalistes puissent poser des questions à leur tour.

« Ce n'était pas la première fois que ce journaliste refusait de manière inappropriée de céder sa place aux autres journalistes. La Maison-Blanche ne peut pas gérer une conférence de presse de façon juste et ordonnée quand un journaliste se conduit d'une manière qui n'est ni appropriée ni professionnelle. »

On ne peut invoquer le premier amendement quand un seul journaliste, sur les 150 présents, tente de monopoliser le plancher.

Déclaration de Sarah Sanders

« Si ce genre de comportement n'est pas enrayé, il va entraver la capacité du président, du personnel de la Maison-Blanche et des membres des médias de mener leurs affaires », conclut-elle.

Avec les informations de CNN

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