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Un rapport critique la gestion des pêches du gouvernement Trudeau

Photo: La Presse canadienne / Andrew Vaughan
Radio-Canada

Une étude publiée mardi affirme que le gouvernement fédéral ne respecte pas son engagement d'améliorer la gestion des pêches au Canada.

Le groupe environnemental Oceana Canada indique que le ministère des Pêches et des Océans (MPO) n’en fait pas suffisamment pour inverser le déclin de certaines espèces.

Son étude avance qu’il y a 26 stocks de pêches qui sont surexploités au Canada et que le gouvernement aurait des plans de rétablissement pour seulement 3 d’entre eux.

De 2017 à 2018, nous n'avons constaté aucun changement dans l'état de nos pêches, déclare le directeur général de l’organisme, Robert Rangeley.

Seulement le tiers des stocks que nous avons examinés sont sains. C'est très préoccupant.

Robert Rangeley, directeur général d'Oceana Canada
Le directeur scientifique d'Oceana Robert Rangeley en plein travail avec des instruments scientifiques.Le directeur scientifique d'Oceana Robert Rangeley (à droite). Photo : La Presse canadienne

Mesures promises

En 2016, le gouvernement fédéral a promis d'agir à la suite d'un rapport de la commissaire fédérale à l'environnement et au développement durable. (Nouvelle fenêtre)

Ce rapport exposait des plans de gestion faibles ou inexistants pour des douzaines d'espèces de poisson, dont 12 considérées comme étant en voie d'extinction.

Les libéraux ont alors annoncé un plan de protection des océans de 1,5 milliard de dollars, qui comprend des mesures pour protéger les mammifères marins, restaurer l'habitat et augmenter de 197 millions de dollars les dépenses en sciences.

Un hareng servant d'appât pour le crabe donné en cadeauUn hareng servant d'appât pour le crabe donné en cadeau à un goéland. Photo : Radio-Canada / Caroline Girard

Le MPO affirme qu'il a accru sa capacité à effectuer des recherches, de la surveillance et des évaluations de stocks.

Plans incomplets

Toutefois, deux ans plus tard, les plans de gestion pour les espèces menacées ne sont pas encore terminés selon Oceana, qui se fonde sur les renseignements transmis par le MPO.

Dans le golfe du Saint-Laurent, des plans de rétablissement sont prévus d'ici 2020 ou 2021 pour cinq espèces dont la situation est critique, comme la morue, la merluche et le hareng. Il n'y aurait aucun plan pour la raie tachetée et la limande à queue jaune.

Des pêcheurs de morue placent leurs prises dans des bacs à Triton, à Terre-Neuve-et-Labrador.Des pêcheurs de morue placent leurs prises dans des bacs à Triton, à Terre-Neuve-et-Labrador. Photo : CBC/Sherry Vivian

Dans les Maritimes, il n'y aurait pas de plan de rétablissement pour la merluche blanche. Le plan pour la morue du plateau néo-écossais a déjà un an de retard, mais un plan pour la morue des eaux avoisinant la frontière maritime avec les États-Unis est prévu d'ici la fin de l'année.

À Terre-Neuve, il n'existerait aucun plan de rétablissement des stocks de plie, de sébaste et de morue dans la zone de pêche au sud des Grands Bancs, dans l'Atlantique Nord.

Toutefois, un plan serait prêt cet hiver pour la morue d'une zone au large de la péninsule d'Avalon et du Labrador.

Un statut incertain pour 37 % des pêches

Le rapport reconnaît qu'il faudra du temps pour que les investissements dans les sciences et la gestion des pêches aient un effet sur la santé des stocks de poisson.

M. Rangeley soutient qu'Oceana Canada s'attendait tout de même à ce qu'Ottawa fasse des progrès en évaluant plus rapidement la santé des différentes espèces.

D'ailleurs, certains des stocks dont l'état est jugé incertain, comme la sardine du Pacifique et la limande à queue jaune, sont probablement dans un état critique, juge Oceana.

Photo de goélands devant un bateauEn mer les goélands ne sont jamais très loin. Photo : Radio-Canada / Héloïse Bargain

Ocean Canada note toutefois des améliorations à certains égards ces dernières années.

Nous avons constaté une augmentation incroyable de la transparence, de la disponibilité des données et de l'engagement envers [...] des plans de reconstruction.

Tous les poissons dans le même panier

Dans l'ensemble, l'industrie de la pêche au Canada atlantique est florissante grâce à quatre grandes espèces de mollusques et de crustacés, soit le homard, le crabe, le pétoncle et la crevette, soutient Robert Rangeley.

Un homard sur une cage à homard.La pêche au homard est florissante au Canada Atlantique. Photo : Getty Images / rustyl3599

Il considère toutefois que la région met tous ses œufs dans le même panier. L'industrie gagnerait à exploiter davantage d'autres espèces, selon lui, mais pour ce faire, il faut s'assurer que les plans de rétablissement soient prêts.

Si nous nous efforçons de leur donner la meilleure chance possible [aux stocks] de se reconstruire, nous pourrions avoir une bien meilleure performance de notre industrie des pêches, lance-t-il, en précisant que cela serait aussi positif pour l’environnement.

Dans une déclaration écrite qu'il a fait parvenir à CBC, le MPO a déclaré qu'il accueille favorablement le rapport d'Oceana Canada et qu'il étudiera ses recommandations.

Avec les informations de Paul Whiters de CBC

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches