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Le Canada rate ses cibles de vaccination contre la grippe

Une adolescente reçoit un vaccin.
Seulement 38 % des Canadiens se sont fait vacciner contre la grippe l’année dernière, selon un rapport interne de l’Agence de la santé publique du Canada Photo: iStock

Le Canada échoue à atteindre les cibles fédérales en matière de vaccination contre la grippe, selon un rapport interne de l'Agence de la santé publique du Canada. Alors qu'Ottawa souhaite en arriver à une vaccination à grande échelle, Québec a adopté une approche plus ciblée.

Seulement 38 % des Canadiens se sont fait vacciner contre la grippe l’année dernière, selon ce rapport obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Dans le document, on peut lire une note de l’auteur concernant le nombre de personnes vaccinées : « Trop peu ».

Bien que les programmes de vaccination demeurent sous la juridiction des provinces, l’Agence de la santé publique du Canada promeut la vaccination à l’échelle nationale et surveille la propagation de la grippe et de maladies similaires.

Un sondage national

Au début de 2018, l’Agence a eu recours à la firme de sondage Léger afin de connaître le taux de vaccination de la population et les raisons invoquées par les récalcitrants. Les résultats ont été colligés dans une série de rapports internes.

On apprend notamment que le nombre de Canadiens qui déclarent avoir été vaccinés a pratiquement stagné depuis 2015, année où l’Agence a commencé à s’intéresser de près aux campagnes de vaccination contre l’influenza. Cette année-là, 34,3 % des Canadiens avaient déclaré avoir été vaccinés.

Le vaccin contre la grippe est moins efficace que prévu.Le virus de la grippe entraîne en moyenne chaque année l’hospitalisation de 12 200 citoyens canadiens et cause la mort de 3500 personnes. Photo : iStock

La plupart des répondants ont dit ne pas avoir reçu le vaccin parce qu’ils pensaient ne pas en avoir besoin ou qu’ils croyaient qu’il n’était pas efficace.

« Des informations publiées dans les médias concernant la faible efficacité du vaccin antigrippal peuvent contribuer à cette croyance », a déclaré l'un des analystes de l’Agence.

Le chef adjoint de l'Agence de santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, reconnaît que les gens ont des horaires chargés et mènent des vies occupées, mais il insiste sur les bienfaits de la vaccination.

« Même si vous pensez ne pas être une personne à risque, il est important de se faire administrer le vaccin, parce que dans ce cas, vous protégez également vos êtres chers, ceux qui peuvent présenter un risque plus élevé en raison de maladies chroniques », a-t-il déclaré.

Une cible ambitieuse

Selon le rapport, l’Agence a établi son objectif de vaccination à 80 % pour les Canadiens à risque. Or, seulement 39 % des adultes aux prises avec une maladie chronique ont reçu le vaccin.

L’Agence s’est aussi intéressée au taux de vaccination chez les enfants de moins de cinq ans qui courent un plus grand risque de tomber malades.

Le rapport indique que la majorité (63 %) des enfants âgés de 6 à 59 mois n’ont pas été vaccinés contre la grippe, selon les données obtenues par l'entremise d'un sondage des familles canadiennes.

À l’inverse, 71 % des personnes âgées ont reçu le vaccin contre l’influenza l’hiver dernier, se rapprochant de la cible fixée par l’Agence.

En général, le virus de la grippe entraîne chaque année l’hospitalisation de 12 200 citoyens canadiens et cause la mort de 3500 personnes, selon l’Agence. Elle souligne que la grippe constitue une « menace sous-estimée qui contribue à la mortalité ».

Au Québec

La ministre de la Santé, Danielle McCann. La ministre de la Santé du Québec, Danielle McCann. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le gouvernement de François Legault annonçait le 11 octobre dernier que le vaccin contre la grippe ne serait plus offert gratuitement aux personnes en bonne santé âgées de 60 à 74 ans et pour les bébés de 6 à 23 mois à partir de 2019 au Québec.

Cette mesure découlait d'une recommandation de l'Institut national de santé publique (INSPQ), qui a mené une étude sur le programme de vaccination.

Selon les données les plus récentes, les personnes de 60 à 74 ans et les bébés en santé courent de 6 à 10 fois moins de risques d'être hospitalisés lorsqu'ils contractent la grippe. La nouvelle mesure touchait environ 300 000 personnes au Québec.

Cependant, deux semaines plus tard, la ministre de la Santé, Danielle McCann, annonçait le maintien intégral du programme.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux assure que la vaccination demeure le meilleur moyen pour les malades chroniques et les personnes âgées de se protéger contre la grippe.

La campagne de vaccination, qui se déroule cette année sur le thème Nous ne sommes pas tous égaux face à la grippe, a commencé le 1er novembre et se poursuivra jusqu'à la mi-décembre.

Une saison intense

Près de deux millions de doses gratuites sont disponibles pour les personnes les plus à risque comme les gens souffrant de maladies cardiaques ou chroniques.

Le Programme d'immunisation contre l'influenza du Québec (PIIQ) n'est plus nécessairement recommandé aux personnes âgées de 60 à 74 ans en bonne santé, mais le vaccin est toujours disponible sur demande.

L'an dernier, le bilan de la saison de la grippe avait été « particulièrement intense » comparativement à la saison précédente en raison de la circulation du virus de l'influenza des types A et B.

Dans son bilan 2017-2018, le ministère de la Santé a recensé 27 914 cas de grippe déclarés, soit 15 559 cas d'influenza A (56 %) et 12 355 cas d'influenza B (44 %).

La grippe est une infection des voies respiratoires qui se transmet très facilement. Au Québec, ce virus circule surtout pendant la saison froide : de la fin de l'automne jusqu'au début du printemps.

Avec des informations de Catharine Tunney, reporter de CBC au bureau parlementaire d’Ottawa

Avec les informations de CBC News, et La Presse canadienne

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