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  • Envoyé spécial
  • Trudeau mise sur l’Asie du Sud-Est

    Des conteneurs illuminés et des gratte-ciel dans la nuit
    Le quartier d'affaires central de Singapour à la tombée de la nuit, alors que les opérations se poursuivent dans un terminal portuaire de la ville. Photo: Reuters / Edgar Su
    Radio-Canada

    La mission du premier ministre du Canada Justin Trudeau au Sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) est double : approfondir les échanges commerciaux avec une région en pleine croissance économique et obtenir un siège au sein d'un important groupe de pays qui discute d'enjeux de sécurité dans la région.

    Un texte de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire et animateur de La Mêlée politique

    Avant le début officiel du sommet à Singapour, Justin Trudeau a rencontré des gens d’affaires afin de diversifier les marchés des entreprises canadiennes et d’attirer des investissements au Canada. Le ministre du Commerce international, Jim Carr, est le seul membre du cabinet à suivre le premier ministre dans son voyage.

    « Avoir des accords de libre-échange, ce n’est pas la seule chose qu’il faut pour augmenter les liens commerciaux », a affirmé M. Trudeau, lors d’une table ronde organisée par la Chambre de commerce du Canada à Singapour et le Conseil du commerce Canada-ASEAN.

    Il faut que les compagnies canadiennes voient les opportunités dans le monde de créer des partenariats et d’investir, mais il faut aussi partager le fait que le Canada est un endroit pour investir même pour ceux qui ne nous voient pas comme une priorité.

    Le premier ministre Justin Trudeau

    Grand potentiel économique

    Les 10 pays qui composent l’ASEAN ont connu une croissance économique moyenne de 5 % l’année dernière. En comparaison, l’économie canadienne devrait croître d’environ 2 % cette année, selon différentes projections.

    Ottawa espère continuer de renforcer ses liens économiques avec ce groupe, qui représente le sixième partenaire commercial du Canada et compte plus de 630 millions de personnes.

    D’ailleurs, les discussions exploratoires sur un accord de libre-échange se poursuivent toujours. Cependant, Justin Trudeau a refusé de donner des détails sur la suite des choses. Les consultations organisées par le gouvernement canadien sur ces négociations se sont conclues en octobre.

    « Nous aurons des choses à annoncer en temps et lieu », a-t-il mentionné, lundi, avant son départ pour Singapour.

    Pour le titulaire de la Chaire en gestion des affaires internationales à l’Université Laval, Zhan Su, il est essentiel que le Canada s’engage davantage dans cette région.

    Le Canada est un pays de commerce, nous avons besoin davantage de nouveaux marchés. L’Asie, surtout la partie de l’Asie du Sud-Est, est en train de devenir le centre de gravité économique du monde.

    Le titulaire de la Chaire en gestion des affaires internationales à l’Université Laval, Zhan Su

    M. Su rappelle qu’arriver à un accord avec l’ASEAN peut prendre du temps à cause du fonctionnement particulier du groupe.

    « Le fonctionnement, certains principes, la non-ingérence, la souveraineté des pays, le compromis et la consultation. C’est impossible d’imposer certaines de ses visions », dit-il.

    Un angle politique aussi

    La présence de Justin Trudeau au Sommet de l’ASEAN ne se limitera pas qu’au volet économique, elle comportera également un volet politique. Le gouvernement veut s’impliquer davantage dans les forums multilatéraux et le premier ministre travaille pour que le Canada puisse intégrer le Sommet de l’Asie orientale (SAO), un regroupement qui aborde principalement des questions sécuritaires.

    Outre les 10 pays de l’ASEAN, la Russie, les États-Unis, l’Inde et le Japon notamment font partie du SAO.

    « On voit ici une association qui aura certaines conséquences sur le développement régional en Asie, soutient M. Su. Pour le Canada, l’intérêt est évident, mais il n’y a pas de règles claires pour rejoindre le groupe », explique-t-il.

    M. Trudeau a été l’invité de la présidence au SAO l’année dernière. Il s’agit d’un bon signe, selon le professeur à l’UQAM et codirecteur de l’Observatoire de l’Asie de l’Est, Éric Mottet.

    « Une machine est peut-être en train de s'enclencher pour le Canada, soutient-il. C’est un lieu pour parler de sécurité au sens large qu’est la sécurité maritime, le terrorisme, la vente d’armes, la migration irrégulière. On parle aussi de sécurité énergétique. »

    Qu’est-ce que l’ASEAN?

    Pour accélérer leur développement économique et promouvoir la paix dans la région, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande ont créé un regroupement en 1967. Le Brunei (1984), le Vietnam (1995) le Laos (1997), le Myanmar (1997) et le Cambodge (1999) s’y sont joints.

    Le Canada est un « partenaire de discussion » de l’ASEAN depuis 1977. Ottawa a nommé un ambassadeur à l’ASEAN en 2016.

    Avec les années, l’ASEAN a créé d’autres forums de discussion avec des partenaires de la région : l’ASEAN + 3 (Chine, Corée du Sud et Japon), ASEAN + 6 (+3, Australie, Inde et Nouvelle-Zélande) et le Sommet de l’Asie orientale (+6, Russie et États-Unis).

    C’est à ce dernier groupe que le Canada souhaite se joindre.

    Politique fédérale

    Politique