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Projet Authier : malgré une mobilisation citoyenne qui prend de l’ampleur, les élus de La Motte demeurent inflexibles

Des citoyens ont été contraints d’assister à la séance du conseil municipal dans le corridor, faute d’espace, alors que le ton a monté à plus d’une reprise entre citoyens et élus.
Des citoyens ont été contraints d’assister à la séance du conseil municipal dans le corridor, faute d’espace, alors que le ton a monté à plus d’une reprise entre citoyens et élus. Photo: Radio-Canada / Thomas Deshaies

Depuis le début de la controverse entourant le Projet Authier de Sayona Québec, jamais un nombre si important de citoyens n'avait assisté à une séance du conseil municipal de La Motte qu'à celle du lundi 12 novembre. Malgré cette mobilisation et les résultats d'un sondage mené par le Comité Nouvelle Vision, qui témoignent d'un appui populaire important en faveur d'un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), les élus demeurent inflexibles.

Un texte de Thomas Deshaies

Certains citoyens ont même été contraints d’assister à la rencontre publique dans le corridor de l’hôtel de ville, faute d’espace, et le ton a monté à plus d’une reprise entre citoyens et élus, lors de la séance du conseil municipal.

Le président du Comité Nouvelle Vision, Paul Lafrenière, en a profité pour présenter les derniers résultats du sondage mené auprès de la population par son comité. Selon ce sondage, plus de la moitié des citoyens se seraient maintenant positionnés en faveur d’une analyse du projet par le BAPE.

Malgré tout, le maire suppléant, Réjean Richard, a rétorqué que la position du conseil n’avait pas changé pour autant : les élus sont en faveur de la mine et contre un BAPE. Rappelons que cette position, adoptée à l’insu du maire de l’époque, n'est le résultat d’aucune consultation formelle.

Paul Lafrenière s'est dit très déçu par la réaction des élus et estime que l’obtention de plus de 150 signatures favorables au BAPE est hautement significative. Certains ne veulent pas signer, car ils ne veulent pas faire de chicane avec leurs voisins, mentionne-t-il. Ça demande donc du courage aussi.

C’est décevant qu’ils ne réagissent pas, puis qu’ils disent qu’ils gardent le cap, qu’ils gardent leur soutien au projet sans BAPE.

Paul Lafrenière

Le conseil municipal n’est pas là pour répondre aux désirs des citoyens, mais aux besoins [des citoyens], a rétorqué le maire suppléant Réjean Richard.

Un appel à une plus grande transparence

Torpillés de questions, les élus ont fini par laisser filtrer quelques informations sur des rencontres qui ont eu lieu entre eux et les représentants de la minière dans les derniers mois. Des rencontres dont on ne trouvera aucune trace écrite, puisqu’elles seraient « informelles », selon le maire suppléant, Réjean Richard.

La citoyenne de La Motte et membre du Comité Nouvelle Vision, Marie-Hélène Massy Émond, se dit surprise de cette déclaration, d’autant plus que des représentants de Sayona Québec, en compagnie de leur avocat, ont rencontré les élus en octobre. Il aurait notamment été question du taux de taxation, selon les informations dévoilées par le conseil municipal. Quand on est un élu municipal, on ne peut pas être autrement que dans son rôle d’élu, ce n’est donc pas informel, tranche-t-elle.

On ne nous a pas donné beaucoup de réponses, à des questions pourtant simples, comme : quand avez-vous rencontré l’entreprise ou qui était là?

Marie-Hélène Massy-Émond.

Mme Massy-Émond a demandé au conseil municipal une plus grande transparence en faisant état de leurs discussions et ententes avec la minière, ce qui contribuerait à rétablir le lien de confiance qui s’est étiolé au fil des mois.

Une demande qui n’a pas su recueillir d’engagement ferme de la part des élus, malgré l’insistance des citoyens présents.

Le maire suppléant refuse de s’excuser

D’autres citoyens sont revenus sur une situation qui était passée sous le radar médiatique, lors de la séance du conseil municipal de juillet dernier.

Le maire suppléant, Réjean Richard, aurait alors suspendu son rôle de conseiller pour critiquer publiquement le travail du maire de l’époque, Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre. Il aurait quitté son siège de conseiller pour prendre place parmi les citoyens, selon la citoyenne Louise Leboeuf, qui était présente. Il aurait alors critiqué les déclarations du maire faites aux médias, en lien avec le BAPE, où il se rangeait notamment derrière la position de la ministre de l’Environnement de l’époque.

Une situation que Réjean Richard n’a pas niée lors de la séance du conseil du 12 novembre. Il avait un ton agressif, il portait des accusations, se rappelle Louise Leboeuf, qui s’est dite choquée par cette attaque frontale en public. Je lui ai demandé [le 12 novembre] qu’il fasse des excuses publiques puisque je trouve inconcevable qu’on traite les jeunes qui veulent s’impliquer en politique de cette façon.

Réjean Richard a refusé de s’excuser. Il n’a pas non plus souhaité nous accorder d’entrevue.

Abitibi–Témiscamingue

Métaux et minerais