•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas de nouveaux fours à bois dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville

Des bagels sont retirés du four.
Prévoyant un éventuel changement dans la réglementation, St-Viateur Bagel, dans le district du Mile-End, a mis au point un four hybride au gaz et au bois. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Radio-Canada

Il sera bientôt interdit d'ouvrir un restaurant muni d'un four à bois dans Ahuntsic-Cartierville, qui est devenu lundi soir le premier arrondissement de Montréal à implanter une telle réglementation pour améliorer la qualité de l'air.

Les élus ont décidé de tolérer les commerces qui en ont déjà, mais d'interdire de nouveaux établissements du genre.

« Beaucoup de gens sont venus au conseil d'arrondissement pour nous dire qu'ils ne pouvaient pas ouvrir leurs fenêtres l'été, ils ne pouvaient pas mettre le linge sur la corde à linge. Mais avec la difficulté d'application de la réglementation, nous avons jugé que dans Ahuntsic-Cartierville, la meilleure marche à suivre était d'interdire les nouveaux commerces », explique la mairesse de l'arrondissement, Émilie Thuillier.

L'un des commerces visés qui pourra conserver son équipement est le marché Tropic-Léo, situé rue Fleury. La copropriétaire Bélo Mabé aurait préféré une mesure moins radicale pour les nouveaux établissements.

« La Ville nous demande de faire quelque chose, on le fait, on respecte. On change nos filtres, on nettoie et puis on répare. On fait très attention on veut que les gens vivent bien. En même temps, que nous on continue », dit-elle.

Un de ses voisins, Blaise Comerci, chef-cuisinier du restaurant Grill N Go, a une opinion plus tranchée. « C’est ridicule. À bois, c’est à bois, au charbon, c’est au charbon. Quand tu cuisines au charbon, c’est juste le goût. Moi, je suis tanné. Quand on va en Italie, on n’a pas de four au propane, au gaz », dit-il.

Le Plateau Mont-Royal, qui compte de nombreux restaurants avec four à bois, envisage d'appliquer la même réglementation qu'Ahuntsic-Cartierville. Les commerces bien établis de bagels et de poulet rôti ne seraient donc pas touchés.

L'administration Plante, qui avait déjà évoqué une réglementation à l'échelle de la ville l'an prochain, dit maintenant ne pas vouloir nuire à l'activité économique.

Elle réunira dans les prochains mois les restaurateurs qui utilisent la cuisson au bois pour discuter de leur impact sur la qualité de l'air.

La Direction de la santé publique de Montréal a pris des mesures autour de 40 établissements au centre-ville de Montréal et sur le Plateau-Mont-Royal. Un rapport est attendu d'ici Noël. « Ce qu'on veut savoir, c'est s'ils émettent à des niveaux qui influencent la qualité de l'air local. Et dans ce cas-là, oui, il y a un problème », selon Dr David Kaiser, médecin-conseil.

Certains restaurateurs du secteur ont commencé à se préparer en vue d'une transition. St-Viateur Bagel, par exemple, a développé un four hybride qu'il utilise déjà dans une autre installation de l'entreprise, située dans une zone industrielle de l'Ouest-de-l'Île.

Ce four est alimenté au gaz à 90 %. La différence produite par le bois ne représente qu'une infime partie des émissions permises par Québec. Elle suffit pourtant à donner le goût tant recherché par les amateurs.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine, Julie Marceau et Mathieu Prost

Grand Montréal

Politique municipale